Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles

 

(English follows French in this post)

J’ai passé les deux dernières semaines à essayer de trouver des solutions à mes problèmes de peinture. Je crois avoir déterminé l’erreur que j’aurais commise. En effet, je pense qu’à certains moments, j’ai ajouté du siccatif de cobalt dans mes mélanges de temperas, ce qui aurait eu pour effet de rendre ma peinture semblable à de l’émail, et donc, quand j’arrive pour mettre de l’huile sur cette peinture séchée, elle perle en partie et ne colle pas partout. Le problème est que j’ai usé de ce siccatif au gré de mes humeurs et qu’ainsi ce ne sont pas tous mes tableaux, ni même toutes les sections du même tableau, qui sont touchés par ce problème. C’est une petite surprise heureuse depuis quand je travaille, ne sachant pas d’avance si je vais peindre sur une partie adhérente ou pas. Pour les parties émaillées, je prends de l’huile que je frotte énergiquement en pesant fort sur le pinceau dans l’espoir que ça colle un peu, puis j’attends que ça sèche et je reviens ensuite pour peindre. Ça fonctionne, mais il ne faut pas que je frotte trop trop fort. Enfin. au final je mettrai un bon verni sur mes tableaux dans la confiance que tout se scelle et colle comme il faut. Comme le disait Voltaire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

La sélection photo ci-haute montre une partie de mon travail des dernières semaines. J’ai appliqué une couche de bleu sur tous mes vestons et j’ai commencé à appliquer de la couleur sur les cheveux. Les couleurs sont encore beaucoup plus pâles que se qu’elles auront l’air au final.


All’s for the best, in the best of all possible worlds.

I spent the past 2 weeks trying to find a solution to my paint problems. I think I have identified the mistake I probably made. I might have sometimes added to many Cobalt siccative drops in my tempera, which would have transformed my paint in some kind of enamel, which means that when I try to put oil on top of this paint, it does not bind properly. The problem is that I have added these drops following my moods, hence not every panel, not even all sections of the same panel, are affected by this. It is a little happy surprise for now on when I work, as I never know if I will be painting a section where it sticks or not. For the sections that don’t bind, I use oily medium which I apply energetically, putting weight on my brush, anticipating it will stick. Then I wait for it to dry and I come back to paint. It works, as long as I don’t press too hard on my brush. I will put a good thick varnish in the end, hoping it will seal everything properly.  As Voltaire would say, all’s for the best, in all possible worlds.

The picture selection up here shows a part of the work I did these past weeks. All jackets have now a second coat of blue paint, and I started to apply some brown to the hair. The colors are a pale version of what they will be in the end.

 

 

Writing the texts to my next vernissage-concert

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(English follows French in this text)
Je suis toujours à peindre cette deuxième couche de peinture blanche sur mes portraits. Mais je dois avouer que je n’ai pas touché à un pinceau depuis environ un mois. Pas parce que je ne travaille pas. En fait, je suis en train de faire de la recherche, de collecter de l’information et d’écrire mes textes pour mon prochain vernissage. Le spectacle sera en vérité un concert de piano. Mes toiles serviront de décor de scène. Je veux expliquer les tableaux, préciser quelle étape de la vie de Schumann et de Clara est représentée, mettre les œuvres musicales en contexte et montrer les associations entre tout cela. Je n’avais pas imaginé que ça pourrait être si long et laborieux d’écrire ces textes.

Finalement, le spectacle durera deux heures. Une heure de piano et une heure d’explications. Je ne suis pas seule sur scène, je serai accompagnée d’un pianiste concertiste, Tristan Longval-Gagné. Les pièces choisies demandent une véritable et authentique virtuosité et c’est carrément impossible que je ne sois jamais capable de les interpréter. Je vais jouer aussi, mais les mouvements les plus faciles. Enfin.

Je comprends maintenant que d’écrire un texte d’une heure n’est pas tâche simple, mais je sens que la réalisation de ce projet arrive à terme et je trouve ceci bien excitant. Honnêtement, j’espère seulement trouver une belle salle pour faire ce concert. Je suis -aussi- en train de chercher des endroits pour produire ce récital/vernissage et je ne sais pas trop comment présenter mon projet… difficile à expliquer, difficile à vendre… Je souhaite véridiquement trouver un lieu charmant.


I am still working on that second white paint coating, yet I have to say I have not been painting for about a month now. Not that I am not working. I am actually spending this time researching, gathering information and writing the texts for my next show. The exhibition will be in truth a piano concert. My paintings will stand as the stage background, the scenery. I want to put the paintings in context, define what period of Schumann and Clara’s life I am portraying, explain the piano pieces that we will be playing and lay out the associations between it all. I did not imagine it would be so long and challenging to write the texts.

Finally, this will be a two hour show, counting about one hour of piano playing, and one hour of talking. I am not alone on this show, I will be accompanied by a real concert pianist, Tristan Longval-Gagné, as there is no way I could ever be able to play the selected piano pieces. They require true, authentic virtuosity. I will play too, but the easier movements.

Anyhow, I now realize that writing for an hour of talking is somewhat of an arduous task… but I feel that the realization of this movement is nearer, which is quite exciting. Honestly, I am just hoping I will be able to find a nice place to do this concert. I am -also- in the instances of finding a location to produce this recital/vernissage and I am not sure how to present my project… it feels hard to explain and hard to sell… I just really wish I can find a great spot.

Starting the second coats of white paint

IMG_1498(La version française suit le vidéo)

I finished all my blue backgrounds a couple of weeks ago and I started last week applying the second white paint coat to the portraits. I finished that step for my Schumann #3 and started today on my Clara #2. Here is a time-lapse movie of this process for my Schumann #3. When I will be finished with this step for all the portraits, I will give a third coat of white paint, very thin though, and after that will I start using the colors. You can see in this time lapse that I do use a little bit of color already, it is that I put a tiny bit in my medium to tint the white paint. The effect wanted is to “announce” faintly the color that will be used in the end.

J’ai terminé tous mes fonds bleus il y a environ deux semaines. J’ai commencé la semaine dernière la deuxième couche de peinture blanche pour mes portraits. J’ai terminé mon Schumann #3 pour cette étape et j’ai commencé aujourd’hui à travailler sur ma Clara #4. Voici un film Time-Lapse où l’on peut voir la réalisation de cette étape sur le Schumann #3. Quand j’aurai terminé cette deuxième couche pour tous les portraits, je donnerai une troisième couche de blanc, plus légère par contre, sur tous et ensuite je commencerai à utiliser la couleur. Vous pouvez voir dans ce vidéo que j’utilise un peu de couleur, couleur que je mets en fait dans mon médium avant l’application du blanc, ce qui a pour effet de teinter le blanc pour “annoncer” la couleur qui sera appliquée au final.

The Tortured Artist or How music made it’s way into my work.

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(The English version follows French in this post)

Mon sujet d’étude traite d’un compositeur de musique classique et de son épouse, pianiste-virtuose. Mon schème de départ était seulement d’illustrer en toiles les différentes étapes de leur relation, mais la musique, au début accessoire, s’est petit à petit imposée comme l’élément central de mon travail ; si à l’ébauche mon idée était d’exposer des tableaux avec les compositions de Schumann qui jouent en musique de fond, mon concept maintenant est plutôt d’organiser des concerts avec mes peintures en décor de scène. Je vais expliquer ici comment la musique s’est introduite dans mon premier mouvement et j’aborderai comment elle s’est emparée de son premier rôle dans un autre texte.

J’ai entamé ce projet un dimanche matin, après avoir lu un long article dans le Devoir sur le bicentenaire de Robert Schumann. Je ne connaissais même pas le compositeur, encore moins son épouse pianiste. Je ne sais pas pourquoi j’ai accroché à cette histoire (c’est vrai que le texte décrivait le couple de façon poétique), mais j’ai tout de suite su que j’allais travailler sur eux. Instantanément en fait. J’ai même vu les toiles du premier mouvement dans ma tête. Bon peut-être pas de façon ultra élaborée, mais je savais que ça serait des roses et que ça serait gros. J’ai commencé à lire à propos de leur vie, leur histoire. Puis, pour lier la peinture à la musique, comme c’était leur domaine, j’ai eu l’idée de créer quatre séries de toiles, comme les quatre mouvements d’une symphonie, et que chacune représenterait une période spécifique de la relation ou de leur vie. J’ai acheté un CD de Schumann comptant cent œuvres choisies que j’écoutais quotidiennement dans mon atelier. Je voulais sélectionner les plus belles pièces pour les utiliser en musique de fond lors de mes expositions. Lentement, mon oreille s’est faite à cette musique, que j’avoue avoir trouvée un peu étrange au début. Puis, comme la majorité de ses œuvres sont écrites pour piano, cette écoute quotidienne m’a donné le goût de recommencer à jouer.

