In the studio and on trying to find a space to show

 

 

(English follows the two clips down here)

J’ai quitté le Québec pour une semaine au mois de février, ainsi mon travail en atelier a peu avancé. J’ai quand même réussi à terminer la première couche de glacis sur tous mes Schumann. Ce qui me rend vraiment heureuse comme j’ai le sentiment d’apercevoir enfin la lumière au bout du tunnel. Les portraits commencent à ressembler à ce à quoi je m’imaginais. C’est un processus tellement long, c’est encourageant de voir que tout fonctionne comme je l’avais conçu. J’ai donc très hâte de débuter les glacis sur mes Clara, dans l’espoir que ce soit la même chose pour elles. Pourtant, je suis incertaine et je me demande si je ne devrais pas terminer tous mes Schumann avant d’attaquer Clara ou alors si je ne devrais pas garder le procédé identique à celui du début, soit de peindre chaque étape en même temps sur tous les tableaux. Plus je peins, meilleure je suis, et donc faire tous les tableaux simultanément les rend tous égaux visuellement ; on ne pourrait dire à la fin que le premier tableau est supérieur au dernier comme il n’y a ni premier ni dernier. Je crois qu’il pourrait être avantageux de terminer mes Schumann maintenant parce que voilà un moment que je travaille sur lui, je connais donc bien la structure du visage de mon modèle et la façon dont la lumière tombe et s’y reflète. Je crains que de peindre Clara pendant quelques mois me fasse oublier ces caractéristiques et qu’ensuite j’en aurai pour quelques jours avant de me refaire la main. Ce qui pourrait rendre un des Schumann différents des autres. Mais est-ce que le fait de terminer avec mes Clara ne les ferait pas paraître plus « belles » ou enfin mieux exécutées que les Schumann ?

Je suis aussi toujours en train d’essayer de repérer un lieu pour faire cette exposition. J’aurais aimé présenter en novembre 2018, mais comme nous sommes déjà en février et que je n’ai rien trouvé, je ne crois pas que ça sera possible. C’est quand même plutôt compliqué de dénicher un endroit pour présenter mon travail. J’ai besoin de beaucoup d’espace avec mes 2 pianos, les 12 toiles en arrière-fond, le gigantesque mobile de lettres suspendu au-dessus des pianos et toutes les chaises pour l’auditoire (comme c’est un spectacle d’une durée de presque 2 heures).  Je continue ma quête et j’espère que je vais trouver l’endroit idéal bientôt.

 

 

 

 

 


I was gone away for a week in mid February, hence things were slower to advance in my studio. Yet I managed to finish my first layer of glazes for all my five Schumanns. It makes me very happy because I can finally see the light at the end of the tunnel, I sense the paintings are starting to look like they should, and it has been such a long process that it is nice to feel like I am getting somewhere. I am very excited to begin this glazing process on my Clara’s, yet I am not sure if I should finish the Schumanns first and then do the Claras, or just keep on with the identical method I have had since the beginning which is painting every step on every painting at the same time. The idea behind that way of doing is that the more I paint, the better I am, and so working on all canvases at the same time make them all equal. You won’t be able to say that the last one is better than the first one as they were all done simultaneously. Now the reason why I would like to finish all my Schumanns now is that I have gotten used to my model’s features and understand his face structure and how light reflects on it. Going to paint on Clara for a couple of months might make me “forget” about these Schumann features and it might take me a couple of days of work to get my hand back. It could make one of the Schumanns different than the others. But then again, if I were to finish the Schumanns now, I wouldn’t want them to look awful next to the Claras.

I am also still on my quest to locate a place to show my work. I would have liked to present it in November 2018, but as far as we are in the year, I don’t think now that this will be possible. It is complicated to find a nice spot to do this. The setting is quite big, with two pianos, the 12 paintings in the background, the huge mobile of letters suspended over the pianos and all the chairs for an audience (as the program is an almost 2 hours long concert). But I keep on looking and I am confident that I’ll come around soon.

In the studio

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Schumann #2
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Schumann #2
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Schumann #1
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Schumann #3
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Schumann #3
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Close up of a shirt knot.

(English follows French in this post)

Je réalise que je n’ai pas écrit ici depuis un bon moment maintenant. Les choses vont bon train dans mon atelier. Je travaille maintenant sur la partie la plus agréable de toutes : les glacis! J’ai commencé par mes Schumann et je terminerai avec mes Claras. Voici quelques photos de mon travail (aucun tableau n’est terminé encore). Je joins aussi une vidéo où vous pouvez me voir peindre.


I realize I have not posted here for some time now. Things are going very well in my studio. I am now working on the most fun part of all : the glazes! I have started with my Schumanns and will finish with the Claras. Here are some pictures of my work now (none of this are yet finished). I am also posting a video where you can see me paint.

In the studio

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This is a view of my studio this morning.
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This is a view of my studio this morning. (As I am actually writing this.)

