In the studio

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This is a view of my studio this morning.
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This is a view of my studio this morning. (As I am actually writing this.)

(English follows French)

J’ai donc commencé à appliquer la couleur sur mes portraits. Mes Schumann ont deux couches de données sur les vestons et sur les cheveux. Il me reste peut-être une dernière couche à donner et après je reviendrai avec des glacis. J’ai commencé à travailler un peu les visages, en appliquant de minces couches de glacis et en travaillant un peu les yeux. J’en suis rendu au Clara. Leurs robes sont terminées, mais je n’ai pas encore travaillé le chandail ou le visage, c’est ce que je vais faire cette semaine. Je sens que les tableaux commencent vraiment à prendre forme, ce qui est toujours encourageant et réjouissant.


I have started to apply color on my portraits. My Schumanns have 2 coats on the jackets and the hair. I will need to apply another coat and then I will come back with glazes. I started working lightly on their faces, applying thin glaze layers and working on the eyes. Now I am starting the Claras. I finished their dresses, but I have not yet worked on their shirts or faces. It is what I will be doing this week. I feel the paintings are starting to take shape, which is always encouraging and rejoicing.

The Tortured Artist or How music made it’s way into my work.

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(The English version follows French in this post)

Mon sujet d’étude traite d’un compositeur de musique classique et de son épouse, pianiste-virtuose. Mon schème de départ était seulement d’illustrer en toiles les différentes étapes de leur relation, mais la musique, au début accessoire, s’est petit à petit imposée comme l’élément central de mon travail ; si à l’ébauche mon idée était d’exposer des tableaux avec les compositions de Schumann qui jouent en musique de fond, mon concept maintenant est plutôt d’organiser des concerts avec mes peintures en décor de scène. Je vais expliquer ici comment la musique s’est introduite dans mon premier mouvement et j’aborderai comment elle s’est emparée de son premier rôle dans un autre texte.

J’ai entamé ce projet un dimanche matin, après avoir lu un long article dans le Devoir sur le bicentenaire de Robert Schumann. Je ne connaissais même pas le compositeur, encore moins son épouse pianiste. Je ne sais pas pourquoi j’ai accroché à cette histoire (c’est vrai que le texte décrivait le couple de façon poétique), mais j’ai tout de suite su que j’allais travailler sur eux. Instantanément en fait. J’ai même vu les toiles du premier mouvement dans ma tête. Bon peut-être pas de façon ultra élaborée, mais je savais que ça serait des roses et que ça serait gros. J’ai commencé à lire à propos de leur vie, leur histoire. Puis, pour lier la peinture à la musique, comme c’était leur domaine, j’ai eu l’idée de créer quatre séries de toiles, comme les quatre mouvements d’une symphonie, et que chacune représenterait une période spécifique de la relation ou de leur vie. J’ai acheté un CD de Schumann comptant cent œuvres choisies que j’écoutais quotidiennement dans mon atelier. Je voulais sélectionner les plus belles pièces pour les utiliser en musique de fond lors de mes expositions. Lentement, mon oreille s’est faite à cette musique, que j’avoue avoir trouvée un peu étrange au début. Puis, comme la majorité de ses œuvres sont écrites pour piano, cette écoute quotidienne m’a donné le goût de recommencer à jouer.

J’avais déjà joué enfant, mais j’avais cessé vers l’âge de 15 ans. J’ai donc acheté la partition de Scènes des bois, un recueil de neuf courtes pièces, dans l’idée d’apprendre la troisième. C’était celle qui semblait la plus facile de ce cycle que j’aimais bien. La tâche se trouva plus complexe que je ne l’avais imaginé au départ ; voilà 20 ans que je n’avais pas lu une partition et j’ai vite constaté que je n’avais probablement jamais appris à en lire une pour vrai. Vous comprendrez que l’exercice fut ardu. Pour me motiver à continuer à pratiquer, j’ai eu l’idée soudaine de jouer cette pièce à mon vernissage, en vrai, plutôt que de  mettre un CD. La composition douce, romantique et un peu nostalgique se mariait bien avec mes roses et c’était une façon agréable d’introduire la musique de Schumann à mon public.

Puis, l’idée fit son chemin, à force d’écouter et d’étudier le cycle de Scènes des bois, j’en ai conclu que le feuillet au complet était intéressant. Il parlait d’une promenade en forêt et présentait différentes scènes aux émotions contrastantes. J’y ai fait le lien avec la vie, qui n’est quoi finalement sinon qu’une somme de scènes aux émotions contrastantes ? En peinture, j’avais l’idée de peindre l’évolution d’une rose, du bouton à sa mort, pour faire le lien entre le cycle de la vie ou d’une relation amoureuse, pour en exposer la délicatesse, la valeur et l’aspect éphémère. Et alors, la filiation entre Scènes des bois et ma rose ne pouvait être plus parfaite ; elle constituait une excellente illustration du romantisme, dont Schumann était le compositeur chéri, ne serait-ce que par l’utilisation de deux thèmes incontournables à cette période, soit la forêt et la rose.  C’est de là que m’est venue l’idée de joindre chacun de mes mouvements de peinture à une composition spécifique et d’introduire d’une certaine façon des éléments de ces compositions à mes toiles ( soit par l’usage de métaphore, par association émotive, ou par la traduction visuelle d’éléments rythmiques, harmoniques). Mais pour le moment, le problème considérable avec mon premier mouvement de peinture et Scènes des bois était que les autres pièces musicales du feuillet semblaient beaucoup trop complexes pour mes capacités. Comment allais-je réussir à jouer ça ?

J’ai vite compris que je ne parviendrais jamais à apprendre Scènes des bois seule ; je ne déchiffrais pratiquement rien de la partition. J’ai décidé de m’inscrire à des cours de piano, un an avant mon vernissage. On m’a jumelée à un professeur qui n’aurait pu être plus parfait pour moi. Une rencontre déterminante dans ma vie, qui aura une incidence primordiale sur ma réflexion créative. Tristan, pianiste virtuose et concertiste, a tout de suite compris ce que j’avais en tête et ce à quoi j’aspirais, pas seulement au niveau de ma pratique de l’instrument, mais aussi par rapport à mon étude générale du sujet. S’il a pensé que c’était une tâche impossible pour moi d’apprendre cette partition, il ne l’a jamais laissé voir. Certaines pièces étaient carrément complexes et difficiles pour mon niveau et j’avoue avoir souvent cru que je n’y arriverais jamais. Sincèrement, j’avais beaucoup oublié et mon éducation musicale était maintenant plutôt nulle. On a dû recommencer presque à zéro.

Comme mon idée était justement d’associer les éléments musicaux au visuel, je voulais aussi posséder une compréhension plus profonde du sujet. J’ai refait les cours de théorie musicale, j’ai étudié le rythme, l’harmonie, la formation des accords, comment analyser des pièces musicales,etc. J’ai trouvé sur internet deux cours universitaires sur l’histoire et l’analyse musicale. Plus j’en apprenais, plus je découvrais un univers parallèle fascinant (je me sentais un peu comme Alice qui entre au pays des merveilles), mais plus je démasquais également l’immensité de mon ignorance. Les courants musicaux, les compositeurs, leurs oeuvres majeures, leurs aspirations artistiques, il y avait tant à découvrir et apprendre ! Je ne savais plus où mettre la tête ni par quoi commencer. J’ai demandé à Tristan, presque devenu mon gourou, de me suggérer des écoutes musicales chaque semaine afin d’élargir mon répertoire de connaissances et faire mon oreille à ce nouvel univers de sonorités. J’écoutais ses propositions pendant la semaine en atelier, puis on en discutait le cours suivant. Entre ma peinture et la musique, j’avais un programme chargé. Je devais pratiquer le piano quotidiennement de façon assidue si je voulais réussir à jouer Scènes des bois à mon vernissage. Le temps était compté.

Je ne sais trop par quel miracle (ben en fait il n’y a pas trop de miracle, j’ai juste pratiqué beaucoup), mais j’ai appris à jouer les neuf pièces. J’ai décidé d’en garder seulement six pour mon vernissage. Les trois que j’ai enlevées nécessitaient précision et vitesse, ce que je me savais incapable de réussir sous l’impact du stress. Parce que même sans stress, ce n’était pas tellement réussi. Il y a une différence entre jouer et interpréter. Plus on écoute ce type de musique et plus on en vient à connaître les pianistes et musiciens, plus on comprend qu’il y a des variations majeures dans les façons d’exécuter une pièce. Ces différences peuvent complètement changer l’émotion, l’ambiance ou la couleur d’un morceau. De toute façon, pour moi, peu importe la pièce, à cette étape-là, c’était un miracle juste de réussir à les jouer.

