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Schumann’s music’s role in my work

(English version follows French)
Le rôle de la musique de Schumann dans mon œuvre.

Toute mon œuvre est liée à la musique de Schumann. Évidemment, le but premier de ma série est d’illustrer les différentes étapes de la relation amoureuse qu’ont vécue le compositeur Robert Schumann et la pianiste Clara Wieck. Mais vu leur lien étroit avec la musique, je ne pouvais ne pas intégrer cette dernière dans ma démarche. J’ai donc décidé que chaque mouvement serait représenté par une composition de Schumann. Ainsi, j’essaie d’inclure des éléments musicaux, provenant des partitions choisies, à mes peintures.

Premier mouvement: Le Prélude

Premier mouvement : Le Prélude

Le premier mouvement, Le Prélude, est lié à Waldszenen (Scènes des bois). Ce mouvement est illustré par la floraison d’une rose, du bouton de la fleur jusqu’à sa mort. Il ne représente pas de périodes particulières du couple, il sert plutôt d’introduction et de résumé au projet. L’éclosion de la rose vient faire le lien avec l’évolution de la vie, l’évolution d’une relation amoureuse.
Schumann est un compositeur de l’époque romantique et donc je voulais illustrer également avec la rose cette notion du «carpe diem», aspect important du romantisme. La rose me servira aussi de leitmotiv tout au long de la série. On la verra revenir dans les autres mouvements, en un ou deux tableaux, seulement pour établir à quel moment de la relation amoureuse de Schumann et Clara nous sommes rendus. Par exemple, le prochain cycle de toiles atteste la naissance de leur union et donc la rose sera au début de la floraison. Le leitmotiv est un principe surtout employé en musique, c’est pourquoi je trouvais intéressant de l’utiliser en peinture. C’est ainsi une façon de joindre les quatre mouvements visuels.

Waldszenen est un recueil de neuf pièces pour piano qui raconte la traversée d’une forêt. Les œuvres sont très contrastantes dans le style et la texture, subséquemment du point de vue émotif. J’ai choisi ce recueil pour l’association qu’il me permettait de faire entre la traversée d’une forêt et le cheminement d’une vie ou d’une relation amoureuse, qui amènent tous deux leur lot de scènes dissonantes. Il y a aussi le thème de la forêt très important dans le romantisme allemand, qui vient joindre celui de la rose, un autre élément dominant du romantisme. Le recueil compte d’ailleurs une pièce dédiée aux fleurs, Einsame Blumen (Fleurs solitaires). Cette pièce est préfacée d’un poème de Friedrich Hebbel :

Les fleurs, si haut croissent-elles,
Sont pâles ici comme la mort ;
Une seule d’entre elles, au centre,
Se dresse dans sa parure rouge sombre.

Elle ne l’a point reçue du soleil :
Jamais elle n’en rencontra la chaleur ;
Elle la tient de la terre
Car elle a bu du sang humain.

Les roses peintes sont blanches, «pâles comme la mort», et représentent Schumann et Clara, leur vie, leur amour. Une rose rouge était déposée sur le piano lors de mon exposition afin de symboliser cette rose seule au centre qui a «bu du sang humain», soit celle de la musique de Schumann, celle qui permet à Schumann et Clara d’atteindre l’immortalité.

De la sorte, avec le poème, ce n’est plus uniquement deux formes d’art qui se rencontrent (la peinture et la musique), mais bien trois (la peinture, la musique et la littérature).

Schumann s’inspirait beaucoup d’œuvres littéraires pour composer. Il disait que la musique était la poésie des anges.

Le deuxième mouvement illustre une période durant laquelle Schumann et Clara, amoureux, ne pouvaient se voir, sous interdiction du père de Clara. Pendant 4 ans, ils se sont échangé lettres et partitions en cachette, dans l’espoir qu’un jour leur situation s’améliorerait et qu’ils pourraient se marier. C’est une période chargée en émotions, qui oscille entre bonheur-passion et désespoir-haine. La pièce que j’ai choisie pour illustrer cette période est la Sonate No. 3 en Fa mineur. Cette pièce fut composée pendant ladite période. Le thème fut élaboré par Clara. Schumann pensa toute sa sonate d’après ce thème, qu’il plaça au centre de l’œuvre. Un motif d’une quinte descendante est récurrent tout au long de la pièce.

ce désir latent, inassouvi, cet amour insatisfait qui occupe toute la place, toute la pensée

ce désir latent, inassouvi, cet amour insatisfait qui occupe toute la place, toute la pensée

Schumann avait associé Clara dans ses pièces avec ce motif de cinq notes descendantes, peut-être à cause des cinq lettres que compose son prénom, peut-être parce que le chiffre cinq est symbole de l’union amoureuse. Enfin, la sonate compte aussi cinq mouvements. J’ai donc décidé de garder ce motif de la quinte descendante et de l’exprimer également visuellement, dans mes toiles. Évidemment, ce mouvement est encore en production alors des éléments risquent de se modifier ou de s’ajouter en cours de route. Ainsi, je n’ose pas trop en dévoiler pour le moment. Cette série de tableaux sera intimement liée à la pièce musicale choisie. Je tenterai également d’exprimer visuellement les sensations qu’ils pouvaient ressentir, soit ce désir latent, inassouvi, cet amour insatisfait qui occupe toute la place, toute la pensée, tout le temps et qui amène l’apathie, le découragement, l’abattement.