(English follows French)

J’ai donc commencé à appliquer la couleur sur mes portraits. Mes Schumann ont deux couches de données sur les vestons et sur les cheveux. Il me reste peut-être une dernière couche à donner et après je reviendrai avec des glacis. J’ai commencé à travailler un peu les visages, en appliquant de minces couches de glacis et en travaillant un peu les yeux. J’en suis rendu au Clara. Leurs robes sont terminées, mais je n’ai pas encore travaillé le chandail ou le visage, c’est ce que je vais faire cette semaine. Je sens que les tableaux commencent vraiment à prendre forme, ce qui est toujours encourageant et réjouissant.


I have started to apply color on my portraits. My Schumanns have 2 coats on the jackets and the hair. I will need to apply another coat and then I will come back with glazes. I started working lightly on their faces, applying thin glaze layers and working on the eyes. Now I am starting the Claras. I finished their dresses, but I have not yet worked on their shirts or faces. It is what I will be doing this week. I feel the paintings are starting to take shape, which is always encouraging and rejoicing.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles

 

(English follows French in this post)

J’ai passé les deux dernières semaines à essayer de trouver des solutions à mes problèmes de peinture. Je crois avoir déterminé l’erreur que j’aurais commise. En effet, je pense qu’à certains moments, j’ai ajouté du siccatif de cobalt dans mes mélanges de temperas, ce qui aurait eu pour effet de rendre ma peinture semblable à de l’émail, et donc, quand j’arrive pour mettre de l’huile sur cette peinture séchée, elle perle en partie et ne colle pas partout. Le problème est que j’ai usé de ce siccatif au gré de mes humeurs et qu’ainsi ce ne sont pas tous mes tableaux, ni même toutes les sections du même tableau, qui sont touchés par ce problème. C’est une petite surprise heureuse depuis quand je travaille, ne sachant pas d’avance si je vais peindre sur une partie adhérente ou pas. Pour les parties émaillées, je prends de l’huile que je frotte énergiquement en pesant fort sur le pinceau dans l’espoir que ça colle un peu, puis j’attends que ça sèche et je reviens ensuite pour peindre. Ça fonctionne, mais il ne faut pas que je frotte trop trop fort. Enfin. au final je mettrai un bon verni sur mes tableaux dans la confiance que tout se scelle et colle comme il faut. Comme le disait Voltaire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

La sélection photo ci-haute montre une partie de mon travail des dernières semaines. J’ai appliqué une couche de bleu sur tous mes vestons et j’ai commencé à appliquer de la couleur sur les cheveux. Les couleurs sont encore beaucoup plus pâles que se qu’elles auront l’air au final.


All’s for the best, in the best of all possible worlds.

I spent the past 2 weeks trying to find a solution to my paint problems. I think I have identified the mistake I probably made. I might have sometimes added to many Cobalt siccative drops in my tempera, which would have transformed my paint in some kind of enamel, which means that when I try to put oil on top of this paint, it does not bind properly. The problem is that I have added these drops following my moods, hence not every panel, not even all sections of the same panel, are affected by this. It is a little happy surprise for now on when I work, as I never know if I will be painting a section where it sticks or not. For the sections that don’t bind, I use oily medium which I apply energetically, putting weight on my brush, anticipating it will stick. Then I wait for it to dry and I come back to paint. It works, as long as I don’t press too hard on my brush. I will put a good thick varnish in the end, hoping it will seal everything properly.  As Voltaire would say, all’s for the best, in all possible worlds.

The picture selection up here shows a part of the work I did these past weeks. All jackets have now a second coat of blue paint, and I started to apply some brown to the hair. The colors are a pale version of what they will be in the end.

 

 

Writing the texts to my next vernissage-concert

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(English follows French in this text)
Je suis toujours à peindre cette deuxième couche de peinture blanche sur mes portraits. Mais je dois avouer que je n’ai pas touché à un pinceau depuis environ un mois. Pas parce que je ne travaille pas. En fait, je suis en train de faire de la recherche, de collecter de l’information et d’écrire mes textes pour mon prochain vernissage. Le spectacle sera en vérité un concert de piano. Mes toiles serviront de décor de scène. Je veux expliquer les tableaux, préciser quelle étape de la vie de Schumann et de Clara est représentée, mettre les œuvres musicales en contexte et montrer les associations entre tout cela. Je n’avais pas imaginé que ça pourrait être si long et laborieux d’écrire ces textes.

Finalement, le spectacle durera deux heures. Une heure de piano et une heure d’explications. Je ne suis pas seule sur scène, je serai accompagnée d’un pianiste concertiste, Tristan Longval-Gagné. Les pièces choisies demandent une véritable et authentique virtuosité et c’est carrément impossible que je ne sois jamais capable de les interpréter. Je vais jouer aussi, mais les mouvements les plus faciles. Enfin.

Je comprends maintenant que d’écrire un texte d’une heure n’est pas tâche simple, mais je sens que la réalisation de ce projet arrive à terme et je trouve ceci bien excitant. Honnêtement, j’espère seulement trouver une belle salle pour faire ce concert. Je suis -aussi- en train de chercher des endroits pour produire ce récital/vernissage et je ne sais pas trop comment présenter mon projet… difficile à expliquer, difficile à vendre… Je souhaite véridiquement trouver un lieu charmant.