Et vraiment, je ne me rappelle même plus de le faire à mon vernissage tellement j’étais nerveuse. Je pensais mourir. Je ne cessais de me répéter que c’était sans doute l’idée la plus stupide que je n’avais jamais eue de ma vie. Pourquoi m’imposer ce stress-là ? Pas juste celui d’apprendre les pièces, mais surtout celui de les jouer devant un public. Quoi, peindre ce n’était pas assez? Les concepts sont toujours beaux, simples et faciles dans ma tête, mais quand arrive la réalité, c’est autre chose. Voyez-vous, je souffre du stress de performance. Je suis complètement paralysée et terrorisée à l’idée de jouer du piano devant quelqu’un. N’importe qui. Ça fait quatre ans maintenant que je prends des cours et j’ai encore beaucoup de gêne à jouer devant Tristan. Je tremble, je respire difficilement, mon cerveau se vide au point où on entend les mouches voler dans ma tête. On pourrait me demander mon nom dans ces instants-là que je ne saurais même pas quoi répondre. Ainsi, l’idée de me produire devant un public était absolument idiote, imbécile et absurde.

Mais j’ai joué. Un miracle. Je ne me souviens de rien. Par contre, je me rappelle très bien vomir pendant trois jours après mon exposition et dormir pendant un mois tellement l’expérience m’avait épuisée physiquement et mentalement. Je me suis juré de ne plus jamais recommencer. JA-MAIS. Et c’est pour ça que mon prochain vernissage n’est pas un vernissage, mais littéralement un concert, sur scène. Une vraie scène et des sièges pour un public assis. Un vrai public. Et oui, c’est moi qui devrait être au piano, sur la scène, sous les projecteurs. Juste d’y penser, j’ai déjà envie de vomir et de pleurer.  Est-ce que c’est ça pourrait être ça un « artiste torturé » ?

*Cet article s’inscrit dans le cadre d’une série décrivant mon processus créatif.
Le premier article de la série: Intermezzo about my art process


I work on a classical music composer and his virtuoso pianist wife. My starting plan was to illustrate in painting the different stages of their relationship or life. Music was at first accessory, but soon it became the central element in my oeuvre. If my idea was originally to exhibit my paintings and have Schumann’s music playing in the background, my concept is now to organize piano concerts with my paintings as stage decor. I will explain in this text how music introduced itself into my first movement and I will discuss in another post how it became the central point of my work.

I started this project on a Sunday morning after reading in the newspaper a long article concerning Robert Schumann’s bicentenary. I did not know this Romantic composer, even less his wife. I can’t say what made me cling to their story (the article did describe the couple in a very poetic way) but I knew right away that I would work on them. Instantly. I actually saw the First Movement’s paintings in my head, well maybe not in a very elaborate manner, but I knew that I would paint roses and that it would be big. I started educating myself, reading about their life, their story. To link my art to music, their art, I decided to create four series of paintings as the four movements of a symphony. Each movement would represent a specific period of their relationship or existence. I bought a Schumann CD, a collection of his 100 best-known compositions, and listened to it every day in my studio. I wanted to select my favorite pieces and use them as background music during my vernissage. My ear began to get accustomed to these melodies. Since the majority of Schumann’s works are written for piano, this daily listening encouraged me to start playing the instrument again. I had played as a child but had stopped at around 15 years’ old. I bought the Forest Scenes score, a booklet of nine small pieces, wanting to learn the third song. It was the easiest one of this cycle, and I liked it a lot.

The task proved to be much harder than I previously imagined. It had been twenty years since I had looked at a music score and I realized I probably never truly learned how to read one at all. The exercise was brutal. To motivate myself and keep on practicing, I had the sudden idea of playing this little piece at my vernissage, instead of putting a CD on. The song was delicate, romantic and fairly nostalgic. I thought if affiliated well with my roses and that it would be a nice way to introduce my public to Schumann’s music. Consequently it made me realized the whole Forest Scenes booklet was captivating. It talked about a walk in the woods and presented different contrasting scenes in color and emotion. What is life if not a set of contrasting emotional scenes? I was painting the maturing of a rose, from the bud to its death, to illustrate Schumann and Clara’s life cycle, its fragility, it’s worth and ephemeral aspect. Linking Forest Scenes with my rose couldn’t have been more perfect. It was Romanticism’s perfect expression with two of its most famous themes, the forest and the rose. I decided then that each one of my visual movements would be associated with a specific Schumann score and that I would somehow introduce aspects of the compositions to my paintings (with the usage of metaphors, emotions, or by visually translating rhythmical or harmonic elements). For the moment though, my major problem with Forest Scenes was that playing the whole booklet was acutely too complex for my capacities. Could I really concretize this?

I quickly understood that if I wanted to succeed I needed to get help. I couldn’t decipher half of the score. I decided to take piano lessons one year before my show. I was paired with a teacher that couldn’t be more ideal for me. It was a capital meeting in my life with a predominant influence on my creative thinking. Tristan, a virtuoso concert pianist, immediately understood my aspirations and my ideas, on every level. If he ever thought it was impossible for me to learn the whole Forest Scene‘s booklet, he not once let me see it. Some of the pieces were complex and challenging for my level and I admit I often thought I’d never make it. Honestly, I had forgotten a lot from my childhood and my musical knowledge was close to null. We practically had to start from zero. Since my plan was to link musical and visual elements, I also needed an appreciable understanding of the subject. We did musical theory, I studied rhythm, harmony, chords formation, how to analyze scores, etc. I found on the internet two university classes on musical history and analysis. The more I would learn, the more I discovered a beautiful parallel universe (I felt like Alice entering Wonderland), but the more I was exposing the magnitude of my ignorance. Musical eras, composers, their major works, their artistic aspirations, their influences, there was so much to discover and learn! I didn’t know where to look and where to start. I asked Tristan, who was by now nearly my guru, to recommend titles I should listen to so I could deepen my knowledge. I would listen to his suggestions during the week in my studio, and we would discuss it on the upcoming class. Between painting and music, my agenda was plentiful; I still had to practice my piano daily and seriously if I wanted to be able to play Forest Scenes at my opening. The clock was ticking.

I don’t know how I managed to do it (well I did practice like hell), but I did learn to play the whole cycle. I decided to keep only six pieces of the nine for my vernissage. The three songs I discarded required precision and speed, which I knew I would not be able to manage under pressure. Because even without the stress factor, it was not such a success. There is a difference between playing and interpreting. The more one listens to this kind of music and gets to know the pianists and musicians, the more one understands how there can be major divergences in the ways of performing a piece. These differences can completely change the mood, emotion or color of a song. Anyways, for me, whatever the piece, at this stage it was a miracle just to succeed in playing them.

And honestly, I don’t even remember doing it. I was so nervous, I thought I was going to die. I couldn’t stop repeating to myself this had to be the worst idea I had had in my entire life. Why would I impose myself such stress? Not just the pressure of learning the songs, but mostly the pressure of playing them in front of an audience. Wasn’t painting enough? Concepts always feel nice and easy in my head, but when they hit reality it’s something else. You see, I suffer from performance stress. Which means I am completely and utterly paralyzed, no, terrorized at the idea of playing in front of someone. Anyone. I have been taking classes with Tristan for four years now, and I still have difficulty playing in front of him. I shake, I can’t breathe properly, my head turns into emptiness, so empty you can hear the flies in there. One could ask me my name that I would not know what to answer. Hence the idea of performing in front of a crowd was idiotic, absurd and foolish.

But I did it. A true miracle. I don’t remember anything. I do remember vomiting for three days after and sleeping for a whole month because I was so drained, physically and mentally, from the experience. I swore I would never do this again. NE-VER. And that is why, my next show is not a painting exhibit but literally a concert, on a stage. A real stage with seats for an audience. A real audience. And I should be on stage, under the projectors, sitting at the piano. Just to think of it, I feel like puking and crying. Is that what they mean when they talk about “tortured artists”?