J’avais déjà joué enfant, mais j’avais cessé vers l’âge de 15 ans. J’ai donc acheté la partition de Scènes des bois, un recueil de neuf courtes pièces, dans l’idée d’apprendre la troisième. C’était celle qui semblait la plus facile de ce cycle que j’aimais bien. La tâche se trouva plus complexe que je ne l’avais imaginé au départ ; voilà 20 ans que je n’avais pas lu une partition et j’ai vite constaté que je n’avais probablement jamais appris à en lire une pour vrai. Vous comprendrez que l’exercice fut ardu. Pour me motiver à continuer à pratiquer, j’ai eu l’idée soudaine de jouer cette pièce à mon vernissage, en vrai, plutôt que de  mettre un CD. La composition douce, romantique et un peu nostalgique se mariait bien avec mes roses et c’était une façon agréable d’introduire la musique de Schumann à mon public.

Puis, l’idée fit son chemin, à force d’écouter et d’étudier le cycle de Scènes des bois, j’en ai conclu que le feuillet au complet était intéressant. Il parlait d’une promenade en forêt et présentait différentes scènes aux émotions contrastantes. J’y ai fait le lien avec la vie, qui n’est quoi finalement sinon qu’une somme de scènes aux émotions contrastantes ? En peinture, j’avais l’idée de peindre l’évolution d’une rose, du bouton à sa mort, pour faire le lien entre le cycle de la vie ou d’une relation amoureuse, pour en exposer la délicatesse, la valeur et l’aspect éphémère. Et alors, la filiation entre Scènes des bois et ma rose ne pouvait être plus parfaite ; elle constituait une excellente illustration du romantisme, dont Schumann était le compositeur chéri, ne serait-ce que par l’utilisation de deux thèmes incontournables à cette période, soit la forêt et la rose.  C’est de là que m’est venue l’idée de joindre chacun de mes mouvements de peinture à une composition spécifique et d’introduire d’une certaine façon des éléments de ces compositions à mes toiles ( soit par l’usage de métaphore, par association émotive, ou par la traduction visuelle d’éléments rythmiques, harmoniques). Mais pour le moment, le problème considérable avec mon premier mouvement de peinture et Scènes des bois était que les autres pièces musicales du feuillet semblaient beaucoup trop complexes pour mes capacités. Comment allais-je réussir à jouer ça ?

J’ai vite compris que je ne parviendrais jamais à apprendre Scènes des bois seule ; je ne déchiffrais pratiquement rien de la partition. J’ai décidé de m’inscrire à des cours de piano, un an avant mon vernissage. On m’a jumelée à un professeur qui n’aurait pu être plus parfait pour moi. Une rencontre déterminante dans ma vie, qui aura une incidence primordiale sur ma réflexion créative. Tristan, pianiste virtuose et concertiste, a tout de suite compris ce que j’avais en tête et ce à quoi j’aspirais, pas seulement au niveau de ma pratique de l’instrument, mais aussi par rapport à mon étude générale du sujet. S’il a pensé que c’était une tâche impossible pour moi d’apprendre cette partition, il ne l’a jamais laissé voir. Certaines pièces étaient carrément complexes et difficiles pour mon niveau et j’avoue avoir souvent cru que je n’y arriverais jamais. Sincèrement, j’avais beaucoup oublié et mon éducation musicale était maintenant plutôt nulle. On a dû recommencer presque à zéro.

Comme mon idée était justement d’associer les éléments musicaux au visuel, je voulais aussi posséder une compréhension plus profonde du sujet. J’ai refait les cours de théorie musicale, j’ai étudié le rythme, l’harmonie, la formation des accords, comment analyser des pièces musicales,etc. J’ai trouvé sur internet deux cours universitaires sur l’histoire et l’analyse musicale. Plus j’en apprenais, plus je découvrais un univers parallèle fascinant (je me sentais un peu comme Alice qui entre au pays des merveilles), mais plus je démasquais également l’immensité de mon ignorance. Les courants musicaux, les compositeurs, leurs oeuvres majeures, leurs aspirations artistiques, il y avait tant à découvrir et apprendre ! Je ne savais plus où mettre la tête ni par quoi commencer. J’ai demandé à Tristan, presque devenu mon gourou, de me suggérer des écoutes musicales chaque semaine afin d’élargir mon répertoire de connaissances et faire mon oreille à ce nouvel univers de sonorités. J’écoutais ses propositions pendant la semaine en atelier, puis on en discutait le cours suivant. Entre ma peinture et la musique, j’avais un programme chargé. Je devais pratiquer le piano quotidiennement de façon assidue si je voulais réussir à jouer Scènes des bois à mon vernissage. Le temps était compté.

Je ne sais trop par quel miracle (ben en fait il n’y a pas trop de miracle, j’ai juste pratiqué beaucoup), mais j’ai appris à jouer les neuf pièces. J’ai décidé d’en garder seulement six pour mon vernissage. Les trois que j’ai enlevées nécessitaient précision et vitesse, ce que je me savais incapable de réussir sous l’impact du stress. Parce que même sans stress, ce n’était pas tellement réussi. Il y a une différence entre jouer et interpréter. Plus on écoute ce type de musique et plus on en vient à connaître les pianistes et musiciens, plus on comprend qu’il y a des variations majeures dans les façons d’exécuter une pièce. Ces différences peuvent complètement changer l’émotion, l’ambiance ou la couleur d’un morceau. De toute façon, pour moi, peu importe la pièce, à cette étape-là, c’était un miracle juste de réussir à les jouer.

Et vraiment, je ne me rappelle même plus de le faire à mon vernissage tellement j’étais nerveuse. Je pensais mourir. Je ne cessais de me répéter que c’était sans doute l’idée la plus stupide que je n’avais jamais eue de ma vie. Pourquoi m’imposer ce stress-là ? Pas juste celui d’apprendre les pièces, mais surtout celui de les jouer devant un public. Quoi, peindre ce n’était pas assez? Les concepts sont toujours beaux, simples et faciles dans ma tête, mais quand arrive la réalité, c’est autre chose. Voyez-vous, je souffre du stress de performance. Je suis complètement paralysée et terrorisée à l’idée de jouer du piano devant quelqu’un. N’importe qui. Ça fait quatre ans maintenant que je prends des cours et j’ai encore beaucoup de gêne à jouer devant Tristan. Je tremble, je respire difficilement, mon cerveau se vide au point où on entend les mouches voler dans ma tête. On pourrait me demander mon nom dans ces instants-là que je ne saurais même pas quoi répondre. Ainsi, l’idée de me produire devant un public était absolument idiote, imbécile et absurde.

Mais j’ai joué. Un miracle. Je ne me souviens de rien. Par contre, je me rappelle très bien vomir pendant trois jours après mon exposition et dormir pendant un mois tellement l’expérience m’avait épuisée physiquement et mentalement. Je me suis juré de ne plus jamais recommencer. JA-MAIS. Et c’est pour ça que mon prochain vernissage n’est pas un vernissage, mais littéralement un concert, sur scène. Une vraie scène et des sièges pour un public assis. Un vrai public. Et oui, c’est moi qui devrait être au piano, sur la scène, sous les projecteurs. Juste d’y penser, j’ai déjà envie de vomir et de pleurer.  Est-ce que c’est ça pourrait être ça un « artiste torturé » ?

*Cet article s’inscrit dans le cadre d’une série décrivant mon processus créatif.
Le premier article de la série: Intermezzo about my art process


I work on a classical music composer and his virtuoso pianist wife. My starting plan was to illustrate in painting the different stages of their relationship or life. Music was at first accessory, but soon it became the central element in my oeuvre. If my idea was originally to exhibit my paintings and have Schumann’s music playing in the background, my concept is now to organize piano concerts with my paintings as stage decor. I will explain in this text how music introduced itself into my first movement and I will discuss in another post how it became the central point of my work.