I am still working on that second white paint coating, yet I have to say I have not been painting for about a month now. Not that I am not working. I am actually spending this time researching, gathering information and writing the texts for my next show. The exhibition will be in truth a piano concert. My paintings will stand as the stage background, the scenery. I want to put the paintings in context, define what period of Schumann and Clara’s life I am portraying, explain the piano pieces that we will be playing and lay out the associations between it all. I did not imagine it would be so long and challenging to write the texts.

Finally, this will be a two hour show, counting about one hour of piano playing, and one hour of talking. I am not alone on this show, I will be accompanied by a real concert pianist, Tristan Longval-Gagné, as there is no way I could ever be able to play the selected piano pieces. They require true, authentic virtuosity. I will play too, but the easier movements.

Anyhow, I now realize that writing for an hour of talking is somewhat of an arduous task… but I feel that the realization of this movement is nearer, which is quite exciting. Honestly, I am just hoping I will be able to find a nice place to do this concert. I am -also- in the instances of finding a location to produce this recital/vernissage and I am not sure how to present my project… it feels hard to explain and hard to sell… I just really wish I can find a great spot.

Starting the second coats of white paint

IMG_1498(La version française suit le vidéo)

I finished all my blue backgrounds a couple of weeks ago and I started last week applying the second white paint coat to the portraits. I finished that step for my Schumann #3 and started today on my Clara #2. Here is a time-lapse movie of this process for my Schumann #3. When I will be finished with this step for all the portraits, I will give a third coat of white paint, very thin though, and after that will I start using the colors. You can see in this time lapse that I do use a little bit of color already, it is that I put a tiny bit in my medium to tint the white paint. The effect wanted is to “announce” faintly the color that will be used in the end.

J’ai terminé tous mes fonds bleus il y a environ deux semaines. J’ai commencé la semaine dernière la deuxième couche de peinture blanche pour mes portraits. J’ai terminé mon Schumann #3 pour cette étape et j’ai commencé aujourd’hui à travailler sur ma Clara #4. Voici un film Time-Lapse où l’on peut voir la réalisation de cette étape sur le Schumann #3. Quand j’aurai terminé cette deuxième couche pour tous les portraits, je donnerai une troisième couche de blanc, plus légère par contre, sur tous et ensuite je commencerai à utiliser la couleur. Vous pouvez voir dans ce vidéo que j’utilise un peu de couleur, couleur que je mets en fait dans mon médium avant l’application du blanc, ce qui a pour effet de teinter le blanc pour “annoncer” la couleur qui sera appliquée au final.

Painting the backgrounds

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(English version follows French in this post)
J’ai terminé ma première couche de blanc la semaine dernière sur tous mes tableaux. J’ai hésité entre commencer ma deuxième couche de blanc (je dois donner trois couches en tout avant de mettre la couleur sur mes personnages) et commencer à peindre mes fonds maintenant. La coloration du fond a une incidence sur l’aspect des personnages, j’ai donc finalement décidé de les peindre maintenant. Dans mes essais de peinture, je les avais peint en noir à l’acrylique avant de commencer l’huile, mais je trouvais le résultat final trop foncé et donc j’ai décidé, à la dernière minute, de faire sur mes “vrais” tableaux un encollage (pour fixer mon dessin) couleur terre de sienne sur toute la surface. C’est une option que je n’avais pas testée lors de mes essais de peinture, j’étais donc une peu inquiète du résultat. Cette semaine, j’ai appliqué un bleu semi-transparent pour voir si je ne pouvais pas jouer avec les variations de tonalités de l’encollage terre-de-sienne. Je suis satisfaite des résultats. Je devrai éventuellement donner une seconde couche de bleu, afin de donner plus de profondeur à la couleur. Je suis contente de ce bleu, couleur que je trouve plus vaporeuse et donc plus intéressante que les noirs de mes essais. Ainsi, c’est ce que j’appliquerai sur tous mes tableaux. J’en ai terminé trois la semaine dernière, je vais tenter de tous les finir cette semaine. C’est un procédé quand même assez long, qui me prend environ 3 heures pour chaque portrait.


I finished applying my first white coating on every portraits. I hesitated between starting the second coating (I will need to apply three white coatings before I can start coloring the portraits) and starting to paint the backgrounds. Since the background color influences the aspect of the personnages, I decided to paint them now. During my tests, I had painted the backgrounds with black acrylic before using the oils. But looking back, I found the color to be too dark and so I decided at the last minute to do my encollage (fix my drawings) on the whole surface of the panel with a sienna dirt colored mixture. It is an option I had not tested and so I was a bit apprehensive of the results. This week, I applied a semi-transparent blue to see if I could somehow play with the tonal variations of my encollage. I am happy with the effect. I will eventually give a second coat, to add more depth to the color. But I like this blue, I find it more luminous and interesting than the black I used for the test paintings. Hence, I will apply it to all my portraits. I finished three panels last week and will try to finish them all this week. It is a rather long process, it takes me around three hours each panel.

The Tortured Artist or How music made it’s way into my work.