*This article is the second of a series about my art process.
The first article of the series: Intermezzo about my art process

About time

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The 5 claras
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Clara #1
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All the finished imprimaturs
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And then I started to paint

 

(English follows French in this post)

Voilà que j’ai maintenant commencé à peindre cette série de toile. J’ai finalement terminé la Clara #1 la semaine dernière. J’ai également donné une couche de terre de sienne sur tous les dessins pour faire l’imprimatura. Et alors que j’étais à peindre ma première Clara, je me suis reculée pour avoir une vue d’ensemble, et, du coup, j’ai réalisé que ça allait être drôlement long tout ça!


I started to paint this series of paintings. I finally finished that Clara #1 last week. I also covered all the drawings with terre de sienne to make the imprimatura. And as I was painting my first Clara, I stepped back to have a better view of the ensemble, and I realized then that it will be a long time before I finish!

An artist’s dilemma

The five Claras
Clara #4

(English version follows French)

J’ai terminé le dessin de ma dernière Clara hier, Clara #4. Il ne me reste que le dessin d’un autre Schumann à exécuter (dessin que je ferai la semaine prochaine) et ensuite je serai prête pour commencer à les peindre. Mais le premier dessin que j’ai fait, ma Clara #1, ne me satisfait pas. Il y a plein d’erreurs, je le trouve mal fait. Je sais que je peux corriger ces erreurs en peinture, mais je me dis que je commencerais à peindre déjà en corrigeant, et puis je me demande si ça ne peut pas faire une différence à la fin avec les autres Clara. Si le tableau ne sera pas moins beau que les autres justement. Je veux que les tableaux soient tous du même niveau d’adresse. Ainsi je considère fortement refaire ce dessin de Clara #1. Le problème est que je devrai le dessiner au verso de la porte, qui n’a pas été traité. Et donc je devrai appliquer toutes mes couches de colles et de gesso et sabler entre avant de pouvoir commencer. Ce qui, en gros, signifie beaucoup de travail, ce qui me tente définitivement moins, et ce qui signifie que je retarde mon échéancier de deux semaines. Alors je ne sais pas trop quoi faire. Je vais y réfléchir cette semaine en dessinant mon dernier Schumann. Mais déjà, je me lève ce  matin en me disant que si je ne refais pas cette Clara, elle va toujours m’énerver. Et puis, ça représente quoi deux semaines de travail quand on a un projet qui dure quatre ans? Rien. Je crois bien que je vais la refaire…


I finished yesterday ma last Clara drawing, Clara #4. I have one more Schumann drawing to execute (drawing that I will be doing next week) and then I will be ready to start painting them. But the first drawing I made, my Clara #1, does not meet my requirements. I see it is full of mistakes, I find it badly executed. I know I can correct theses mistakes with paint, but then I tell myself that I will start painting in a “correction mode”, and I wonder if that can make a difference in the end with the other paintings. Maybe it’ll be odd looking. I want all the paintings to look the same. Thus, I consider very strongly redoing this Clara #1. The problem is that I will need to do it on the back of the wood panel. The side that has not been treated. Which means I will have to put all the coats of glue, and of gesso, and to sand in between before I can start drawing. Which is long. And a lot of work. I don’t know if I feel like it. And I would be putting off my schedule for 2 weeks. I don’t know what to do. I will think about it this week while drawing my Schumann. But already this morning I wake up thinking that if I don’t redo it, it will bug me every time I look at it. And what is two weeks in a project that takes four years to execute? Nothing. I think I’ll redo it…

Slowly but Surely 


Voilà. Juste pour dire que les choses avancent bien. J’en suis toujours aux dessins. J’ai terminé quatre panneaux sur 10. Je commence le cinquième demain matin. Je publie plus régulièrement des photos de ma progression sur Instagram, plus souvent qu’ici en fait, comme je n’ai pas nécessairement grand chose à dire, sinon que tout va bien!

Just to say that things are progressing well. I am still drawing. I have finished 4 panels of 10. I will start the fifth panel tomorrow morning. I publish pictures of my progress more often on Instagram, more often then here that is, since I don’t have much to say except that everything is under control!

10 white panels

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This week, while I was adding some more glaze layers to my Clara, I cleaned thoroughly my studio. I made place for the ten panels that are going to take place on my walls for the next two years.I am very happy. Next Monday is the day I start working on this series. Did I say I was happy about it? No? Gosh, I’m so excited!

Cette semaine, alors que j’ajoutais d’autres couches de glacis à ma Clara, j’ai nettoyé en profondeur mon atelier afin de faire place aux dix panneaux de bois qui orneront les murs de mon atelier pour les prochains deux ans. Je suis très contente. Lundi prochain je commence enfin cette série! Est-ce que j’ai dit que j’étais contente? Non? Mon dieu, je suis si énervée!

The end is near

It is the end of all my tests, tryouts and studies. This is my Clara right now. I am not finished, I still need to apply some glazes, yet I am satisfied with the results, I know how to do what’s left to do and so I can now say that I feel confident to finally start my real series of paintings. Hence, I have been preparing my wood panels for the past couple of months (10 panels in all). Three coats of glue each, sanding between coats, and three coats gesso, obviously sanding between coats again. There is one coat of gesso left to apply on only three panels and I am good to go!

La fin de toutes mes études et tous mes tests de peinture  est finalement arrivée.  Voici où j’en suis rendue avec ma Clara. Elle n’est pas terminée, je dois encore appliquer des glacis, mais je suis satisfaite des résultats, je sais comment exécuter ce qui me reste à faire et je me sens donc maintenant assez confiante pour entamer ma vraie série de toiles. Ainsi, je prépare mes panneaux de bois depuis quelques mois déjà. Trois couches de colle, en sablant entre les couches, et trois couches de gesso sablées. Ne me reste que la dernière couche de gesso à appliquer sur trois panneaux et l’affaire est dans le sac!

Books that influenced my art making

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I had the idea of creating this Schumann and Wieck huge project after reading 2 things. First, there was an article published in the newspaper in 2010 about Schumann’s bicentenary celebrations that were to be held in the Quebec Province. I did not know much about Schumann. To be honest, I could have not told you the difference between Schumann and Schubert (funny how things changed and now I don’t understand how I could have mistaken the two!). I definitely knew nothing about Clara and I was quite surprised to learn that back then she was quite the star in the couple (I remember thinking History forgets fast about women’s achievements). The article was so well written, I remember getting “emotional” as I was reading it. (Here is the link to the article, if you are interested, but it’s in french)
At the same time, I was reading neuroscientist Semir Zeki’s amazing book: The Splendors and Miseries of the Brain: Love, Creativity and the Quest for Human Happiness. I am not sure how to explain this book, I would say it is about the role of art, love and creativity for the human brain. Anyhow, it had quite an influence on me, and I decided right then to paint about Schumann and Clara’s love and I decided that it would be big. I mean huge. It had to be. Six years later I am even more satisfied with my decision and more and more intrigued and interested about Neuroesthetics. Schumann is definitely a good study subject as he is from the romantic era, where emotions and imagination where primary purposes in art, and the Sublime was an ideal to attain. I am not sure what I am looking for yet, studying this field and reading so much about Schumann and classical music, Romanticism, the Sublime and Neuroesthetics, but it is slowly starting to make sense to me. In another great book, David Deutsch’s The Beginning of Infinity, I read that art, in it’s way of searching for Beauty might be in a way searching for Universal Truths.  Maybe that is what I am looking for.

Anyhow, all this to tell you that I am reading right now an amazing book (yes, another one!)  by Eric Kandel: The Age of Insight: The Quest to Understand the Unconscious in Art, Mind, and Brain, from Vienna 1900 to the Present. Eric Kandel is also a neuroscientist interested in understanding how art and creativity relate to the brain. I am not yet finished with this one, but I am so enthusiastic and interested in it, that I just had to share. Maybe some of you find these topics captivating too…? Surely if you are interested in art, the brain and the emotions, this is a book to read!