I started this project on a Sunday morning after reading in the newspaper a long article concerning Robert Schumann’s bicentenary. I did not know this Romantic composer, even less his wife. I can’t say what made me cling to their story (the article did describe the couple in a very poetic way) but I knew right away that I would work on them. Instantly. I actually saw the First Movement’s paintings in my head, well maybe not in a very elaborate manner, but I knew that I would paint roses and that it would be big. I started educating myself, reading about their life, their story. To link my art to music, their art, I decided to create four series of paintings as the four movements of a symphony. Each movement would represent a specific period of their relationship or existence. I bought a Schumann CD, a collection of his 100 best-known compositions, and listened to it every day in my studio. I wanted to select my favorite pieces and use them as background music during my vernissage. My ear began to get accustomed to these melodies. Since the majority of Schumann’s works are written for piano, this daily listening encouraged me to start playing the instrument again. I had played as a child but had stopped at around 15 years’ old. I bought the Forest Scenes score, a booklet of nine small pieces, wanting to learn the third song. It was the easiest one of this cycle, and I liked it a lot.

The task proved to be much harder than I previously imagined. It had been twenty years since I had looked at a music score and I realized I probably never truly learned how to read one at all. The exercise was brutal. To motivate myself and keep on practicing, I had the sudden idea of playing this little piece at my vernissage, instead of putting a CD on. The song was delicate, romantic and fairly nostalgic. I thought if affiliated well with my roses and that it would be a nice way to introduce my public to Schumann’s music. Consequently it made me realized the whole Forest Scenes booklet was captivating. It talked about a walk in the woods and presented different contrasting scenes in color and emotion. What is life if not a set of contrasting emotional scenes? I was painting the maturing of a rose, from the bud to its death, to illustrate Schumann and Clara’s life cycle, its fragility, it’s worth and ephemeral aspect. Linking Forest Scenes with my rose couldn’t have been more perfect. It was Romanticism’s perfect expression with two of its most famous themes, the forest and the rose. I decided then that each one of my visual movements would be associated with a specific Schumann score and that I would somehow introduce aspects of the compositions to my paintings (with the usage of metaphors, emotions, or by visually translating rhythmical or harmonic elements). For the moment though, my major problem with Forest Scenes was that playing the whole booklet was acutely too complex for my capacities. Could I really concretize this?

I quickly understood that if I wanted to succeed I needed to get help. I couldn’t decipher half of the score. I decided to take piano lessons one year before my show. I was paired with a teacher that couldn’t be more ideal for me. It was a capital meeting in my life with a predominant influence on my creative thinking. Tristan, a virtuoso concert pianist, immediately understood my aspirations and my ideas, on every level. If he ever thought it was impossible for me to learn the whole Forest Scene‘s booklet, he not once let me see it. Some of the pieces were complex and challenging for my level and I admit I often thought I’d never make it. Honestly, I had forgotten a lot from my childhood and my musical knowledge was close to null. We practically had to start from zero. Since my plan was to link musical and visual elements, I also needed an appreciable understanding of the subject. We did musical theory, I studied rhythm, harmony, chords formation, how to analyze scores, etc. I found on the internet two university classes on musical history and analysis. The more I would learn, the more I discovered a beautiful parallel universe (I felt like Alice entering Wonderland), but the more I was exposing the magnitude of my ignorance. Musical eras, composers, their major works, their artistic aspirations, their influences, there was so much to discover and learn! I didn’t know where to look and where to start. I asked Tristan, who was by now nearly my guru, to recommend titles I should listen to so I could deepen my knowledge. I would listen to his suggestions during the week in my studio, and we would discuss it on the upcoming class. Between painting and music, my agenda was plentiful; I still had to practice my piano daily and seriously if I wanted to be able to play Forest Scenes at my opening. The clock was ticking.

I don’t know how I managed to do it (well I did practice like hell), but I did learn to play the whole cycle. I decided to keep only six pieces of the nine for my vernissage. The three songs I discarded required precision and speed, which I knew I would not be able to manage under pressure. Because even without the stress factor, it was not such a success. There is a difference between playing and interpreting. The more one listens to this kind of music and gets to know the pianists and musicians, the more one understands how there can be major divergences in the ways of performing a piece. These differences can completely change the mood, emotion or color of a song. Anyways, for me, whatever the piece, at this stage it was a miracle just to succeed in playing them.

And honestly, I don’t even remember doing it. I was so nervous, I thought I was going to die. I couldn’t stop repeating to myself this had to be the worst idea I had had in my entire life. Why would I impose myself such stress? Not just the pressure of learning the songs, but mostly the pressure of playing them in front of an audience. Wasn’t painting enough? Concepts always feel nice and easy in my head, but when they hit reality it’s something else. You see, I suffer from performance stress. Which means I am completely and utterly paralyzed, no, terrorized at the idea of playing in front of someone. Anyone. I have been taking classes with Tristan for four years now, and I still have difficulty playing in front of him. I shake, I can’t breathe properly, my head turns into emptiness, so empty you can hear the flies in there. One could ask me my name that I would not know what to answer. Hence the idea of performing in front of a crowd was idiotic, absurd and foolish.

But I did it. A true miracle. I don’t remember anything. I do remember vomiting for three days after and sleeping for a whole month because I was so drained, physically and mentally, from the experience. I swore I would never do this again. NE-VER. And that is why, my next show is not a painting exhibit but literally a concert, on a stage. A real stage with seats for an audience. A real audience. And I should be on stage, under the projectors, sitting at the piano. Just to think of it, I feel like puking and crying. Is that what they mean when they talk about “tortured artists”?

*This article is the second of a series about my art process.
The first article of the series: Intermezzo about my art process

About time

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The 5 claras
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Clara #1
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All the finished imprimaturs
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And then I started to paint

 

(English follows French in this post)

Voilà que j’ai maintenant commencé à peindre cette série de toile. J’ai finalement terminé la Clara #1 la semaine dernière. J’ai également donné une couche de terre de sienne sur tous les dessins pour faire l’imprimatura. Et alors que j’étais à peindre ma première Clara, je me suis reculée pour avoir une vue d’ensemble, et, du coup, j’ai réalisé que ça allait être drôlement long tout ça!


I started to paint this series of paintings. I finally finished that Clara #1 last week. I also covered all the drawings with terre de sienne to make the imprimatura. And as I was painting my first Clara, I stepped back to have a better view of the ensemble, and I realized then that it will be a long time before I finish!

Slowly but Surely 


Voilà. Juste pour dire que les choses avancent bien. J’en suis toujours aux dessins. J’ai terminé quatre panneaux sur 10. Je commence le cinquième demain matin. Je publie plus régulièrement des photos de ma progression sur Instagram, plus souvent qu’ici en fait, comme je n’ai pas nécessairement grand chose à dire, sinon que tout va bien!

Just to say that things are progressing well. I am still drawing. I have finished 4 panels of 10. I will start the fifth panel tomorrow morning. I publish pictures of my progress more often on Instagram, more often then here that is, since I don’t have much to say except that everything is under control!

10 white panels

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This week, while I was adding some more glaze layers to my Clara, I cleaned thoroughly my studio. I made place for the ten panels that are going to take place on my walls for the next two years.I am very happy. Next Monday is the day I start working on this series. Did I say I was happy about it? No? Gosh, I’m so excited!

Cette semaine, alors que j’ajoutais d’autres couches de glacis à ma Clara, j’ai nettoyé en profondeur mon atelier afin de faire place aux dix panneaux de bois qui orneront les murs de mon atelier pour les prochains deux ans. Je suis très contente. Lundi prochain je commence enfin cette série! Est-ce que j’ai dit que j’étais contente? Non? Mon dieu, je suis si énervée!

The end is near

It is the end of all my tests, tryouts and studies. This is my Clara right now. I am not finished, I still need to apply some glazes, yet I am satisfied with the results, I know how to do what’s left to do and so I can now say that I feel confident to finally start my real series of paintings. Hence, I have been preparing my wood panels for the past couple of months (10 panels in all). Three coats of glue each, sanding between coats, and three coats gesso, obviously sanding between coats again. There is one coat of gesso left to apply on only three panels and I am good to go!

La fin de toutes mes études et tous mes tests de peinture  est finalement arrivée.  Voici où j’en suis rendue avec ma Clara. Elle n’est pas terminée, je dois encore appliquer des glacis, mais je suis satisfaite des résultats, je sais comment exécuter ce qui me reste à faire et je me sens donc maintenant assez confiante pour entamer ma vraie série de toiles. Ainsi, je prépare mes panneaux de bois depuis quelques mois déjà. Trois couches de colle, en sablant entre les couches, et trois couches de gesso sablées. Ne me reste que la dernière couche de gesso à appliquer sur trois panneaux et l’affaire est dans le sac!