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(The English version follows French in this post)

Mon sujet d’étude traite d’un compositeur de musique classique et de son épouse, pianiste-virtuose. Mon schème de départ était seulement d’illustrer en toiles les différentes étapes de leur relation, mais la musique, au début accessoire, s’est petit à petit imposée comme l’élément central de mon travail ; si à l’ébauche mon idée était d’exposer des tableaux avec les compositions de Schumann qui jouent en musique de fond, mon concept maintenant est plutôt d’organiser des concerts avec mes peintures en décor de scène. Je vais expliquer ici comment la musique s’est introduite dans mon premier mouvement et j’aborderai comment elle s’est emparée de son premier rôle dans un autre texte.

J’ai entamé ce projet un dimanche matin, après avoir lu un long article dans le Devoir sur le bicentenaire de Robert Schumann. Je ne connaissais même pas le compositeur, encore moins son épouse pianiste. Je ne sais pas pourquoi j’ai accroché à cette histoire (c’est vrai que le texte décrivait le couple de façon poétique), mais j’ai tout de suite su que j’allais travailler sur eux. Instantanément en fait. J’ai même vu les toiles du premier mouvement dans ma tête. Bon peut-être pas de façon ultra élaborée, mais je savais que ça serait des roses et que ça serait gros. J’ai commencé à lire à propos de leur vie, leur histoire. Puis, pour lier la peinture à la musique, comme c’était leur domaine, j’ai eu l’idée de créer quatre séries de toiles, comme les quatre mouvements d’une symphonie, et que chacune représenterait une période spécifique de la relation ou de leur vie. J’ai acheté un CD de Schumann comptant cent œuvres choisies que j’écoutais quotidiennement dans mon atelier. Je voulais sélectionner les plus belles pièces pour les utiliser en musique de fond lors de mes expositions. Lentement, mon oreille s’est faite à cette musique, que j’avoue avoir trouvée un peu étrange au début. Puis, comme la majorité de ses œuvres sont écrites pour piano, cette écoute quotidienne m’a donné le goût de recommencer à jouer.

J’avais déjà joué enfant, mais j’avais cessé vers l’âge de 15 ans. J’ai donc acheté la partition de Scènes des bois, un recueil de neuf courtes pièces, dans l’idée d’apprendre la troisième. C’était celle qui semblait la plus facile de ce cycle que j’aimais bien. La tâche se trouva plus complexe que je ne l’avais imaginé au départ ; voilà 20 ans que je n’avais pas lu une partition et j’ai vite constaté que je n’avais probablement jamais appris à en lire une pour vrai. Vous comprendrez que l’exercice fut ardu. Pour me motiver à continuer à pratiquer, j’ai eu l’idée soudaine de jouer cette pièce à mon vernissage, en vrai, plutôt que de  mettre un CD. La composition douce, romantique et un peu nostalgique se mariait bien avec mes roses et c’était une façon agréable d’introduire la musique de Schumann à mon public.

Puis, l’idée fit son chemin, à force d’écouter et d’étudier le cycle de Scènes des bois, j’en ai conclu que le feuillet au complet était intéressant. Il parlait d’une promenade en forêt et présentait différentes scènes aux émotions contrastantes. J’y ai fait le lien avec la vie, qui n’est quoi finalement sinon qu’une somme de scènes aux émotions contrastantes ? En peinture, j’avais l’idée de peindre l’évolution d’une rose, du bouton à sa mort, pour faire le lien entre le cycle de la vie ou d’une relation amoureuse, pour en exposer la délicatesse, la valeur et l’aspect éphémère. Et alors, la filiation entre Scènes des bois et ma rose ne pouvait être plus parfaite ; elle constituait une excellente illustration du romantisme, dont Schumann était le compositeur chéri, ne serait-ce que par l’utilisation de deux thèmes incontournables à cette période, soit la forêt et la rose.  C’est de là que m’est venue l’idée de joindre chacun de mes mouvements de peinture à une composition spécifique et d’introduire d’une certaine façon des éléments de ces compositions à mes toiles ( soit par l’usage de métaphore, par association émotive, ou par la traduction visuelle d’éléments rythmiques, harmoniques). Mais pour le moment, le problème considérable avec mon premier mouvement de peinture et Scènes des bois était que les autres pièces musicales du feuillet semblaient beaucoup trop complexes pour mes capacités. Comment allais-je réussir à jouer ça ?

J’ai vite compris que je ne parviendrais jamais à apprendre Scènes des bois seule ; je ne déchiffrais pratiquement rien de la partition. J’ai décidé de m’inscrire à des cours de piano, un an avant mon vernissage. On m’a jumelée à un professeur qui n’aurait pu être plus parfait pour moi. Une rencontre déterminante dans ma vie, qui aura une incidence primordiale sur ma réflexion créative. Tristan, pianiste virtuose et concertiste, a tout de suite compris ce que j’avais en tête et ce à quoi j’aspirais, pas seulement au niveau de ma pratique de l’instrument, mais aussi par rapport à mon étude générale du sujet. S’il a pensé que c’était une tâche impossible pour moi d’apprendre cette partition, il ne l’a jamais laissé voir. Certaines pièces étaient carrément complexes et difficiles pour mon niveau et j’avoue avoir souvent cru que je n’y arriverais jamais. Sincèrement, j’avais beaucoup oublié et mon éducation musicale était maintenant plutôt nulle. On a dû recommencer presque à zéro.