J’ai eu l’idée de créer ma série sur Schumann après avoir lu 2 choses. Tout d’abord, un article avait été publié dans Le Devoir en 2010 à propos des célébrations au Québec organisées pour le bicentenaire de Schumann. Je ne connaissais pas grand chose sur Schumann. À dire vrai, je ne faisais même pas la différence entre lui et Schubert (c’est drôle comme les choses changent vite, aujourd’hui je ne comprends même pas comment je pouvais les mélanger). Je ne savais définitivement rien à propos de Clara, j’avais été très surprise d’apprendre que c’était elle la vedette du couple (je me rappelle penser que l’Histoire oublie vite les exploits féminins). L’article était si bien écrit, j’avais définitivement été touchée en le lisant. Vous pouvez juger pour vous même et lire l’article ici.

Au même moment, je lisais le livre du neuro-scientifique Semir Zeki, The Splendors and Miseries of the Brain: Love, Creativity and the Quest for Human Happiness. Je ne sais pas vraiment comment expliquer ce livre, je dirais que c’est à propos du rôle de l’art et de la créativité pour le cerveau humain. Enfin, disons que le livre a eu une grande influence sur moi et que j’ai décidé sur le champ que j’allais peindre à propos de la relation amoureuse de Schumann et Clara et que ça serait gros. Énorme. Il le fallait. Six ans plus tard, je suis encore plus satisfaite de cette décision et toujours plus intéressée et intriguée à propos de la Neuroesthétique. Schumann est définitivement un bon sujet d’étude si ce n’est que parce qu’il est de l’époque romantique, où les émotions et l’imagination étaient des buts principaux en art et où le Sublime était un idéal à atteindre. Je ne sais pas encore ce que je recherche exactement, à étudier et lire tant d’ouvrages à propos de Schumann, la musique classique, la période romantique, le Sublime et la Neuroesthétique, mais les choses commencent petit à petit à se mettre en place. Justement, dans un autre excellent livre, celui de David Deutsch, The Beginning of Infinity, j’ai lu que l’art, dans sa quête de l’idéal de beauté recherche d’une certaine façon la Vérité universelle. Peut-être suis-je à la recherche de ça?

Enfin, tout ça pour vous dire que je suis en train de lire un autre livre ultra intéressant celui là de Éric Kandel, The Age of Insight: The Quest to Understand the Unconscious in Art, Mind, and Brain, from Vienna 1900 to the Present. Eric Kandel est aussi un neuro-scientifique  intéressé à comprendre comment l’art et la créativité interagissent au niveau du cerveau. Je n’ai pas encore terminé ce livre, mais j’en suis si enthousiaste que je devais le partager. Qui sais, je ne suis sûrement pas la seule à m’intéresser à ces sujets. Ainsi, si les arts, la créativité et les émotions vous interpellent, c’est définitivement un livre à lire!

Little girl blue

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(La version française suit la vidéo)

I am almost finished with the test painting #4. Well… I think. Just need to work on some more tiny details. This one took me longer. I pondered a lot over it. It made me see all the things I was doing wrong, and now I am eager to start a new one to try out new and different things. I have been working the colors mostly through glazes, which I realize is just wrong. Next painting, I will explore more with paint, colors and thickness, and see where that brings me. I have also been watching videos on Youtube of different techniques and people painting, which gave me some good tricks and insights.

And yes, I know, she looks kinda ghostly. I tried working only with blues (and a little red). But in the end, I think this is probably the ambiance I am looking for.

Should look at this and listen to Little girl blue by Nina Simone at the same time, no?

J’ai presque terminé mon essai numéro 4. Enfin… je crois. Il me reste à travailler quelques petits détails. Ce tableau m’a pris plus de temps que les autres. J’ai beaucoup réfléchi en travaillant. Et j’ai compris beaucoup de choses que je ne fais pas correctement et maintenant j’ai très hâte de commencer un autre essai pour tester différents trucs. J’ai surtout travaillé mes couleurs à l’aide des glacis, mais je me rends compte que c’est probablement une erreur. La prochaine toile, je vais expérimenter avec la peinture, les couleurs en épaisseur et voir où ça me mènera. J’ai aussi écouté plusieurs vidéos sur Youtube de gens qui peignent, ce qui m’a donné quelques trucs et astuces.

Oui, je sais on dirait un fantôme. J’ai essayé de travailler seulement dans les tons de bleu (et un peu de rouge). Au bout du compte, je crois bien que c’est ce type d’ambiance que je recherche. Une image irréelle.

Il faudrait regarder cette toile et écouter Little girl blue de Nina Simone en même temps, non?

Feels like I’m being watched

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The preliminary drawing for the fourth test painting
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A view of my studio
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The finished third test
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Preliminary drawing for the next test painting

(la version française suit l’anglais)

This is a view of my studio right now. Feels like my paintings are looking at me all the time!!

I finished the third test painting this week. I think I’m satisfied, yet I have to wait a while before I can say that… sometimes I am so close to my work, that I need to analyze something else for a while to detach myself from it and come back with a more objective eye.

I started a fourth test painting. You can see the preliminary drawing up here.  Probably my last one for the Clara. Then I would like to start my Schumann portraits tests. I need to find my model though and take the reference pictures, which is not an easy task. Finding a model is arduous. I have been pondering over this for at least a year. I have someone in mind, someone I think would be perfect for the job.  However I ignore if that person will agree to model for me and if he does, I wonder if he’ll be a “good” model, able to give me the “looks” I’m wishing for…

I have to say though that if it does not work out with this guy, I have no clue what to do… Well, let’s not think too much ahead. One day at a time, and hopefully, all will work out perfectly, right?


Voici un aperçu de mon studio en ce moment. J’ai l’impression que mes toiles me regardent tout le temps!

J’ai terminé le troisième essai cette semaine. Je crois être satisfaite, bien que je dois attendre un peu avant de faire cette affirmation. Parfois, j’ai besoin de recul, pour me distancer de mon travail et pouvoir y revenir de façon objective.

J’ai également commencé le quatrième essai. Vous pouvez voir le dessin préliminaire ci-haut. Ceci est probablement mon dernier essai pour les Clara. Ensuite, j’aimerais commencer les essais portraits de Schumann. Je dois trouver mon modèle par contre. Ce qui n’est pas tâche facile. Je dirais même plutôt ardue. Voilà maintenant plus d’un an que j’y pense. J’ai quelqu’un en tête, mais je ne sais pas si cette personne acceptera ma demande. Et si elle accepte, je ne sais pas si elle sera capable de m’offrir les “regards” que j’aimerais avoir…

J’ajouterai que si ça ne fonctionne pas avec cette personne, je ne sais vraiment pas ce que je ferai. Bon. Ne nous emportons pas et prenons un jour à la fois… avec l’espoir que tout fonctionnera à la perfection, pas vrai?

Back in the studio

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The essay, not yet finished (3 feet by 4 feet)
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The preliminary drawing

(La version française suit l’anglais)

Happy New Year! Hope you’ve had a great Christmas Holiday.

I am back home after a 2 week vacation. I was back in my studio with great excitement. I spent a lot of my vacation time looking at impressionist art on the internet and it gave me all these ideas! Hence, I am excited to start painting and try it all out. It’s always easier in my head though… so it is not turning out exactly how I want it too, but I’m working at it. I am finishing up the painting I had started before Christmas. It is not yet finished, but I’m almost there. I am not yet satisfied with her face, not sure what to work on really. I need time to think. And  I need to rework the background too as my black did not turn out good (you can’t see it on the picture).  Should be finished by the start of next week.


 

Bonne année! J’espère que vous avez passé de belles vacances de Noël.

Je suis de retour à la maison après des vacances de 2 semaines. J’étais très heureuse de retrouver mon atelier. J’ai passé une grande partie de mes vacances à regarder des oeuvres d’art de la période impressionniste, ce qui m’a donné tout plein d’idées et surtout le goût de peindre! J’étais donc très contente d’essayer le tout cette semaine. Ça semble toujours plus simple dans ma tête par contre… j’ai un peu de difficulté à peindre de la façon dont je voudrais, mais j’y travaille. Je suis en train de terminer la toile que j’avais commencée avant les fêtes. Elle n’est pas encore finie. Je dois retravailler le visage et aussi le fond. Mon noir est bariolé (ça ne se voit pas sur la photo). Je devrais avoir fini au début de la semaine prochaine.

In the studio

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The finished second test.
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The preliminary drawing for the next test.

