Blog Post, Concert sans orchestre
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Intermezzo – about my art process

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(English version follows French in this post)

Je ne publie pas vraiment grand-chose sur mon blogue depuis que j’ai commencé à peindre ma série. Je travaille tous les jours en atelier, mais les changements sont pour le moment peu apparents et intéressants. Ainsi, je n’ai pas grand-chose à dire, sinon que les choses évoluent au rythme qu’elles sont censées évoluer.

J’ai une amie dans le domaine des arts qui me faisait remarquer que je parlais peu sur mon site de ma démarche artistique, surtout de l’importance de ma pratique du piano et du lien majeur qu’elle occupe dans mon œuvre. Finalement, cette amie en est venue un peu à la conclusion que ce qui était intéressant dans mon travail n’était pas tant le produit final, mais plutôt mon approche, mon cheminement, mon perfectionnement, ma réflexion, ma manière d’arriver à ce résultat, et que je devrais, par l’entremise de mon site, partager ce procédé. Que ça expliquerait encore mieux mon œuvre et que ça lui donnerait sans conteste une certaine valeur, pas au sens financier, mais au niveau de l’appréciation.

Je comprends bien son point et je suis assez d’accord avec son propos. Personnellement, je suis obsédée par le processus créatif des artistes ou des scientifiques, peu importe le domaine d’expression (j’avoue avoir un faible pour les compositeurs). J’adore lire à propos des méthodes, des inspirations, des fonctionnements. Certainement que je ne suis pas la seule artiste à être inspirée et passionnée par les réflexions et le travail des autres. En ce sens, partager ma démarche trouve sa raison d’être. Mais j’avoue être malaisée à l’idée de m’exposer, de parler de moi. Pas parce que j’ai peur du jugement des autres;  si l’impression des autres avait réellement une influence, je ne traiterais pas de musique classique, d’une histoire d’amour vieille de 200 ans, je ne peindrais pas dans un style classique et je ne travaillerais surtout pas sur le même couple pendant seize ans. Je sais bien que mon sujet n’est pas populaire, qu’il n’intéresse personne d’autre que moi, bon mis à part une dizaine de personnes, et que je suis complètement contre tendance en termes et visions artistiques. Honnêtement, je m’en fous. Mon travail est plus lié à ma santé mentale qu’autre chose. Je traite des questions qui m’intéressent, qui me passionnent, et je sens une nécessité d’en parler, de les illustrer, de les jouer en musique, de les étudier. Je le fais pour moi de prime abord. C’est extrêmement égotique comme pratique.

Non, ce qui me gêne à relater ma démarche de façon ouverte et périodique est le fait que je n’ai pas envie de m’exposer, moi. Mon travail est à propos de Schumann, Clara et Brahms (il n’est pas encore rentré en scène, mais il viendra), à propos de leurs embûches, leurs inspirations, leurs travaux, leur vie à eux et en aucune façon je ne voudrais me placer à l’avant-plan. L’idée est plutôt de disparaître derrière eux. Un peu comme Brahms qui ne voulait pas être deviné, compris ou expliqué (à la fin de sa vie, il a brûlé un grand nombre de lettres qu’il avait écrit, en demandant même à ses amis de lui renvoyer sa correspondance afin qu’il puisse la détruire.) Il voulait qu’on se souvienne de lui pour son œuvre musicale et non pour le genre de vie qu’il avait vécu. Brahms a trouvé son identité en se cachant derrière ses œuvres. J’aspire un peu à la même chose, je crois.

Mais j’avoue qu’il y a une partie de moi qui comprend très bien l’avantage et l’intérêt de communiquer sur ma démarche. Ce qui me rend profondément ambivalente. Si je pouvais réussir à le faire de façon objective, détachée et impersonnelle, ça serait parfait. Mais c’est un exercice fort ardu, voire quasi impossible, tant je me définis à travers mon art — et le leur. « De toute façon, a conclu mon amie, seules les personnes vraiment intéressées te liront ! » En effet! Voilà qui me rassure, comme elles sont une dizaine tout au plus ! Expliquer ma démarche à un tout petit groupe ne me dérange pas du tout. Je dirais même que ça me fait plaisir ! C’était assez pour me convaincre, en quelque sorte.

Enfin, pourquoi écrire ce long prologue ? Peut-être pour me justifier et aussi pour annoncer que pour les prochaines semaines je vais tenter de publier une série de textes à propos des différents aspects de ma démarche. Je vais tenter, dis-je bien, on verra ce que ça donne. Et alors à vous, mes dix lecteurs, je dis : «Bonjour et à bientôt » !

*** Le premier article de la série:  The tortured artist or How music made it’s way into my work


I have not published a lot of posts on my site since I started painting my series. I work every day in my studio, but the changes are not, for the moment, very visible and interesting. Hence, I don’t have much to say except that things are evolving the way they should.

I have a friend artist who made me the remark that I was not discussing much on my website my artistic process, especially the importance of my piano playing and the valuable place it holds in my oeuvre. This friend came to the conclusion that what was interesting in my work was not necessarily the final product, but more my approach, my refinement, my thinking, my way of arriving to the end result, and that I should share that process on my website. That it would explain even better my work and that it would give it a certain value, not money-wise, but more on the appreciation level.

I understand her point well and I do somewhat agree. Personally, I am literally obsessed with the creative process of other artists and scientists, whatever means of expression (although I do have a penchant for composers). I love to read about methods, inspiration, influences, ways of working. But I’ll admit that I feel uneasy to the idea of being exposed, to talk about me. Not because I am afraid of judgment; if I were, I would not discuss in my art classical music, a 200-year-old love relationship, I would not paint in a classical style and I would definitely not work on the same subject for 16 years. I do know that my theme is nothing but popular, that it interests only me, apart maybe ten other folks, and that I am completely off in artistic terms and vision. Honestly, I don’t care. My art is more linked to my mental health than anything else. I study subjects I find interesting, passionate, and I feel the need to share my discoveries by means of painting, playing music and discussions. I do it for me first; it is a very egotistic approach.

No, the reason why I’m not comfortable sharing my process openly and periodically is because I don’t feel like being exposed. My work is about Schumann, Clara and Brahms (he is not in the picture yet, but he’ll soon come). It is about their struggles, their inspirations, their artwork, their life and I wouldn’t want in any way put myself in their spotlight. The idea is more to vanish behind them. A bit like Brahms who did not want to be explained, understood (at the end of his life, he burned all the letters he had written, even asking friends to send back his letters so he could burn them). Brahms wanted us to remember him for his compositions and not for the kind of life he lived. He found his identity hiding behind his art. I somehow aspire to the same thing, I think.

But I admit there is a part of me that understands very well the advantage and interest of communicating about my art process. Which makes me feel ambivalent. If I could do this in a very detached, objective and impersonal way, it would be perfect. But it is an arduous exercise, almost impossible, since I define myself through my art—and theirs. “Anyways, concluded my friend, only the ones really interested will read you!” It’s true. This reassures me, since they are something like ten. Explaining my process to ten people doesn’t scare me at all, in truth, it makes me happy. That was enough to convince me.

Why this long prologue? Maybe because I feel the need to justify myself and also to announce that for the upcoming weeks I will try to publish a series of articles on the different aspects of my artistic process. I will try – emphasis here – we’ll see how it unfolds. And then to you, my ten readers, I say : “Hello and see you soon! »

*** The first article of the series: The tortured artist or How music made its way into my work

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  1. Pingback: The Tortured Artist or How music made it’s way into my work. | MARIE H. SIROIS

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