A finished Schumann

Here are some pictures of my last Schumann test painting. Finally finished after many coats of glazes. The results are satisfying to me. It is going equally well with my Clara test painting. I should post some pictures of this one next week.

Voici quelques photos de mon dernier essai de Schumann. Finalement terminé, après plusieurs couches de glacis. Les résultats me sont satisfaisants. Les choses se déroulent bien aussi pour mon dernier essai de Clara. Je devrais en mettre des photos ici au courant de la semaine prochaine.

Hopefully the last test painting

img_7576img_7575(Le français suit l’anglais)
I started a couple of weeks ago a test painting with Clara. Things were going well with my Schumann. It made me see things differently and I want to test out some of these findings on Clara before I start the whole series, for real. This should be my last test painting. I feel like I keep saying that, but this time hopefully it is true… because I estimate that it will take me 20 months to paint the real series and so I kinda want to get started soon if I don’t want to spend my lifetime on this movement. Really. Up here is a picture of the drawing / underpainting. I am further than that, but I am not ready to share the progress of this painting and so I will wait until it is more finished to post pictures of it here.

J’ai commecé il y a quelques semaines un essai de peinture avec ma Clara. Les choses se passaient bien pour mon Schumann. J’ai découvert en le travaillant des aspects que je voulais explorer sur Clara avant d’entamer ma vraie série. Ceci devrait être mon dernier essai. J’ai le sentiment de toujours dire que ce sera mon dernier essai, mais cette fois-ci, j’espère sincèrement que ce sera vrai… j’estime que ça me prendra 20 mois pour peindre ma vraie série de toiles et donc il faudrait bien que je commence vite si je ne veux pas passer toute une vie sur ce mouvement. Sérieusement. Ci-haut, j’ai mis une photo du dessin sur ma toile. Je suis beaucoup plus avancée que ça, mais je ne suis pas prête à partager ici mes progrès, je préfère attendre que le tableau soit plus avancé. C’est donc à suivre.

Books that influenced my art making

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I had the idea of creating this Schumann and Wieck huge project after reading 2 things. First, there was an article published in the newspaper in 2010 about Schumann’s bicentenary celebrations that were to be held in the Quebec Province. I did not know much about Schumann. To be honest, I could have not told you the difference between Schumann and Schubert (funny how things changed and now I don’t understand how I could have mistaken the two!). I definitely knew nothing about Clara and I was quite surprised to learn that back then she was quite the star in the couple (I remember thinking History forgets fast about women’s achievements). The article was so well written, I remember getting “emotional” as I was reading it. (Here is the link to the article, if you are interested, but it’s in french)
At the same time, I was reading neuroscientist Semir Zeki’s amazing book: The Splendors and Miseries of the Brain: Love, Creativity and the Quest for Human Happiness. I am not sure how to explain this book, I would say it is about the role of art, love and creativity for the human brain. Anyhow, it had quite an influence on me, and I decided right then to paint about Schumann and Clara’s love and I decided that it would be big. I mean huge. It had to be. Six years later I am even more satisfied with my decision and more and more intrigued and interested about Neuroesthetics. Schumann is definitely a good study subject as he is from the romantic era, where emotions and imagination where primary purposes in art, and the Sublime was an ideal to attain. I am not sure what I am looking for yet, studying this field and reading so much about Schumann and classical music, Romanticism, the Sublime and Neuroesthetics, but it is slowly starting to make sense to me. In another great book, David Deutsch’s The Beginning of Infinity, I read that art, in it’s way of searching for Beauty might be in a way searching for Universal Truths.  Maybe that is what I am looking for.

Anyhow, all this to tell you that I am reading right now an amazing book (yes, another one!)  by Eric Kandel: The Age of Insight: The Quest to Understand the Unconscious in Art, Mind, and Brain, from Vienna 1900 to the Present. Eric Kandel is also a neuroscientist interested in understanding how art and creativity relate to the brain. I am not yet finished with this one, but I am so enthusiastic and interested in it, that I just had to share. Maybe some of you find these topics captivating too…? Surely if you are interested in art, the brain and the emotions, this is a book to read!


J’ai eu l’idée de créer ma série sur Schumann après avoir lu 2 choses. Tout d’abord, un article avait été publié dans Le Devoir en 2010 à propos des célébrations au Québec organisées pour le bicentenaire de Schumann. Je ne connaissais pas grand chose sur Schumann. À dire vrai, je ne faisais même pas la différence entre lui et Schubert (c’est drôle comme les choses changent vite, aujourd’hui je ne comprends même pas comment je pouvais les mélanger). Je ne savais définitivement rien à propos de Clara, j’avais été très surprise d’apprendre que c’était elle la vedette du couple (je me rappelle penser que l’Histoire oublie vite les exploits féminins). L’article était si bien écrit, j’avais définitivement été touchée en le lisant. Vous pouvez juger pour vous même et lire l’article ici.

Au même moment, je lisais le livre du neuro-scientifique Semir Zeki, The Splendors and Miseries of the Brain: Love, Creativity and the Quest for Human Happiness. Je ne sais pas vraiment comment expliquer ce livre, je dirais que c’est à propos du rôle de l’art et de la créativité pour le cerveau humain. Enfin, disons que le livre a eu une grande influence sur moi et que j’ai décidé sur le champ que j’allais peindre à propos de la relation amoureuse de Schumann et Clara et que ça serait gros. Énorme. Il le fallait. Six ans plus tard, je suis encore plus satisfaite de cette décision et toujours plus intéressée et intriguée à propos de la Neuroesthétique. Schumann est définitivement un bon sujet d’étude si ce n’est que parce qu’il est de l’époque romantique, où les émotions et l’imagination étaient des buts principaux en art et où le Sublime était un idéal à atteindre. Je ne sais pas encore ce que je recherche exactement, à étudier et lire tant d’ouvrages à propos de Schumann, la musique classique, la période romantique, le Sublime et la Neuroesthétique, mais les choses commencent petit à petit à se mettre en place. Justement, dans un autre excellent livre, celui de David Deutsch, The Beginning of Infinity, j’ai lu que l’art, dans sa quête de l’idéal de beauté recherche d’une certaine façon la Vérité universelle. Peut-être suis-je à la recherche de ça?

Enfin, tout ça pour vous dire que je suis en train de lire un autre livre ultra intéressant celui là de Éric Kandel, The Age of Insight: The Quest to Understand the Unconscious in Art, Mind, and Brain, from Vienna 1900 to the Present. Eric Kandel est aussi un neuro-scientifique  intéressé à comprendre comment l’art et la créativité interagissent au niveau du cerveau. Je n’ai pas encore terminé ce livre, mais j’en suis si enthousiaste que je devais le partager. Qui sais, je ne suis sûrement pas la seule à m’intéresser à ces sujets. Ainsi, si les arts, la créativité et les émotions vous interpellent, c’est définitivement un livre à lire!

In the studio

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A close up of the painting
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A close up with hand
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I still need to darken the jacket

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A work progression of the colouring

Click on title to see more pictures
Cliquer sur le titre pour voir plus de photos

(La version française suit l’anglais)

I have been working on my Schumann for the pas weeks. Layering up the glazes. You can see some of the work progression in the pictures up here. Note that he is not yet finished, I still need to darken his jacket, but I am leaving for a 2 weeks vacation, so I will get back to that on August 29. I am sad to leave my studio, but certain that the sun and fresh air will be good for my brain! See you soon!


J’ai travaillé sur mon Schumann, les dernières semaines, à appliquer de minces couches de glacis. Vous pouvez voir une progression du travail sur les photos ci-hautes. Notez bien qu’il n’est pas encore fini, je dois foncer son veston, mais comme je quitte pour deux semaines de vacances, je le terminerai tout cela dans la semaine du 29 août. Je suis un peu triste de laisser mon studio, mais certaine que le soleil et l’air frais seront bénéfiques à ma fonction cérébrale! À bientôt!

In the studio

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The first test painting (a closer view)
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The first test painting
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The Imprimatur of the second test painting
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The imprimatur with a black background
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The camaïeu
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Now I have started to apply some colours

Click on title to see a work progression in pictures. /// Cliquer sur le titre pour voir une progression du travail en photos.

(La version française suit l’anglais)

I realize I have not posted for some time. I have been working almost full time, even if it is a bit harder in the summer. Not because I would rather be outside, I am extremely happy to be in my studio all the time, but more because everyone’s schedule is different.