(La version française suit l’anglais)

I finished the second test last week. It made me understand many things. Things I already knew, but that I needed to validate. I need to work from a reference photo that has not too many details. I want the rendering of my paintings to be more blurred than realistic;  I find emotions are “stronger” when the image is blurred compared to realistic (not sure how to put that into words). Anyhow, I realize the perfectionist in me will always want to go get the details, so if my reference picture is too perfect, I  really will have a lot of trouble to control myself and stay in the blurred zone. My reference picture for the first essay was more detailed than this one, and if I compare the 2 essays, I find this one better than the first.

Also, in my painting class, I was taught that we had to draw and paint the whole body, even if some parts were hidden in the dark, and that we would make the parts disappear in darkness by applying layers of dark glazes. In my first essay, I kept the whole head and tried to make it disappear in the background, yet I had trouble to determine were to stop putting glazes and how to make it disappear. For this essay, I just did not draw, nor paint the top of her head at all, I just went straight for the black background and I find it looks better. So For the next essays, I will not be listening to my teachers (oops!) and I will go for the cut off head straight away (as you can see on the picture of my preliminary drawing up here).

I also worked with a different blue this time. I worked with prussian blue, yellow ocre, laque de garance (not sure what it is in English), and burnt sienna. For the first test, I used this old tube of magnesium blue. I like better the prussian blue. I also wondered if I should stay in the blue hues, and not go in the pinkish ones. My image is supposed to be something imagined. Like when you think of someone you love, in your head, the image that is created. That’s why I want it blurred, because imagined things are never in details. I also want the color to be faded, dreamlike, because the colours of imagined things are never saturated. This woman is supposed to represent Clara as a mental image Schumann would have. And since he was madly in love with her, I was wondering if I should not work in more reddish or pinkish hues, warmer colours, instead of this cold blue. But I find the blue gives more of a dreamlike setting… And I am thinking the red hues could probably give Clara a devilish look. Clara was very young at that time and I want to keep that purity feeling (more that the sexual one). And isn’t blue better for that? I don’t know. I am not certain.  What do you think?


J’ai terminé cette semaine mon deuxième essai qui m’a aidé à comprendre plusieurs choses. Des choses que je savais déjà, mais que j’avais besoin de valider. Je dois travailler à partir d’une photo référence qui n’a pas trop de détails. Je veux que mes toiles soient plus « floues » que réalistes, je trouve qu’une image « floue » transmet les émotions de façon plus puissante qu’une image réelle (je ne sais pas vraiment comment expliquer ceci). Enfin, je comprends maintenant que la perfectionniste en moi veut toujours aller chercher le plus de détails possibles. Ainsi, si ma photo de référence est trop parfaite, j’ai beaucoup de difficulté à me contrôler et à aller chercher moins de détails. Ma photo de référence était plus détaillée pour le premier essai, et si je compare les deux essais, je pense que ce deuxième est plus réussi.

Aussi, dans mes cours de peinture, nous avons appris qu’il fallait toujours dessiner et peindre l’entièreté du sujet, même lorsque certaines parties du corps disparaissaient dans la noirceur. On nous disait qu’il faut alors faire disparaitre ces parties en appliquant plusieurs couches de glacis foncé. Dans mon premier essai, j’ai gardé toute la tête du sujet, mais j’ai eu de la difficulté après à juger où je devais arrêter de mettre des glacis et j’ai eu de la difficulté à la faire disparaitre. Pour ce deuxième essai, je n’ai pas dessiné le dessus de la tête du tout, je suis allée directement avec le fond noir et je crois que c’est beaucoup mieux. Ainsi, pour les prochaines toiles, je ne vais pas écouter mes professeurs (oups!) et je vais y aller avec les têtes coupées (comme vous pouvez le voir sur la photo ci-haute du dessin préliminaire de mon prochain essai).

J’ai aussi travaillé avec un bleu différent cette fois-ci. Bleu de Prusse, ocre jaune, laque de garance et terre de sienne brulée. Pour le premier essai, j’avais utilisé un vieux tube de bleu de magnésium. Je préfère le bleu de Prusse. Je me demande également si je devrais continuer dans les tons de bleus plutôt que dans les tons rosés. Mon image doit représenter quelque chose d’imaginé. Comme lorsque vous pensez à quelqu’un que vous aimez… cette image qui se crée dans votre tête. Voilà pourquoi je veux que l’image soit « floue ». Parce qu’une image imaginée n’est jamais détaillée. Je veux aussi que les couleurs soient délavées, parce qu’une image imaginée n’est jamais faite de couleurs très vives. Cette femme doit donc représenter une Clara imaginée par Schumann. Et comme il était amoureux fou d’elle, je me questionne si je ne devrais pas travailler dans des tons plus chauds, comme le rose ou le rouge, plutôt que dans les tons froids avec ce bleu. Mais je trouve que le bleu traduit bien cet aspect de rêve. Et j’ai peur que les tons de rouge ne donnent un air diabolique à ma Clara, ce que je ne voudrais pas. Clara était très jeune à cette époque et je veux lui donner une aura de pureté plus qu’une aura sexuelle. N’est-ce pas que le bleu est mieux pour ça? Je ne sais pas. Je ne suis pas certaine. Qu’en pensez-vous?

A week of pondering

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Close up of the painting still in progress.
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The preliminary drawing

(La version française suit)

I have been working on my second test painting for the past 2 weeks. Things are going good, I guess. A lot of questions, a lot of brainwork on how I want to illustrate the ideas that I have in my head. These tests are tryouts for the big picture, which will be an ensemble of 12 paintings united. I know what I want to portray, what feelings I would like to convey, yet it is sometimes hard to actually portray what I have in mind. Obviously, this is the reason why I am doing these tests, but I sometimes wonder if it is a good thing that I share the results of theses on this website. Since they are all unsatisfying works, never really finished. Since they are tryouts, hence not really any good (only good for my learning)!

But then again, it will take me so long before I finish the 12 final paintings (something like 2 or 3 years) that I also wonder if the whole process is not an interesting part of the work at the same time… Or else I would post pictures of my finished works every 4 years and that’s it. But at least that would be satisfying work to me. Which makes me feel better…

What’s best? I honestly don’t know.


Voilà 2 semaines que je travaille sur mon deuxième essai. Les choses se passent bien, j’imagine. Beaucoup de questionnements sur la fa façon dont je veux illustrer les idées que j’ai. Ces essais sont des brouillons, de petites ébauches de l’ensemble final, qui sera un assemblage de 12 toiles. Je sais ce que je veux illustrer, quels sentiments je veux partager, mais c’est parfois (souvent) difficile de créer ce que j’ai en tête. Evidemment, c’est la raison pourquoi je fais des essais, mais alors je me questionne (souvent) si c’est justifié de partager le résultat de ces essais sur ce site. Comme ce sont tous des travaux insatisfaisants, inachevés, incomplets. Comme ce sont des brouillons et donc qu’ils ne sont bons à rien (sinon que pour mon apprentissage).

Pourtant, ça me prendra 2 ou 3 ans avant de terminer ce vrai ensemble de 12 toiles. Et alors je me demande justement si tout le processus de création pendant ces 2, 3 ans ne devient pas alors intéressant. Sinon, je ne mettrais que des photos du final au 4 ans et voilà. Mais au moins, le travail que je montrerais serait pour moi satisfaisant. Et du coup, je suis plus à l’aise.

Qu’est-ce qui est mieux? Honnêtement, je ne sais pas trop.

Finishing the first test painting

First painting essay

First painting essay closer

(La version française suit.)

This week was less worrisome than last. I felt more confident and things went generally well. I painted the background black, I worked on the blue highlights and on glazes. It is hard to capture on photo the blue hues, that are very present in “real” life. It is also hard to photograph the painting without that light reflection. I must say that I just finished applying a blue glaze and it is not yet dry, hence the wet finish and the light reflection.

Once it is dry, I will evaluate if I should add some more of the blueish “glow” around her. Probably just a little. But the painting is pretty much finished. I will start a new test painting next week. I want to try and make my black background with acrylic before I start painting in oil, to see if the results will be different and if it will make things go faster.