Comme mon idée était justement d’associer les éléments musicaux au visuel, je voulais aussi posséder une compréhension plus profonde du sujet. J’ai refait les cours de théorie musicale, j’ai étudié le rythme, l’harmonie, la formation des accords, comment analyser des pièces musicales,etc. J’ai trouvé sur internet deux cours universitaires sur l’histoire et l’analyse musicale. Plus j’en apprenais, plus je découvrais un univers parallèle fascinant (je me sentais un peu comme Alice qui entre au pays des merveilles), mais plus je démasquais également l’immensité de mon ignorance. Les courants musicaux, les compositeurs, leurs oeuvres majeures, leurs aspirations artistiques, il y avait tant à découvrir et apprendre ! Je ne savais plus où mettre la tête ni par quoi commencer. J’ai demandé à Tristan, presque devenu mon gourou, de me suggérer des écoutes musicales chaque semaine afin d’élargir mon répertoire de connaissances et faire mon oreille à ce nouvel univers de sonorités. J’écoutais ses propositions pendant la semaine en atelier, puis on en discutait le cours suivant. Entre ma peinture et la musique, j’avais un programme chargé. Je devais pratiquer le piano quotidiennement de façon assidue si je voulais réussir à jouer Scènes des bois à mon vernissage. Le temps était compté.

Je ne sais trop par quel miracle (ben en fait il n’y a pas trop de miracle, j’ai juste pratiqué beaucoup), mais j’ai appris à jouer les neuf pièces. J’ai décidé d’en garder seulement six pour mon vernissage. Les trois que j’ai enlevées nécessitaient précision et vitesse, ce que je me savais incapable de réussir sous l’impact du stress. Parce que même sans stress, ce n’était pas tellement réussi. Il y a une différence entre jouer et interpréter. Plus on écoute ce type de musique et plus on en vient à connaître les pianistes et musiciens, plus on comprend qu’il y a des variations majeures dans les façons d’exécuter une pièce. Ces différences peuvent complètement changer l’émotion, l’ambiance ou la couleur d’un morceau. De toute façon, pour moi, peu importe la pièce, à cette étape-là, c’était un miracle juste de réussir à les jouer.

Et vraiment, je ne me rappelle même plus de le faire à mon vernissage tellement j’étais nerveuse. Je pensais mourir. Je ne cessais de me répéter que c’était sans doute l’idée la plus stupide que je n’avais jamais eue de ma vie. Pourquoi m’imposer ce stress-là ? Pas juste celui d’apprendre les pièces, mais surtout celui de les jouer devant un public. Quoi, peindre ce n’était pas assez? Les concepts sont toujours beaux, simples et faciles dans ma tête, mais quand arrive la réalité, c’est autre chose. Voyez-vous, je souffre du stress de performance. Je suis complètement paralysée et terrorisée à l’idée de jouer du piano devant quelqu’un. N’importe qui. Ça fait quatre ans maintenant que je prends des cours et j’ai encore beaucoup de gêne à jouer devant Tristan. Je tremble, je respire difficilement, mon cerveau se vide au point où on entend les mouches voler dans ma tête. On pourrait me demander mon nom dans ces instants-là que je ne saurais même pas quoi répondre. Ainsi, l’idée de me produire devant un public était absolument idiote, imbécile et absurde.

Mais j’ai joué. Un miracle. Je ne me souviens de rien. Par contre, je me rappelle très bien vomir pendant trois jours après mon exposition et dormir pendant un mois tellement l’expérience m’avait épuisée physiquement et mentalement. Je me suis juré de ne plus jamais recommencer. JA-MAIS. Et c’est pour ça que mon prochain vernissage n’est pas un vernissage, mais littéralement un concert, sur scène. Une vraie scène et des sièges pour un public assis. Un vrai public. Et oui, c’est moi qui devrait être au piano, sur la scène, sous les projecteurs. Juste d’y penser, j’ai déjà envie de vomir et de pleurer.  Est-ce que c’est ça pourrait être ça un « artiste torturé » ?

*Cet article s’inscrit dans le cadre d’une série décrivant mon processus créatif.
Le premier article de la série: Intermezzo about my art process


I work on a classical music composer and his virtuoso pianist wife. My starting plan was to illustrate in painting the different stages of their relationship or life. Music was at first accessory, but soon it became the central element in my oeuvre. If my idea was originally to exhibit my paintings and have Schumann’s music playing in the background, my concept is now to organize piano concerts with my paintings as stage decor. I will explain in this text how music introduced itself into my first movement and I will discuss in another post how it became the central point of my work.

I started this project on a Sunday morning after reading in the newspaper a long article concerning Robert Schumann’s bicentenary. I did not know this Romantic composer, even less his wife. I can’t say what made me cling to their story (the article did describe the couple in a very poetic way) but I knew right away that I would work on them. Instantly. I actually saw the First Movement’s paintings in my head, well maybe not in a very elaborate manner, but I knew that I would paint roses and that it would be big. I started educating myself, reading about their life, their story. To link my art to music, their art, I decided to create four series of paintings as the four movements of a symphony. Each movement would represent a specific period of their relationship or existence. I bought a Schumann CD, a collection of his 100 best-known compositions, and listened to it every day in my studio. I wanted to select my favorite pieces and use them as background music during my vernissage. My ear began to get accustomed to these melodies. Since the majority of Schumann’s works are written for piano, this daily listening encouraged me to start playing the instrument again. I had played as a child but had stopped at around 15 years’ old. I bought the Forest Scenes score, a booklet of nine small pieces, wanting to learn the third song. It was the easiest one of this cycle, and I liked it a lot.