Anyhow, in the first pictures up here, you can see the first Schumann test painting. I kept on applying coats of blue glazes for the past weeks. I think it is pretty much where I want it to be now.

I did also work on my second Schumann test painting. All is going well. I have finished the underpainting and have just started to apply the colours and the glazes. You can see a works progression in the pictures up here.


Je vois que je n’ai pas écrit depuis un petit moment. J’ai travaillé presque à temps plein, même si c’est un peu plus difficile pendant l’été. Pas que je préférerais être dehors, je suis toujours très heureuse dans mon atelier, plutôt parce que l’horaire de tout le monde est modifié.

Ainsi, dans les photos ci-hautes, on peut voir mon premier essai de Schumann. J’ai continué à appliquer des couches de glacis bleu pendant les dernières semaines. Je crois que le résultat est bon maintenant.

Aussi, j’ai continué le travail sur mon deuxième essai. Tout va bien. J’ai terminé le camaïeu et je viens de commencer à appliquer de la couleur et des glacis. Vous pouvez voir la progression de mon travail dans les photos ci-hautes.

Starting the second test painting

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Preparing the wood panels and feeling somewhat observed

(Click on title for more pictures)
(La version française suit l’anglais)
You can see a work progression in the pictures here.
I am still working on the Schumann test painting number one, it will take many days before I finish it as I just need to apply one coat of blue glaze every day until I reach the darkness I want to achieve. And that may take some time. But all the rest is pretty much done. I am satisfied with the result. I am very eager to begin my second Schumann test painting to see if everything is in place. Well, I commenced the drawing today.

I feel confident enough now to do my real series of Clara and Schumann. I started preparing the canvases – It is a long process just to arrange the wood panels before I can paint. If my second test is conclusive, maybe I will begin the series then. Since the real paintings are part of a whole, meaning that they will all go together as if they were one big one, I will need to paint them all at the same time. This is a very long and straining process as one feels like it never ends. I start them all simultaneously and work up every step at the same time for each one. That way, I am certain that there is no difference in color, drawing or skills. They will all be on an equal level. This is how I worked for my previous series of 12 roses. It took me two years to paint them. I estimate that it will take me around 20 months to do the portraits.

I am starting to prepare myself mentally for the workload… However I remember how attached I had become to the familiarity of the roses. They were like a good friend that I would meet every day. I was, yes, sometimes tired and feeling as if I would never finish, yet when I was close to finishing, I experienced sadness and nostalgia and did not want to leave them. My test paintings of Schumann and Clara are aligned on my studio wall and I was looking at them this afternoon and felt as if I had companions with me, looking at me work. I can only begin to imagine how accustomed and weird it will feel when I will be surrounded by the 10 life-size Claras and Schumanns every day for 20 months! It makes me even more eager to start painting and getting to know them. It is bizarre how I can grow fond of my personages… I can’t really describe it…


Vous pouvez voir une progression du travail dans les photos ci-hautes.
Je travaille toujours sur mon premier test de Schumann, mais j’en aurai pour plusieurs jours avant de terminer puisque je dois appliquer une couche de glacis bleu tous les jours jusqu’à ce que j’aie atteint la coloration désirée. Ce qui peut prendre du temps. Mais elle est plutôt finie. Je suis satisfaite des résultats. J’ai très hâte de commencer mon test numéro deux afin de voir si tout tombe en place. J’ai déjà entamé le dessin aujourd’hui.

Je me sens maintenant presque prête à amorcer ma vraie série de portraits de Clara et de Schumann. J’ai commencé préparer les toiles – juste de faire les fonds avant de peindre est un long procédé. Si mon test de peinture numéro deux est concluant je vais probablement commencer les vraies. Comme ces toiles feront partie d’un tout, j’entends qu’elles iront toutes ensemble, comme si elles n’étaient qu’une, je devrai les peindre simultanément. Je fais tous les dessins, ensuite je monte toutes les étapes sur toutes les toiles en même temps. C’est un procédé très long et épuisant. Mais de cette façon je m’assure qu’il n’y a pas d’écarts ou de différences entre les toiles au niveau du dessin, de la coloration ou de la technique. Elles seront toutes pareilles. C’est ce que j’avais fait pour la série d’avant, mes douze roses. J’avais mis deux ans à les réaliser. J’estime que cette série de portraits me prendra 20 mois à faire.

Je commence donc à me préparer mentalement pour la charge de travail. Pourtant, je me rappelle combien je m’étais attachée à la familiarité des roses. Elles étaient comme de bonnes amies que je rencontrais tous les jours. Oui, parfois j’étais fatiguée et j’avais le sentiment pesant que je ne finirais jamais, mais à l’approche de la fin, je me rappelle m’être sentie triste et nostalgique. Je ne voulais pas les quitter.
Mes quelques essais de Clara et Schumann sont alignés sur le mur de mon studio. Je les regardais aujourd’hui et j’avais l’impression d’avoir des compagnons, qui m’observent travailler. Je ne peux que commencer à m’imaginer comment je me sentirai quand j’aurai les 10 portraits grandeur nature qui m’entoureront tous les jours pendant plus de 20 mois! J’ai encore plus envie de les entreprendre et d’apprendre à les connaître. C’est très bizarre cette façon que j’ai de m’attacher à mon travail… je ne peux vraiment le décrire…

Work progression of the past two weeks

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Applying the first coat of white paint mixed with tempera
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The first coat of white tempera is finished
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Two coats of white+tempera has been applied and I am starting to work on the colours 
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A close-up of the eyes

(Click on title for more pictures)
(La version française suit l’anglais)

You can see a work progression of the past two weeks in the pictures up here. I am not finished with my first Schumann test painting. Feels like I had forgotten how to paint (it always does that when I don’t paint for a while) and so some parts (his jacket) I did wrong, well not to my liking, so I erased it with a rag of turpentine and I shall start over. But the remainder is going well. Slow but steady! I am not certain yet how I will treat the jacket with the background; it is black and so is the coat, hence I have to figure out how much of it I want to disappear and blend in the setting. Or not. And how will I do that? I am pondering.


On peut voir avec les photos ci-haut la progression de mon travail durant les deux dernières semaines. Je n’ai toujours pas terminé mon premier essaie de peinture sur Schumann. J’ai le sentiment d’avoir oublié comment peindre (j’ai toujours ce sentiment quand je ne peins pas pendant plusieurs jours) et donc je n’avais pas peint correctement le manteau, enfin pas à mon goût. Je l’ai effacé à la térébenthine et je devrai recommencer. Mais pour tout le reste, ça va bien. J’avance lentement, mais sûrement! Je ne sais toujours pas comment j’aborderai le manteau et l’arrière plan. Comme ils sont tous les deux de la même couleur, j’hésite à savoir si je ferai disparaitre le manteau dans l’arrière plan ou pas, et de quelle façon je ferai ça? Enfin. J’y réfléchis!

Schumann test painting #1

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The drawing not yet finished
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The burnt sienna imprimatur
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The imprimatur and the first black background coating
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Another view with the black coating

(Click on title for more pictures)
(La version française suit l’anglais)

As I announced last week, I started my first Schumann test painting this week. It took me a good four days to do the drawing. Today I did the burnt sienna imprimatur and I applied the first coat of black background with acrylic. Tomorrow I will start with the oils and work my first layer of white emulsion.

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière, j’ai commencé mon premier essai de peinture avec mon Schumann cette semaine. J’ai mis un bon quatre jours sur le dessin. Aujourd’hui, j’ai fait l’imprimatur couleur terre de Sienne et j’ai aussi étalé la première couche de fond noir à l’acrylique. Demain, je commence à travailler avec les huiles et j’appliquerai ma première couche d’émulsion blanche.

Little girl blue

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(La version française suit la vidéo)

I am almost finished with the test painting #4. Well… I think. Just need to work on some more tiny details. This one took me longer. I pondered a lot over it. It made me see all the things I was doing wrong, and now I am eager to start a new one to try out new and different things. I have been working the colors mostly through glazes, which I realize is just wrong. Next painting, I will explore more with paint, colors and thickness, and see where that brings me. I have also been watching videos on Youtube of different techniques and people painting, which gave me some good tricks and insights.

And yes, I know, she looks kinda ghostly. I tried working only with blues (and a little red). But in the end, I think this is probably the ambiance I am looking for.

Should look at this and listen to Little girl blue by Nina Simone at the same time, no?