Cette semaine fut beaucoup moins stressante que la semaine dernière. Je me sentais en confiance et les choses se sont généralement bien déroulées. J’ai peint le fond noir, j’ai travaillé sur les reflets bleus et sur les glacis. Il est difficile de capter ces reflets bleus sur la photographie, mais ils sont très présents en réalité. C’est tout aussi difficile de photographier le tableau sans avoir ce reflet de lumière. Je dois dire que je viens juste de terminer l’application d’un glacis bleu et qu’il n’est pas encore sec, d’où l’aspect mouillé du tableau et cette réflection de lumière.

Lorsque le tableau sera sec, j’évaluerai si j’agrandis un peu ce halo bleuté autour du modèle. Probablement que j’en ajouterai un peu. Mais la toile est plutôt terminée. Je vais donc commencer un autre essai la semaine prochaine. Je veux essayer de faire mon fond noir à l’acrylique avant de commencer avec l’huile et voir ainsi si le résultat est différent et si ça accélèrera le processus.

This week in the studio

Here is some work progression over the week
Here is some work progression over the week

(La version française suit)

This week I started painting. It felt weird as I hadn’t painted in over a month. Always feels like I don’t know how to do it anymore… With the technique I am using, I can’t just go and put paint on the canvas. I must apply a thin layer of tinted homemade medium over the drawing. Then I come back with white paint mixed in a tempera mixture over the highlights and I fade it out in the shadows. It feels like I would be “sculpting” the drawing. This gives it shape and volume. Then I wait for it to dry and come back with the same process until I find I have shaped enough my figure. Then I can apply color and glazes.

But, I am always stressed out. Afraid to put too much paint where I shouldn’t, fearful of not mixing my products properly, shaken that the paint will not react how it is supposed too… (I guess stress is part of who I am!) Sometimes my white is too thick and sticky (not sure why) and is really hard to work and then again, sometimes it is too thin (not sure why) and does not cover well. Once I get the hang of it though, I feel more confident and less like a student. In a way, this is what I like about this technique. I always feel like I am learning something and I know for a fact that the more experienced I will get, the better I will be. So there is a lot of room for improvement. Which is a good thing!

So this week was quite “stressful” as I wasn’t sure if I would remember how to do it all. It is OK so far, I did make a couple of tiny mistakes, but I have noted them in my notebook and hopefully I won’t make them again. I did one layer of white, and I am now working on my second layer. I started working on her left eye too. You can see the week’s progression in the picture up here. (The picture in the middle is where I am at now.)


J’ai commencé à peindre cette semaine. Ce qui me semblait un peu bizarre; voilà au moins un mois que je n’ai pas touché à un pinceau. J’ai toujours le sentiment que je ne saurai plus comment faire. La technique que j’utilise ne me permet pas de mettre la peinture directement sur le tableau. Je dois appliquer une fine couche de médium teinté -fait maison- sur le dessin. Ensuite, j’applique de la peinture blanche mélangée à un mélange de tempera sur les parties lumineuses et je l’estompe jusque dans les parties plus sombres. C’est un peu comme si on “sculptait” le dessin. Cette façon de faire donne du volume et de la forme au dessin. Ensuite, j’attends que tout sèche et je recommence jusqu’à ce que je trouve que mes formes sont assez volumineuses. Ensuite je peux appliquer la couleur et les glacis.

Malgré tout, que je suis toujours stressée. J’ai peur d’appliquer trop de peinture là où je ne devrais pas. L’idée d’avoir fait de mauvais mélanges m’inquiète. Je crains que la peinture ne réagisse pas correctement. (Je crois que je suis de nature nerveuse!) Parfois mon blanc est trop épais (je ne sais trop pourquoi) et alors il est difficile à appliquer. Parfois mon blanc est trop liquide (je ne sais trop pourquoi) et ne couvre pas bien. Mais quand je suis bien “réchauffée”, je prends confiance et je me sens moins comme une étudiante. D’une certaine façon, c’est ce que j’aime bien de cette technique. J’ai toujours l’impression d’apprendre quelque chose et je sais que plus je serai expérimentée, meilleure je serai. Il y a beaucoup de place à l’amélioration, ce qui est une bonne chose!

Cette semaine donc fut préoccupante, comme je n’étais pas certaine de me rappeler vraiment comment peindre. J’ai fait quelques erreurs, pas très dramatiques,  je les ai noté dans mon carnet et je devrais -sans doute- ne plus les refaire. J’ai monté une couche de blanc et je suis présentement entrain de monter la deuxième couche de blanc. j’ai également commencé à travailler sur l’œil gauche. La progression est visible sur la photo ci-haute (la photo du milieu étant l’endroit où je suis rendue maintenant).

Starting the painting essays

The finished second Clara Wieck essay drawing.
The finished second Clara Wieck essay drawing.
It can easily get messy when I'm drawing!
It can easily get messy when I’m drawing!
Starting the drawing for the under painting.
Starting the drawing for the under painting.
Here is the finished drawing. I can now start to paint.
Here is the finished drawing. I can now start to paint.
(English version follows)
En début de semaine j’ai terminé mon deuxième essai en dessin de ma Clara Wieck. Le résultat était somme toute satisfaisant, comparativement à mon premier essai. En effet, comme je l’expliquais dans le “post” de la semaine dernière (voir ici), je pense que l’erreur était vraiment au niveau de la distance du sujet.

Ainsi, après m’être rapprochée pour ce deuxième essai, j’ai trouvé le résultat plutôt concluant. Je me pense maintenant prête à étudier les coloris et la façons dont je veux peindre mon sujet pour créer les ambiances que je me suis imaginées.
J’ai donc commencé une toile-étude.

Le reste de la semaine, j’ai donc dessiné le dessin qui sert de fond à ma toile. J’ai terminé ce dessin aujourd’hui. Il me reste à la fixer et à appliquer une couleur uniforme, une imprimature, et ensuite je pourrai commencer à peindre. Ce qui se fera donc la semaine prochaine.


I finished my second Clara Wieck drawing essay at the beginning of the week.The result was somewhat satisfying, compared to my first essay. As I was explaining in last week’s post (here), I think my mistake was in the “zooming”, as not close enough to my subject.

In this second essay, I did get closer and I thought the results were good. I feel I am now ready to study the colours and the way I will paint these portraits to render properly the ambiances I have imagined. I started a study painting.

The rest of the week, I drew the under painting. I finished this drawing this morning. Now I have to fix it and paint it in a uniform color, as an imprimatur, and then I will be ready to start painting. With will be next week.

Portrait drawing

I fought with this drawing, at first not understanding why I hated it.
I fought with this drawing, at first not understanding why I hated it.
I realized I needed to get closer to my subject
I realized I needed to get closer to my subject
The drawing is still in progress, but I know I am heading where I want to!
The drawing is still in progress, but I know I am heading where I want to!

(La version française suit)
I started my portrait drawing this Monday morning. The first essay did not go well at all. I fought with the drawing for quite a few hours, trying to change the background, the dress, the face, until Tuesday night, I gave up. At first I did not understand what was wrong with it, what I didn’t like. But I knew this was not how I wanted the drawings and future paintings to look like. I was really getting annoyed.

After pondering, I realized that my mistake was the “zooming”. I was too far from my subject, I needed to get closer, to find that proximity, where you know that she is looking at you, and only you.

So Wednesday I started another drawing, closer to my subject. I changed the pose too, just because I couldn’t stand spending some more time on that same reference picture. And voilà. I feel so much better now, like I can breath again. I am not yet finished with this drawing, but at least things are going where I want them to go . So I guess that overall, it was a good week!


J’ai commencé mes études portraits ce lundi matin. Le premier essai se passa plutôt mal. Je me suis battue avec ce dessin pendant plusieurs heures, essayant de changer la texture du fond, la robe, le visage, jusqu’à ce que mardi soir j’abandonne. J’en avais assez. Je ne comprenais pas ce qui clochais dans mon dessin, je savais que je ne l’aimais pas du tout, mais pourquoi?

Finalement, après de longues réflexions, j’ai eu un eureka! Le problème était que j’étais trop éloignée de mon sujet, je devais me rapprocher afin de retrouver cette proximité, ce regard où je sais qu’elle me regarde moi et personne d’autre.

Donc mercredi matin, j’ai commencé un nouveau dessin portrait, plus près de mon sujet. J’ai changé la pose aussi, juste parce que je n’en pouvais plus de travailler sur cette même référence. Et alors, voilà. Je me sens beaucoup mieux maintenant. Je n’ai pas encore terminé ce dessin, mais au moins je sais où je m’en vais et c’est dans la bonne direction. J’imagine donc, somme toute, que ce fût une bonne semaine!