The task proved to be much harder than I previously imagined. It had been twenty years since I had looked at a music score and I realized I probably never truly learned how to read one at all. The exercise was brutal. To motivate myself and keep on practicing, I had the sudden idea of playing this little piece at my vernissage, instead of putting a CD on. The song was delicate, romantic and fairly nostalgic. I thought if affiliated well with my roses and that it would be a nice way to introduce my public to Schumann’s music. Consequently it made me realized the whole Forest Scenes booklet was captivating. It talked about a walk in the woods and presented different contrasting scenes in color and emotion. What is life if not a set of contrasting emotional scenes? I was painting the maturing of a rose, from the bud to its death, to illustrate Schumann and Clara’s life cycle, its fragility, it’s worth and ephemeral aspect. Linking Forest Scenes with my rose couldn’t have been more perfect. It was Romanticism’s perfect expression with two of its most famous themes, the forest and the rose. I decided then that each one of my visual movements would be associated with a specific Schumann score and that I would somehow introduce aspects of the compositions to my paintings (with the usage of metaphors, emotions, or by visually translating rhythmical or harmonic elements). For the moment though, my major problem with Forest Scenes was that playing the whole booklet was acutely too complex for my capacities. Could I really concretize this?

I quickly understood that if I wanted to succeed I needed to get help. I couldn’t decipher half of the score. I decided to take piano lessons one year before my show. I was paired with a teacher that couldn’t be more ideal for me. It was a capital meeting in my life with a predominant influence on my creative thinking. Tristan, a virtuoso concert pianist, immediately understood my aspirations and my ideas, on every level. If he ever thought it was impossible for me to learn the whole Forest Scene‘s booklet, he not once let me see it. Some of the pieces were complex and challenging for my level and I admit I often thought I’d never make it. Honestly, I had forgotten a lot from my childhood and my musical knowledge was close to null. We practically had to start from zero. Since my plan was to link musical and visual elements, I also needed an appreciable understanding of the subject. We did musical theory, I studied rhythm, harmony, chords formation, how to analyze scores, etc. I found on the internet two university classes on musical history and analysis. The more I would learn, the more I discovered a beautiful parallel universe (I felt like Alice entering Wonderland), but the more I was exposing the magnitude of my ignorance. Musical eras, composers, their major works, their artistic aspirations, their influences, there was so much to discover and learn! I didn’t know where to look and where to start. I asked Tristan, who was by now nearly my guru, to recommend titles I should listen to so I could deepen my knowledge. I would listen to his suggestions during the week in my studio, and we would discuss it on the upcoming class. Between painting and music, my agenda was plentiful; I still had to practice my piano daily and seriously if I wanted to be able to play Forest Scenes at my opening. The clock was ticking.

I don’t know how I managed to do it (well I did practice like hell), but I did learn to play the whole cycle. I decided to keep only six pieces of the nine for my vernissage. The three songs I discarded required precision and speed, which I knew I would not be able to manage under pressure. Because even without the stress factor, it was not such a success. There is a difference between playing and interpreting. The more one listens to this kind of music and gets to know the pianists and musicians, the more one understands how there can be major divergences in the ways of performing a piece. These differences can completely change the mood, emotion or color of a song. Anyways, for me, whatever the piece, at this stage it was a miracle just to succeed in playing them.

And honestly, I don’t even remember doing it. I was so nervous, I thought I was going to die. I couldn’t stop repeating to myself this had to be the worst idea I had had in my entire life. Why would I impose myself such stress? Not just the pressure of learning the songs, but mostly the pressure of playing them in front of an audience. Wasn’t painting enough? Concepts always feel nice and easy in my head, but when they hit reality it’s something else. You see, I suffer from performance stress. Which means I am completely and utterly paralyzed, no, terrorized at the idea of playing in front of someone. Anyone. I have been taking classes with Tristan for four years now, and I still have difficulty playing in front of him. I shake, I can’t breathe properly, my head turns into emptiness, so empty you can hear the flies in there. One could ask me my name that I would not know what to answer. Hence the idea of performing in front of a crowd was idiotic, absurd and foolish.

But I did it. A true miracle. I don’t remember anything. I do remember vomiting for three days after and sleeping for a whole month because I was so drained, physically and mentally, from the experience. I swore I would never do this again. NE-VER. And that is why, my next show is not a painting exhibit but literally a concert, on a stage. A real stage with seats for an audience. A real audience. And I should be on stage, under the projectors, sitting at the piano. Just to think of it, I feel like puking and crying. Is that what they mean when they talk about “tortured artists”?