Les mouvements subséquents sont installés. Les thèmes et les pièces jointes choisis. Mais comme il doit s’écouler 4 ans avant que j’entame le troisième mouvement, je me garderai d’en dépeindre ici les prémisses, sachant qu’il y aura maintes modifications. Mais en décrivant partiellement mes deux premiers mouvements, j’espère avoir réussi à expliquer grossièrement ma démarche artistique en lien avec l’œuvre musicale de Schumann.


My work is linked with Robert Schumann’s music. Obviously, my first goal is to illustrate the different phases of the composer’s relationship with virtuoso pianist Clara Wieck. But since they both have such a special bond with music, I had to integrate it in my work too. I decided that a musical score composed by Schumann would interconnect with every visual movement. Thus, I try to blend in musical elements from the chosen scores to my paintings.

First mouvement: Le Prélude

Premier mouvement : Le Prélude

The first movement, Le Prélude, is attached to Waldszenen (Forest Scenes). This visual movement is depicted with a blossoming rose, from the bud to its death.  It does not represent any particular period of the couple’s relationship, but serves more as an introduction and a resume to the project. The growing rose associates with an evolving life or a maturing relationship. Schumann is a composer of the romantic era and with the rose, I wanted to allegorize this “carpe diem” notion, important to the romantic movement. I will also use the rose in other visual movements as a leitmotif. It will come back only to establish the relationship’s progress. For example, the next series attests the beginnings of Schumann and Clara’s union, hence the flower will be at its blossoming’s debut. The leitmotif is a principle often used in music, which is why I thought interesting of using it in my paintings. It is also a way of joining the four movements together.

Waldszenen is a booklet of nine short piano pieces describing a walk through the woods. The pieces are contrasting in style and texture, thus emotionally. I chose this score for it permitted me to underline the metaphor between a walk in the woods and going through life or through a relationship; events that also bring contrasting scenes. There is also the forest theme, important for the German romantic movement, in association with the rose, another important romantic theme. The booklet does have a piece dedicated to flowers, Einsame Blumen (Lonely flowers). A poem by Friedrich Hebbel introduces this piece :

Tall as they grow, the flowers here
Are pale, just like death;
Only one in the middle
Stands there in dark red.

It’s color does not come from the sun,
Whose glow never reached it,
It comes from the earth
Which drank human blood.

The painted blossoming roses are white, “pale just like death ,” and represent Schumann and Clara’s life and love. A red rose was placed on the piano at the exhibit, a lonely red rose in the middle that “drank human blood ,” and symbolized Schumann’s music.

With this poem, it is not only two forms of art that combine (music and painting) but three (painting, music, literature). Schumann was extremely fond of literature. He would create musical pieces based on literary works. He used to say that music was the poetry of angels.

The second movement establishes a period when Clara’s father forbid her to see Schumann, because he knew they loved each other. For four years, they exchanged letters and musical scores secretly, hoping that one day they would unite. It is a period highly charged emotionally, swinging between bliss-passion and despair-hate. The chosen score to illustrate this is the Sonata No. 3 in F minor, composed by Schumann during this period.

longing, this passionate unsatisfied love that occupies the mind, all the time, and that brings apathy, hopelessness, despair.

ce désir latent, inassouvi, cet amour insatisfait qui occupe toute la place, toute la pensée

The theme was created by Clara. Schumann thought out the whole Sonata based on that theme, which he placed in the middle of the work. A five descending notes motif is recurring throughout the Sonata. Schumann had associated Clara with five descending notes in his compositions. Maybe because of the five letters in her name, maybe because the number five symbolizes marital union. I decided to keep this important motif and express it visually in my work. Obviously, this movement is in production. Elements will be added or changed and will migrate with time. Thus, I am reluctant to share details right now. My goal was mainly to show how music interferes with my creative process. This movement will be intimately attached to the chosen score. I will also try to visually express the couple’s emotions during this period, whether this longing, this passionate unsatisfied love that occupies the mind, all the time, and that brings apathy, hopelessness, despair.

The subsequent visual movements are installed. The themes and musical scores chosen. Yet since there will be another four years before I start the third movement (and 8 for the fourth!) I will be careful not to share details, as I know there will be thousands of adjustments. But by partially describing my first two movements, I hope I have somewhat succeeded in explaining the role Schumann’s music plays in my work.

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