In the studio (this week and last week)

Hand study number 2
Hand study number 2
In the studio
Nice to see some work starting to pile up in my studio!
Home was transformed into a photo studio for my portraits of Clara Wieck
Home was transformed into a photo studio
Hand study number 3 in progress
Hand study number 3 in progress
Hand study in progress with larger view
Hand study in progress with a larger view… gives some perspective on the size of the work.

(La version française suit)

Last week was hectic, filled with appointments of all sorts and it was kind of hard to work seriously. I did manage to do another hand study in graphite, charcoal and pastel. My daughter thought I drew the thumb wrong (it’s too pointy she says). But after showing her my reference photo, she saw that I was not misrepresenting the hand. I love the pointy thumb, it is what makes these hands special (a part from the fact that they are a pianist’s hands).

This week was a little better for studio work. My model came on Tuesday, the one who will be my Clara Wieck for my paintings. We dressed her up and fixed her hair Clara like and I took a good roll of pictures. The results are great. I am excited to start some drawing studies with these references to see how it works out. If all is well after the drawings, I shall start some painting studies soon.

Still, I have not finished the hand studies I promised myself to do. So the rest of the week I worked on this pair of hands in graphite and charcoal on paper (not yet finished). Same hand model… see those thumbs? I love it 😉


La semaine dernière fut chaotique. Remplie de rendez-vous de toute sorte, il fut quasi impossible de travailler sérieusement dans l’atelier. J’ai quand même réussi à faire une autre étude de main en graphite, fusain et pastel. Ma fille croyait que j’avais mal dessiné le pouce (il est trop pointu, me dit-elle), mais après que je lui eu montré ma référence photographique elle s’est rendue à l’évidence: je n’ai rien inventé. J’aime bien ce pouce rebelle, il rend cette main différente et spéciale (outre le fait que ce soit une main de pianiste!).

Cette semaine fut un peu plus simple pour le travail d’atelier. J’ai reçu ma modèle mardi, celle qui pose pour la Clara Wieck de mes prochains tableaux. Nous l’avons habillée et coiffée dans le style Clara et j’ai pris plusieurs photographies qui me serviront de références. Les résultats sont excellents. J’ai très hâte de commencer les premiers essais dessins voir ce que ça donne. Et si ces derniers vont bien, je vais commencer les essais en peinture bien vite!

Reste que je n’ai pas terminé toutes les études de mains que je m’étais promise de faire et donc le reste de la semaine j’ai travaillé sur ces deux mains (qui ne sont pas terminées). Toujours le même modèle… voyez ces pouces? J’adore 😉

This week in the studio

Here I am working on my background with black pastel.
Here I am working on my background with black pastel.
Here is a progression of the drawing
Here is a progression of the drawing
A closer look, to see the details
A closer look to see the details

Finished result.
Finished result.

Graphite, charcoal and black pastel on charcoal paper, 18 x 24 inches.

(La version française suit)This week I have been working on hands. My next series of paintings portraits the relationship between a composer and a pianist. I figure hands must have had some importance to them… Obviously, for Clara being a pianist but especially for knowing that Schumann, first promised to a great concert pianist career, decided to become a composer after damaging -for life- his hand from practicing too much the same repetitive movement on the piano.

I decided to ask a concert pianist to be my hand model. I took pictures last week, and I am using these as references for my drawing. This week I have been working on these. I have to say, it is the hardest thing I have done in a while. So many details and lines and shifts in values and tones and… hugh… it was hard. I don’t know if I am happy with the result because there was so much struggling. But I find I learnt a lot this week and hopefully, my next hand drawing should go by a little faster and better. I shall start that later on this morning so I shall see soon about that.

I tried using white pastel for my highlights and thought I liked it at first and so I used it on a good portion of my left hand, but now I guess it was not such a good idea. I can’t really say why I’m not satisfied with it, but I am definitely not going to use it for my next drawing. I guess it’s because it makes it very dusty and thick. And also because it is hard after to come back on it with graphite to add details.

 

Cette semaine j’ai travaillé sur des mains. Comme ma prochaine série de toiles illustre la relation entre un compositeur et une pianiste, je me suis dit que les mains devaient avoir une certaine importance pour eux. Évidemment, puisque Clara est une pianiste, mais surtout sachant que Schumann, tout d’abord promis à une carrière de pianiste, a décidé de devenir compositeur après qu’il ait gravement endommagé sa main pour avoir trop pratiqué le même mouvement répétitif au piano. 

J’ai demandé à un pianiste concertiste d’être mon modèle. J’ai pris des photographies la semaine dernière et j’utilise ces dernières comme références. Cette semaine j’ai donc travaillé sur ses mains. J’avoue que c’est la chose la plus difficile que j’ai fait depuis un bout. Il y a tellement de petits détails, de traits, de changements de tonalités… c’était laborieux. Je ne sais pas si je suis heureuse du résultat, mais je dois dire que j’ai tout de même beaucoup appris et j’espère que mon prochain dessin sera plus facile. Je vais le commencer ce matin, alors je verrai cela bientôt.

J’ai utilisé de la pastel blanche pour les parties lumineuses. Je croyais l’aimer au début, et donc je l’ai utilisé sur une grande partie de la main gauche, mais j’admets maintenant pas que ce ne fut pas une bonne idée. Je ne peux pas vraiment exprimer pourquoi je ne suis pas satisfaite, mais je sais que je ne l’utiliserai pas pour mes prochains dessins. Je présume que c’est parce que ça rend le dessin poussiéreux et “épais” et qu’il est donc difficile, voire impossible, de revenir pour ajouter des détails au graphite.

In the studio today

No, it is not yet finished. I know, it takes forever. I have been working on other projects here and there. But now I have decided to get over this and finish this. By next week…?

Non, elles ne sont pas encore terminées. Je sais, c’est long. Mais j’ai travaillé sur d’autres projets, ici et là. Voilà que j’ai décidé d’en finir avec ces roses. D’ici la semaine prochaine…?

Schumann’s music’s role in my work

(English version follows French)
Le rôle de la musique de Schumann dans mon œuvre.

Toute mon œuvre est liée à la musique de Schumann. Évidemment, le but premier de ma série est d’illustrer les différentes étapes de la relation amoureuse qu’ont vécue le compositeur Robert Schumann et la pianiste Clara Wieck. Mais vu leur lien étroit avec la musique, je ne pouvais ne pas intégrer cette dernière dans ma démarche. J’ai donc décidé que chaque mouvement serait représenté par une composition de Schumann. Ainsi, j’essaie d’inclure des éléments musicaux, provenant des partitions choisies, à mes peintures.

Premier mouvement: Le Prélude
Premier mouvement : Le Prélude

Le premier mouvement, Le Prélude, est lié à Waldszenen (Scènes des bois). Ce mouvement est illustré par la floraison d’une rose, du bouton de la fleur jusqu’à sa mort. Il ne représente pas de périodes particulières du couple, il sert plutôt d’introduction et de résumé au projet. L’éclosion de la rose vient faire le lien avec l’évolution de la vie, l’évolution d’une relation amoureuse.

Continue reading “Schumann’s music’s role in my work”

Piano Sonata No. 3 in F minor, Op. 14

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(La version française suit)

In the summer of 1836, Schumann carried out the greater part of his work on the Piano Sonata in F minor Op 14. This was, as he later confessed, his ‘darkest period’—a time when he was completely separated from Clara.

If some of Clara’s musical ideas had left their mark on the opening movement of the F sharp minor Sonata, the new work placed Clara quite literally centre-stage: the sonata as Schumann originally designed it had five movements, with the slow movement framed by two scherzos. Not only did the slow movement consist of a set of variations on an ‘Andantino de Clara Wieck’, but the five-note descending scale with which her theme began permeated other sections of the work too. (Schumann had identified Clara in his compositions with a five-note descending motif -Maybe because of the five letters in her name, maybe because five is the number symbolizing marital union-)

It was in all likelihood the publisher Tobias Haslinger who persuaded Schumann to drop both scherzos, so that the work could appear under the catchpenny title of ‘Concert sans orchestre’. This wholly inappropriate designation was criticized not only by Liszt in his Gazette musicale review, but also by Ignaz Moscheles, to whom the work was dedicated. Haslinger’s three-movement version appeared in October 1836, but when Schumann revised the work in 1853 he issued it as a ‘Grande Sonate’. He restored one of the scherzos and also renotated the finale. (…) Schumann also retouched the opening movement, making occasional changes to its texture, rhythm and even harmony.