*This article is the second of a series about my art process.
The first article of the series: Intermezzo about my art process

Slowly but Surely 


Voilà. Juste pour dire que les choses avancent bien. J’en suis toujours aux dessins. J’ai terminé quatre panneaux sur 10. Je commence le cinquième demain matin. Je publie plus régulièrement des photos de ma progression sur Instagram, plus souvent qu’ici en fait, comme je n’ai pas nécessairement grand chose à dire, sinon que tout va bien!

Just to say that things are progressing well. I am still drawing. I have finished 4 panels of 10. I will start the fifth panel tomorrow morning. I publish pictures of my progress more often on Instagram, more often then here that is, since I don’t have much to say except that everything is under control!

Le bonheur de la lenteur

C’est ici que je serai assise pour les prochain deux ans! This is where I’ll be sitting for the next two years!

(English version follows the video)

C’est difficile d’expliquer la joie que j’ai à commencer cette série pour vrai. Cette série que je pense, médite, analyse,  étudie, organise depuis plus de deux ans! Mes panneaux, lisses et doux au toucher, encore d’un blanc immaculé, attendent patiemment que je les salisse, que je les enduise de couches de peinture. Je peux en faire ce que j’en veux. Juste ça, en soit, c’est un bonheur. Ce début de quelque chose, toutes ces possibilités! J’ai commencé mon premier dessin sur mon premier panneau lundi. Je suis contente de prendre mon temps. Je dessine lentement. Pour être certaine que tout sera parfait. Je prends mes mesures. Je reprends mes mesures. Surtout, je ne hâte rien. Je. Prends. Mon. Temps. J’aime ça. De savoir que je m’applique à faire bien les choses. De savoir que je fais de mon mieux. Ça me donne le sentiment de travailler sur quelque chose de vraiment important. Même si ça ne l’est peut-être pas, pour moi, ce l’est. Mon atelier est inondé de musique quand je travaille. Cette musique, si belle qu’elle m’envahie.  Et tellement que je prends mon temps et que cette musique m’habite, je fini par entrer littéralement en transe. Je perds la notion du temps. Je perds la notion de moi, de mon corps. Je ne réfléchis qu’en terme d’ombre, de lumière, de muscles, d’os, de textures. En fait je ne sais même pas si je réfléchis. Je devrais écrire j’agis en terme d’ombre et de lumière. Comme si tout se faisait sans qu’on ait vraiment besoin de moi, sinon que pour tenir le crayon et l’efface. On dirait que j’atteins surtout cet état quand je dessine. Ça m’arrive aussi en peinture, mais moins intensément… je pense? Je ne sais plus. Peut-être. Enfin. Finalement quand je me réveille de cet état, j’ai souvent mal partout. Mal de ne pas avoir cligné des yeux pendant une heure et d’avoir les verres de contacts collés à la rétine (maintenant je porte mes lunettes les semaines où je dessine!), mal au dos d’être restée assise, souvent tordue,dans la même position trop longtemps. Et chaque fois je ne comprends pas comment je ne me suis pas rendue compte avant que j’avais mal.

À propos de la musique, il y a cette pièce de Schumann (je l’ajoute en dessous ici) qui a joué à quelques reprises cette semaine et chaque fois je m’arrêtais pour constater à quel point c’était beau et touchant. Non, je n’écoute pas que du Schumann. J’écoute de la musique classique, certes,  mais ma liste doit contenir plus de 4000 pièces et mon appareil les joue de façon aléatoire. Mais on dirait parfois que le “aléatoire” ne l’est plus vraiment et il se met à rejouer souvent les même pièces. Et donc ce Schumann, par hasard, a joué plusieurs fois cette semaine. Je ne sais pas si mon oreille est plus sensible quand j’entends du Schumann et que j’y porte attention… mais ça reste une pièce absolument magnifique. Émouvante. Sans parti pris!

En gros, ce fut donc une semaine de bonheur. Le bonheur de commencer. Le bonheur de la musique qui inonde les sens et qui émeut. Le bonheur de la solitude. Le bonheur de la lenteur.

It is hard to explain the joy I feel to start this series for real. This series that I have been thinking, meditating, analyzing, studying, organizing for over two years. My panels, smooth and soft to the touch, still immaculately white, are patiently waiting for me to dirty them up, to apply coats of paints. I can do whatever I want with them. Just that is joy in itself. This start of something. All the possibilities! I started my first drawing on my first panel this Monday. I am happy to take my time. I draw slowly. To make sure everything will be perfect. I take my measurements. I retake my measurements. Mostly, I do not rush anything. I. Take. My. Time. I like it. To know that I do things rightly. To know that I do the best that I can. It gives me the feeling of working on something important. Even if it is not important, to me, it is. My studio is flooded with music when I work. Music so pretty that it fills my soul. And so much that I take my time and that this music penetrates me, I literally fall into a sort of a transe. I loose track of time. I loose track of myself, of my body. I only think in terms of shadows, lights, muscles, bones, textures. Well, I don’t even know if I think. I should write I act. I act in terms of Shadows and light. As if things were working without needing me, except to hold on to the pen and eraser. It feels like I can reach that state especially when I draw. Well it happens also when I paint, but less intensely… I think? I don’t know. Maybe. Anyhow. Finally, when I wake up from this mental state, I often hurt everywhere. My eyes burn from not winking at all and then having my contacts cooked on my eyeballs (I do wear my glasses now when I draw!). My back aches from being twisted in the same position for so long. Every time I don’t understand how it is that I did not realize beforehand that I was hurting somewhere.