J’ai presque terminé mon essai numéro 4. Enfin… je crois. Il me reste à travailler quelques petits détails. Ce tableau m’a pris plus de temps que les autres. J’ai beaucoup réfléchi en travaillant. Et j’ai compris beaucoup de choses que je ne fais pas correctement et maintenant j’ai très hâte de commencer un autre essai pour tester différents trucs. J’ai surtout travaillé mes couleurs à l’aide des glacis, mais je me rends compte que c’est probablement une erreur. La prochaine toile, je vais expérimenter avec la peinture, les couleurs en épaisseur et voir où ça me mènera. J’ai aussi écouté plusieurs vidéos sur Youtube de gens qui peignent, ce qui m’a donné quelques trucs et astuces.

Oui, je sais on dirait un fantôme. J’ai essayé de travailler seulement dans les tons de bleu (et un peu de rouge). Au bout du compte, je crois bien que c’est ce type d’ambiance que je recherche. Une image irréelle.

Il faudrait regarder cette toile et écouter Little girl blue de Nina Simone en même temps, non?

Feels like I’m being watched

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The preliminary drawing for the fourth test painting
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A view of my studio
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The finished third test
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Preliminary drawing for the next test painting

(la version française suit l’anglais)

This is a view of my studio right now. Feels like my paintings are looking at me all the time!!

I finished the third test painting this week. I think I’m satisfied, yet I have to wait a while before I can say that… sometimes I am so close to my work, that I need to analyze something else for a while to detach myself from it and come back with a more objective eye.

I started a fourth test painting. You can see the preliminary drawing up here.  Probably my last one for the Clara. Then I would like to start my Schumann portraits tests. I need to find my model though and take the reference pictures, which is not an easy task. Finding a model is arduous. I have been pondering over this for at least a year. I have someone in mind, someone I think would be perfect for the job.  However I ignore if that person will agree to model for me and if he does, I wonder if he’ll be a “good” model, able to give me the “looks” I’m wishing for…

I have to say though that if it does not work out with this guy, I have no clue what to do… Well, let’s not think too much ahead. One day at a time, and hopefully, all will work out perfectly, right?


Voici un aperçu de mon studio en ce moment. J’ai l’impression que mes toiles me regardent tout le temps!

J’ai terminé le troisième essai cette semaine. Je crois être satisfaite, bien que je dois attendre un peu avant de faire cette affirmation. Parfois, j’ai besoin de recul, pour me distancer de mon travail et pouvoir y revenir de façon objective.

J’ai également commencé le quatrième essai. Vous pouvez voir le dessin préliminaire ci-haut. Ceci est probablement mon dernier essai pour les Clara. Ensuite, j’aimerais commencer les essais portraits de Schumann. Je dois trouver mon modèle par contre. Ce qui n’est pas tâche facile. Je dirais même plutôt ardue. Voilà maintenant plus d’un an que j’y pense. J’ai quelqu’un en tête, mais je ne sais pas si cette personne acceptera ma demande. Et si elle accepte, je ne sais pas si elle sera capable de m’offrir les “regards” que j’aimerais avoir…

J’ajouterai que si ça ne fonctionne pas avec cette personne, je ne sais vraiment pas ce que je ferai. Bon. Ne nous emportons pas et prenons un jour à la fois… avec l’espoir que tout fonctionnera à la perfection, pas vrai?

Back in the studio

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The essay, not yet finished (3 feet by 4 feet)
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The preliminary drawing

(La version française suit l’anglais)

Happy New Year! Hope you’ve had a great Christmas Holiday.

I am back home after a 2 week vacation. I was back in my studio with great excitement. I spent a lot of my vacation time looking at impressionist art on the internet and it gave me all these ideas! Hence, I am excited to start painting and try it all out. It’s always easier in my head though… so it is not turning out exactly how I want it too, but I’m working at it. I am finishing up the painting I had started before Christmas. It is not yet finished, but I’m almost there. I am not yet satisfied with her face, not sure what to work on really. I need time to think. And  I need to rework the background too as my black did not turn out good (you can’t see it on the picture).  Should be finished by the start of next week.


 

Bonne année! J’espère que vous avez passé de belles vacances de Noël.

Je suis de retour à la maison après des vacances de 2 semaines. J’étais très heureuse de retrouver mon atelier. J’ai passé une grande partie de mes vacances à regarder des oeuvres d’art de la période impressionniste, ce qui m’a donné tout plein d’idées et surtout le goût de peindre! J’étais donc très contente d’essayer le tout cette semaine. Ça semble toujours plus simple dans ma tête par contre… j’ai un peu de difficulté à peindre de la façon dont je voudrais, mais j’y travaille. Je suis en train de terminer la toile que j’avais commencée avant les fêtes. Elle n’est pas encore finie. Je dois retravailler le visage et aussi le fond. Mon noir est bariolé (ça ne se voit pas sur la photo). Je devrais avoir fini au début de la semaine prochaine.

In the studio

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The finished second test.
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The preliminary drawing for the next test.

(La version française suit l’anglais)

I finished the second test last week. It made me understand many things. Things I already knew, but that I needed to validate. I need to work from a reference photo that has not too many details. I want the rendering of my paintings to be more blurred than realistic;  I find emotions are “stronger” when the image is blurred compared to realistic (not sure how to put that into words). Anyhow, I realize the perfectionist in me will always want to go get the details, so if my reference picture is too perfect, I  really will have a lot of trouble to control myself and stay in the blurred zone. My reference picture for the first essay was more detailed than this one, and if I compare the 2 essays, I find this one better than the first.

Also, in my painting class, I was taught that we had to draw and paint the whole body, even if some parts were hidden in the dark, and that we would make the parts disappear in darkness by applying layers of dark glazes. In my first essay, I kept the whole head and tried to make it disappear in the background, yet I had trouble to determine were to stop putting glazes and how to make it disappear. For this essay, I just did not draw, nor paint the top of her head at all, I just went straight for the black background and I find it looks better. So For the next essays, I will not be listening to my teachers (oops!) and I will go for the cut off head straight away (as you can see on the picture of my preliminary drawing up here).

I also worked with a different blue this time. I worked with prussian blue, yellow ocre, laque de garance (not sure what it is in English), and burnt sienna. For the first test, I used this old tube of magnesium blue. I like better the prussian blue. I also wondered if I should stay in the blue hues, and not go in the pinkish ones. My image is supposed to be something imagined. Like when you think of someone you love, in your head, the image that is created. That’s why I want it blurred, because imagined things are never in details. I also want the color to be faded, dreamlike, because the colours of imagined things are never saturated. This woman is supposed to represent Clara as a mental image Schumann would have. And since he was madly in love with her, I was wondering if I should not work in more reddish or pinkish hues, warmer colours, instead of this cold blue. But I find the blue gives more of a dreamlike setting… And I am thinking the red hues could probably give Clara a devilish look. Clara was very young at that time and I want to keep that purity feeling (more that the sexual one). And isn’t blue better for that? I don’t know. I am not certain.  What do you think?


J’ai terminé cette semaine mon deuxième essai qui m’a aidé à comprendre plusieurs choses. Des choses que je savais déjà, mais que j’avais besoin de valider. Je dois travailler à partir d’une photo référence qui n’a pas trop de détails. Je veux que mes toiles soient plus « floues » que réalistes, je trouve qu’une image « floue » transmet les émotions de façon plus puissante qu’une image réelle (je ne sais pas vraiment comment expliquer ceci). Enfin, je comprends maintenant que la perfectionniste en moi veut toujours aller chercher le plus de détails possibles. Ainsi, si ma photo de référence est trop parfaite, j’ai beaucoup de difficulté à me contrôler et à aller chercher moins de détails. Ma photo de référence était plus détaillée pour le premier essai, et si je compare les deux essais, je pense que ce deuxième est plus réussi.

Aussi, dans mes cours de peinture, nous avons appris qu’il fallait toujours dessiner et peindre l’entièreté du sujet, même lorsque certaines parties du corps disparaissaient dans la noirceur. On nous disait qu’il faut alors faire disparaitre ces parties en appliquant plusieurs couches de glacis foncé. Dans mon premier essai, j’ai gardé toute la tête du sujet, mais j’ai eu de la difficulté après à juger où je devais arrêter de mettre des glacis et j’ai eu de la difficulté à la faire disparaitre. Pour ce deuxième essai, je n’ai pas dessiné le dessus de la tête du tout, je suis allée directement avec le fond noir et je crois que c’est beaucoup mieux. Ainsi, pour les prochaines toiles, je ne vais pas écouter mes professeurs (oups!) et je vais y aller avec les têtes coupées (comme vous pouvez le voir sur la photo ci-haute du dessin préliminaire de mon prochain essai).