(…)
In issuing the F minor Sonata as a ‘Concert sans orchestre’ Haslinger hoped, as he said, ‘to whet the appetite of a more curious public’. His scheme was unsuccessful: despite the championship of Brahms, who gave the first public performance in 1862, the sonata has remained among Schumann’s least-known piano works. (If the central variations are at all familiar, it is largely because they were a favourite encore piece of Vladimir Horowitz.) That it is a problematic piece is undeniable, but it is among Schumann’s most passionate utterances, and one that deserves a wider audience.
(Source: Misha Donat, Hyperion)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: I. Allegro, Éric Le sage, Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: II. Scherzo: molto comodo, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Quasi variazioni: Andantino de Clara Wieck: Theme, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 1, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 2: in tempo, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 3: Passionato, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 4, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: III. Scherzo: vivacissimo, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: V. Prestissimo possibile, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Schumann passa l’été de 1836 à mener à bien l’essentiel de son travail sur sa Sonate pour piano en fa mineur op. 14. Ce fut, comme il le confessa par la suite, sa «période la plus sombre»—une époque qui le vit totalement séparé de Clara.

Si certaines idées musicales de Clara avaient laissé leur empreinte sur le mouvement initial de la Sonate en fa dièse mineur, cette nouvelle œuvre plaça littéralement la jeune femme au centre de la scène: telle que Schumann la conçut originellement, la sonate comportait cinq mouvements, avec le mouvement lent encadré de deux scherzos. Or, ce mouvement lent est un ensemble de variations sur un «Andantino de Clara Wieck»; plus encore, la gamme descendante de cinq notes qui en débutait le thème imprégna aussi d’autres sections de l’œuvre. (Schumann avait identifié Clara dans ses compositions à un motif de cinq notes descendantes. -Peut-être à cause des cinq lettres qui composent son prénom, peut-être aussi parce que cinq est le chiffre symbolisant l’union amoureuse par le mariage.-)

Selon toutes probabilités, ce fut l’éditeur Tobias Haslinger qui persuada Schumann d’abandonner les deux scherzos de sorte que l’œuvre pût paraître sous le titre accrocheur de «Concert sans orchestre». Cette désignation tout à fait inapte fut critiquée par Liszt dans sa Gazette musicale, mais aussi par Ignaz Moscheles, le dédicataire de l’œuvre. La version à trois mouvements de Haslinger parut en octobre 1836 mais Schumann en publia une version révisée intitulée «Grande Sonate» (1853). Il rétablit l’un des scherzos et refit la finale. (…) Schumann retoucha également le mouvement initial, effectuant d’occasionnels changements de texture, de rythme, voire d’harmonie.

(…)
En éditant la Sonate en fa mineur sous le titre «Concert sans orchestre», Haslinger espérait «aiguiser l’appétit d’un public plus curieux». Mais ce plan échoua et la sonate resta une des œuvres pour piano les moins connues de Schumann, malgré la défense de Brahms, qui en donna la première audition publique en 1862. (Si les variations centrales sont un tant soit peu familières, elles le doivent en grande partie à Vladimir Horowitz, qui en avait fait un de ses bis favoris.) Cette piece est indéniablement problématique, mais elle compte parmi les déclarations les plus passionnées de Schumann et mérite un auditoire plus large.
(Source: Misha Donat, Hyperion)

Träumerei

 (Étude d’après William Adolphe Bouguereau)

“L’amour seul peut me rendre heureuse. Je ne vis que pour toi. Je veux tout te donner. (…) Sois heureux.  Il n’y a pas une minute où tu n’occupes ma pensée.” (Clara Wieck dans une lettre à Robert Schumann, 11 octobre 1837)

“Ah! Les mots me manquent pour m’exprimer – ce que je ressens est si profond, si puissant. Comment te le faire comprendre! Mais une voix intérieure doit te le dire… Il faut que je me fasse violence pour me séparer de toi – nous sommes si indissolublement liés l’un à l’autre, je ne romprai jamais ce lien.” (Clara Wieck dans une lettre à Robert Schumann, 3 novembre 1837)

Longing

Étude pour la prochaine série (D’après Emmanuel Benner)

Le dessin s’appelle Longing. Je ne trouvais pas de traduction française juste pour le terme. Des amis m’ont proposé des choses. Le plus récurent, ou le plus juste devrais-je dire (parce qu’il y avait cette notion de désir inassouvi) est: Languir. Mais le mot ne reflète peut-être pas vraiment la délicatesse de ce moment dans le dessin. Quelqu’un m’a cité la première strophe d’un poème de Verlaine, Chanson d’automne.

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

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Quote

“Tu aurais pu d’ailleurs t’exprimer d’une manière un peu plus romantique.
Chaque mot que je t’écris en réponse à ta lettre m’est pénible. C’est ton père qui t’a tenu la main pour écrire.
Tes quelques lignes m’ont meurtri.
Et comme tu tiens peu à cette bague! Depuis hier, je n’aime plus du tout la tienne et je ne la porte plus.
Je rêvais que je me promenais auprès d’une eau profonde et l’idée m’a traversé l’esprit d’y jeter la bague et de m’y précipiter ensuite.
Demain j’écrirai davantage – mon sang bouillonne – j’ai la tête en feu – le chagrin fait que mes yeux voient trouble!”

(Robert Schumann à Clara, 30 novembre 1837)

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The Schumann+Wieck Symphony

(La version française suit la vidéo ci-dessous)

Marie-Hélène Sirois’ Schumann and Wieck’s Symphony, which allies painting and music, is a celebration of Robert Schumann and Clara Wieck’s life and works and is an illustration of art’s richness and interactivity.

Notorious German composer, Robert Schumann and his wife, virtuoso pianist Clara Wieck, lived a complex and passionate love affair in spite of Clara’s father firm opposition to their union and of Schumann’s later illness. Their relationship is the foundation for four series of paintings through which are represented, as a symphony in four movements,  the transformation of the couple’s feelings through the important events that shaped their relationship.

Schumann’s music holds a crucial place in the project. Each visual movement is associated with and inspired by one of his musical scores.

The First Movement, called Le Prélude, was introduced in November 2014. It was joined to Schumann’s Opus 82, Waldszenen (Forest Scenes).

Marie-Hélène Sirois is now working on the Second Movement, Concert sans orchestre, linked to the Piano Sonata n°3, Op. 14, where she examines the obstacles that amplify desire, the complementarity of artists sharing the same passions and the way imagination transforms and idealizes the other when lovers are parted.


La Symphonie Schumann + Wieck de Marie-Hélène Sirois, qui allie peinture et musique, se veut à la fois une célébration de la vie et de l’œuvre de Robert Schumann et de Clara Wieck ainsi qu’une démonstration de la richesse des arts et de leur interaction.

Le célèbre compositeur allemand Robert Schumann et son épouse, la pianiste virtuose Clara Wieck, ont, en effet, connu une relation amoureuse complexe et passionnée en dépit de l’opposition du père de Clara à leur union et de la maladie qui les a frappés au cours de leur vie. Leur relation sert de fondement à quatre séries de toiles à travers lesquelles sont représentées, à la façon d’une symphonie en quatre mouvements, les différentes étapes de leur histoire d’amour.

 La musique de Schumann occupe une place prépondérante dans ce projet. Chacun des quatre mouvements visuels est associé à une de ses partitions et s’en inspire.

Le premier mouvement de cette série, Le Prélude, a été présenté en novembre 2014. Il était associé à l’Opus 82, Waldszenen (Scènes des bois).

Marie-Hélène Sirois travaille maintenant sur son deuxième mouvement, Concert sans orchestre, lié à la Sonate n°3, Opus 14. Elle se penche sur les entraves qui amplifient le désir, la complémentarité d’artistes partageant les mêmes passions ainsi que la façon dont l’imagination transforme et idéalise l’Autre lorsque deux amoureux sont séparés.