J’ai aussi travaillé avec un bleu différent cette fois-ci. Bleu de Prusse, ocre jaune, laque de garance et terre de sienne brulée. Pour le premier essai, j’avais utilisé un vieux tube de bleu de magnésium. Je préfère le bleu de Prusse. Je me demande également si je devrais continuer dans les tons de bleus plutôt que dans les tons rosés. Mon image doit représenter quelque chose d’imaginé. Comme lorsque vous pensez à quelqu’un que vous aimez… cette image qui se crée dans votre tête. Voilà pourquoi je veux que l’image soit « floue ». Parce qu’une image imaginée n’est jamais détaillée. Je veux aussi que les couleurs soient délavées, parce qu’une image imaginée n’est jamais faite de couleurs très vives. Cette femme doit donc représenter une Clara imaginée par Schumann. Et comme il était amoureux fou d’elle, je me questionne si je ne devrais pas travailler dans des tons plus chauds, comme le rose ou le rouge, plutôt que dans les tons froids avec ce bleu. Mais je trouve que le bleu traduit bien cet aspect de rêve. Et j’ai peur que les tons de rouge ne donnent un air diabolique à ma Clara, ce que je ne voudrais pas. Clara était très jeune à cette époque et je veux lui donner une aura de pureté plus qu’une aura sexuelle. N’est-ce pas que le bleu est mieux pour ça? Je ne sais pas. Je ne suis pas certaine. Qu’en pensez-vous?

A week of pondering

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Close up of the painting still in progress.
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The preliminary drawing

(La version française suit)

I have been working on my second test painting for the past 2 weeks. Things are going good, I guess. A lot of questions, a lot of brainwork on how I want to illustrate the ideas that I have in my head. These tests are tryouts for the big picture, which will be an ensemble of 12 paintings united. I know what I want to portray, what feelings I would like to convey, yet it is sometimes hard to actually portray what I have in mind. Obviously, this is the reason why I am doing these tests, but I sometimes wonder if it is a good thing that I share the results of theses on this website. Since they are all unsatisfying works, never really finished. Since they are tryouts, hence not really any good (only good for my learning)!

But then again, it will take me so long before I finish the 12 final paintings (something like 2 or 3 years) that I also wonder if the whole process is not an interesting part of the work at the same time… Or else I would post pictures of my finished works every 4 years and that’s it. But at least that would be satisfying work to me. Which makes me feel better…

What’s best? I honestly don’t know.


Voilà 2 semaines que je travaille sur mon deuxième essai. Les choses se passent bien, j’imagine. Beaucoup de questionnements sur la fa façon dont je veux illustrer les idées que j’ai. Ces essais sont des brouillons, de petites ébauches de l’ensemble final, qui sera un assemblage de 12 toiles. Je sais ce que je veux illustrer, quels sentiments je veux partager, mais c’est parfois (souvent) difficile de créer ce que j’ai en tête. Evidemment, c’est la raison pourquoi je fais des essais, mais alors je me questionne (souvent) si c’est justifié de partager le résultat de ces essais sur ce site. Comme ce sont tous des travaux insatisfaisants, inachevés, incomplets. Comme ce sont des brouillons et donc qu’ils ne sont bons à rien (sinon que pour mon apprentissage).

Pourtant, ça me prendra 2 ou 3 ans avant de terminer ce vrai ensemble de 12 toiles. Et alors je me demande justement si tout le processus de création pendant ces 2, 3 ans ne devient pas alors intéressant. Sinon, je ne mettrais que des photos du final au 4 ans et voilà. Mais au moins, le travail que je montrerais serait pour moi satisfaisant. Et du coup, je suis plus à l’aise.

Qu’est-ce qui est mieux? Honnêtement, je ne sais pas trop.

Finishing the first test painting

First painting essay

First painting essay closer

(La version française suit.)

This week was less worrisome than last. I felt more confident and things went generally well. I painted the background black, I worked on the blue highlights and on glazes. It is hard to capture on photo the blue hues, that are very present in “real” life. It is also hard to photograph the painting without that light reflection. I must say that I just finished applying a blue glaze and it is not yet dry, hence the wet finish and the light reflection.

Once it is dry, I will evaluate if I should add some more of the blueish “glow” around her. Probably just a little. But the painting is pretty much finished. I will start a new test painting next week. I want to try and make my black background with acrylic before I start painting in oil, to see if the results will be different and if it will make things go faster.


Cette semaine fut beaucoup moins stressante que la semaine dernière. Je me sentais en confiance et les choses se sont généralement bien déroulées. J’ai peint le fond noir, j’ai travaillé sur les reflets bleus et sur les glacis. Il est difficile de capter ces reflets bleus sur la photographie, mais ils sont très présents en réalité. C’est tout aussi difficile de photographier le tableau sans avoir ce reflet de lumière. Je dois dire que je viens juste de terminer l’application d’un glacis bleu et qu’il n’est pas encore sec, d’où l’aspect mouillé du tableau et cette réflection de lumière.

Lorsque le tableau sera sec, j’évaluerai si j’agrandis un peu ce halo bleuté autour du modèle. Probablement que j’en ajouterai un peu. Mais la toile est plutôt terminée. Je vais donc commencer un autre essai la semaine prochaine. Je veux essayer de faire mon fond noir à l’acrylique avant de commencer avec l’huile et voir ainsi si le résultat est différent et si ça accélèrera le processus.

This week in the studio

Here is some work progression over the week
Here is some work progression over the week

(La version française suit)

This week I started painting. It felt weird as I hadn’t painted in over a month. Always feels like I don’t know how to do it anymore… With the technique I am using, I can’t just go and put paint on the canvas. I must apply a thin layer of tinted homemade medium over the drawing. Then I come back with white paint mixed in a tempera mixture over the highlights and I fade it out in the shadows. It feels like I would be “sculpting” the drawing. This gives it shape and volume. Then I wait for it to dry and come back with the same process until I find I have shaped enough my figure. Then I can apply color and glazes.

But, I am always stressed out. Afraid to put too much paint where I shouldn’t, fearful of not mixing my products properly, shaken that the paint will not react how it is supposed too… (I guess stress is part of who I am!) Sometimes my white is too thick and sticky (not sure why) and is really hard to work and then again, sometimes it is too thin (not sure why) and does not cover well. Once I get the hang of it though, I feel more confident and less like a student. In a way, this is what I like about this technique. I always feel like I am learning something and I know for a fact that the more experienced I will get, the better I will be. So there is a lot of room for improvement. Which is a good thing!

So this week was quite “stressful” as I wasn’t sure if I would remember how to do it all. It is OK so far, I did make a couple of tiny mistakes, but I have noted them in my notebook and hopefully I won’t make them again. I did one layer of white, and I am now working on my second layer. I started working on her left eye too. You can see the week’s progression in the picture up here. (The picture in the middle is where I am at now.)


J’ai commencé à peindre cette semaine. Ce qui me semblait un peu bizarre; voilà au moins un mois que je n’ai pas touché à un pinceau. J’ai toujours le sentiment que je ne saurai plus comment faire. La technique que j’utilise ne me permet pas de mettre la peinture directement sur le tableau. Je dois appliquer une fine couche de médium teinté -fait maison- sur le dessin. Ensuite, j’applique de la peinture blanche mélangée à un mélange de tempera sur les parties lumineuses et je l’estompe jusque dans les parties plus sombres. C’est un peu comme si on “sculptait” le dessin. Cette façon de faire donne du volume et de la forme au dessin. Ensuite, j’attends que tout sèche et je recommence jusqu’à ce que je trouve que mes formes sont assez volumineuses. Ensuite je peux appliquer la couleur et les glacis.

Malgré tout, que je suis toujours stressée. J’ai peur d’appliquer trop de peinture là où je ne devrais pas. L’idée d’avoir fait de mauvais mélanges m’inquiète. Je crains que la peinture ne réagisse pas correctement. (Je crois que je suis de nature nerveuse!) Parfois mon blanc est trop épais (je ne sais trop pourquoi) et alors il est difficile à appliquer. Parfois mon blanc est trop liquide (je ne sais trop pourquoi) et ne couvre pas bien. Mais quand je suis bien “réchauffée”, je prends confiance et je me sens moins comme une étudiante. D’une certaine façon, c’est ce que j’aime bien de cette technique. J’ai toujours l’impression d’apprendre quelque chose et je sais que plus je serai expérimentée, meilleure je serai. Il y a beaucoup de place à l’amélioration, ce qui est une bonne chose!

Cette semaine donc fut préoccupante, comme je n’étais pas certaine de me rappeler vraiment comment peindre. J’ai fait quelques erreurs, pas très dramatiques,  je les ai noté dans mon carnet et je devrais -sans doute- ne plus les refaire. J’ai monté une couche de blanc et je suis présentement entrain de monter la deuxième couche de blanc. j’ai également commencé à travailler sur l’œil gauche. La progression est visible sur la photo ci-haute (la photo du milieu étant l’endroit où je suis rendue maintenant).

Grisaille technique

(La version française suit)

I had an amazing week at the Atelier Jacques Lajeunesse! I am really glad I went to learn this other painting technique, it will really help me out for the series I am working on. This is the not-yet-finished-study that I did over there.


J’ai passé une incroyable semaine aux Ateliers Jacques Lajeunesse. Je suis vraiment heureuse d’avoir appris cette autre technique ancienne de peinture, puisqu’elle me servira véritablement pour l’élaboration de la série de toiles sur laquelle je travaille présentement. Voici une photo de mon étude non terminée.

In the studio today and leaving to art summer school

(La version française suit)
I am very excited as I am leaving next week for an intensive week long summer class on another painting technique called “grisaille” with my favorite art teacher, Jacques Lajeunesse.
Grisaille is a term for painting executed entirely in monochrome or near-monochrome, usually in shades of grey. It is particularly used in large decorative schemes in imitation of sculpture. Many grisailles in fact include a slightly wider colour range.
A grisaille may be executed for its own sake, as underpainting for an oil painting (in preparation for glazing layers of colour over it), or as a model for an engraver to work from. “Rubens and his school sometimes use monochrome techniques in sketching compositions for engravers.”[2] Full colouring of a subject makes many more demands of an artist, and working in grisaille was often chosen as being quicker and cheaper, although the effect was sometimes deliberately chosen for aesthetic reasons. Grisaille paintings resemble the drawings, normally in monochrome, that artists from the Renaissance on were trained to produce; like drawings they can also betray the hand of a less talented assistant more easily than a fully coloured painting.” (Wikipedia)
This technique will certainly be useful for this next series I am working on. Down here is a picture of my studio work today.
Je suis très heureuse car je quitte la semaine prochaine pour un cours intensif d’une semaine sur une technique ancienne de peinture appelée la grisaille. J’apprendrai cette technique avec mon professeur préféré, Jacques Lajeunesse.
“La Grisaille est une technique de peinture en monochrome ou en semi-monochrome, le plus souvent dans les tons de gris. Elle est particulièrement utilisée dans les arts décoratifs pour imiter la sculpture. Plusieurs grisailles incluent une légère variation de couleurs.
Une grisaille peut être exécutée telle quelle ou elle peut servir de fond pour une peinture à l’huile (en préparation pour l’application de glacis) ou encore elle peut servir de modèle préparatif pour les graveurs. La coloration entière d’un sujet est exigeante pour l’artiste, ainsi la grisaille était autrefois utilisée comme technique plus rapide et moins coûteuse, quoiqu’elle était souvent choisie délibérément pour des raisons esthétiques. La grisaille ressemble au dessin, normalement monochrome, que les artistes de la Renaissance étaient entrainés à produire; comme le dessin, elle peut facilement trahir la main de l’artiste moins talentueux comparativement à la toile entièrement peinte de couleurs.”
Cette technique me servira très certainement pour la production de ma nouvelle série de toiles. La photographie ci-haute représente mon travail d’atelier en ce moment.

In the studio today

No, it is not yet finished. I know, it takes forever. I have been working on other projects here and there. But now I have decided to get over this and finish this. By next week…?

Non, elles ne sont pas encore terminées. Je sais, c’est long. Mais j’ai travaillé sur d’autres projets, ici et là. Voilà que j’ai décidé d’en finir avec ces roses. D’ici la semaine prochaine…?

Schumann’s music’s role in my work

(English version follows French)
Le rôle de la musique de Schumann dans mon œuvre.

Toute mon œuvre est liée à la musique de Schumann. Évidemment, le but premier de ma série est d’illustrer les différentes étapes de la relation amoureuse qu’ont vécue le compositeur Robert Schumann et la pianiste Clara Wieck. Mais vu leur lien étroit avec la musique, je ne pouvais ne pas intégrer cette dernière dans ma démarche. J’ai donc décidé que chaque mouvement serait représenté par une composition de Schumann. Ainsi, j’essaie d’inclure des éléments musicaux, provenant des partitions choisies, à mes peintures.

Premier mouvement: Le Prélude
Premier mouvement : Le Prélude

Le premier mouvement, Le Prélude, est lié à Waldszenen (Scènes des bois). Ce mouvement est illustré par la floraison d’une rose, du bouton de la fleur jusqu’à sa mort. Il ne représente pas de périodes particulières du couple, il sert plutôt d’introduction et de résumé au projet. L’éclosion de la rose vient faire le lien avec l’évolution de la vie, l’évolution d’une relation amoureuse.

Continue reading “Schumann’s music’s role in my work”

Pictures of the opening show

Voici quelques photos de la soirée du vernissage, le 20 novembre 2014. /// Here are some pictures of the opening show.

The Schumann+Wieck Symphony

(La version française suit la vidéo ci-dessous)

Marie-Hélène Sirois’ Schumann and Wieck’s Symphony, which allies painting and music, is a celebration of Robert Schumann and Clara Wieck’s life and works and is an illustration of art’s richness and interactivity.

Notorious German composer, Robert Schumann and his wife, virtuoso pianist Clara Wieck, lived a complex and passionate love affair in spite of Clara’s father firm opposition to their union and of Schumann’s later illness. Their relationship is the foundation for four series of paintings through which are represented, as a symphony in four movements,  the transformation of the couple’s feelings through the important events that shaped their relationship.

Schumann’s music holds a crucial place in the project. Each visual movement is associated with and inspired by one of his musical scores.

The First Movement, called Le Prélude, was introduced in November 2014. It was joined to Schumann’s Opus 82, Waldszenen (Forest Scenes).

Marie-Hélène Sirois is now working on the Second Movement, Concert sans orchestre, linked to the Piano Sonata n°3, Op. 14, where she examines the obstacles that amplify desire, the complementarity of artists sharing the same passions and the way imagination transforms and idealizes the other when lovers are parted.


La Symphonie Schumann + Wieck de Marie-Hélène Sirois, qui allie peinture et musique, se veut à la fois une célébration de la vie et de l’œuvre de Robert Schumann et de Clara Wieck ainsi qu’une démonstration de la richesse des arts et de leur interaction.

Le célèbre compositeur allemand Robert Schumann et son épouse, la pianiste virtuose Clara Wieck, ont, en effet, connu une relation amoureuse complexe et passionnée en dépit de l’opposition du père de Clara à leur union et de la maladie qui les a frappés au cours de leur vie. Leur relation sert de fondement à quatre séries de toiles à travers lesquelles sont représentées, à la façon d’une symphonie en quatre mouvements, les différentes étapes de leur histoire d’amour.

 La musique de Schumann occupe une place prépondérante dans ce projet. Chacun des quatre mouvements visuels est associé à une de ses partitions et s’en inspire.

Le premier mouvement de cette série, Le Prélude, a été présenté en novembre 2014. Il était associé à l’Opus 82, Waldszenen (Scènes des bois).

Marie-Hélène Sirois travaille maintenant sur son deuxième mouvement, Concert sans orchestre, lié à la Sonate n°3, Opus 14. Elle se penche sur les entraves qui amplifient le désir, la complémentarité d’artistes partageant les mêmes passions ainsi que la façon dont l’imagination transforme et idéalise l’Autre lorsque deux amoureux sont séparés.

First study with new technique

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I just finished my painting essay with the new technique I learned this winter (oil and tempera). I am happy with the result, so I will start my real series now (12 paintings). I should be finished in… a year?

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Je viens de terminer ma première étude avec la technique de peinture que j’ai apprise cet hiver (huile et tempera). Je suis contente du résultat et donc je commencerai ma vraie série (de 12 toiles) maintenant. Je prévois finir dans… 1 an?

Some pictures of my opening show

Here are some pictures of the opening show about my series on Émile Nelligan.

Voici quelques photos du vernissage de ma série sur le poète Émile Nelligan.