About music, there is this beautiful Schumann piece (up here) that has been playing this week. And every time I would stop and note how beautiful and touching it was. No, I don’t listen only to Schumann. I do listen to classical music, but my list must contain over 4000 songs and my iPod shuffles them. But it seems sometimes that the shuffle function is not really shuffling and it replays often the same pieces. Hence, this Schumann, by luck, played many times this week. I don’t know if my ear is now more sensible to Schumann and that it grabs my attention more easily… but it is an absolutely divine song. Moving. No sides taken!

In all, it was a week of bliss. Happiness to start. Happiness of music that floods the soul. Happiness of solitude. Happiness of slowness.

10 white panels

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This week, while I was adding some more glaze layers to my Clara, I cleaned thoroughly my studio. I made place for the ten panels that are going to take place on my walls for the next two years.I am very happy. Next Monday is the day I start working on this series. Did I say I was happy about it? No? Gosh, I’m so excited!

Cette semaine, alors que j’ajoutais d’autres couches de glacis à ma Clara, j’ai nettoyé en profondeur mon atelier afin de faire place aux dix panneaux de bois qui orneront les murs de mon atelier pour les prochains deux ans. Je suis très contente. Lundi prochain je commence enfin cette série! Est-ce que j’ai dit que j’étais contente? Non? Mon dieu, je suis si énervée!

The end is near

It is the end of all my tests, tryouts and studies. This is my Clara right now. I am not finished, I still need to apply some glazes, yet I am satisfied with the results, I know how to do what’s left to do and so I can now say that I feel confident to finally start my real series of paintings. Hence, I have been preparing my wood panels for the past couple of months (10 panels in all). Three coats of glue each, sanding between coats, and three coats gesso, obviously sanding between coats again. There is one coat of gesso left to apply on only three panels and I am good to go!

La fin de toutes mes études et tous mes tests de peinture  est finalement arrivée.  Voici où j’en suis rendue avec ma Clara. Elle n’est pas terminée, je dois encore appliquer des glacis, mais je suis satisfaite des résultats, je sais comment exécuter ce qui me reste à faire et je me sens donc maintenant assez confiante pour entamer ma vraie série de toiles. Ainsi, je prépare mes panneaux de bois depuis quelques mois déjà. Trois couches de colle, en sablant entre les couches, et trois couches de gesso sablées. Ne me reste que la dernière couche de gesso à appliquer sur trois panneaux et l’affaire est dans le sac!

A finished Schumann

Here are some pictures of my last Schumann test painting. Finally finished after many coats of glazes. The results are satisfying to me. It is going equally well with my Clara test painting. I should post some pictures of this one next week.

Voici quelques photos de mon dernier essai de Schumann. Finalement terminé, après plusieurs couches de glacis. Les résultats me sont satisfaisants. Les choses se déroulent bien aussi pour mon dernier essai de Clara. Je devrais en mettre des photos ici au courant de la semaine prochaine.

In the studio

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A close up of the painting
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A close up with hand
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I still need to darken the jacket

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A work progression of the colouring

Click on title to see more pictures
Cliquer sur le titre pour voir plus de photos

(La version française suit l’anglais)

I have been working on my Schumann for the pas weeks. Layering up the glazes. You can see some of the work progression in the pictures up here. Note that he is not yet finished, I still need to darken his jacket, but I am leaving for a 2 weeks vacation, so I will get back to that on August 29. I am sad to leave my studio, but certain that the sun and fresh air will be good for my brain! See you soon!


J’ai travaillé sur mon Schumann, les dernières semaines, à appliquer de minces couches de glacis. Vous pouvez voir une progression du travail sur les photos ci-hautes. Notez bien qu’il n’est pas encore fini, je dois foncer son veston, mais comme je quitte pour deux semaines de vacances, je le terminerai tout cela dans la semaine du 29 août. Je suis un peu triste de laisser mon studio, mais certaine que le soleil et l’air frais seront bénéfiques à ma fonction cérébrale! À bientôt!

In the studio

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The first test painting (a closer view)
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The first test painting
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The Imprimatur of the second test painting
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The imprimatur with a black background
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The camaïeu
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Now I have started to apply some colours

Click on title to see a work progression in pictures. /// Cliquer sur le titre pour voir une progression du travail en photos.

(La version française suit l’anglais)

I realize I have not posted for some time. I have been working almost full time, even if it is a bit harder in the summer. Not because I would rather be outside, I am extremely happy to be in my studio all the time, but more because everyone’s schedule is different.

Anyhow, in the first pictures up here, you can see the first Schumann test painting. I kept on applying coats of blue glazes for the past weeks. I think it is pretty much where I want it to be now.

I did also work on my second Schumann test painting. All is going well. I have finished the underpainting and have just started to apply the colours and the glazes. You can see a works progression in the pictures up here.


Je vois que je n’ai pas écrit depuis un petit moment. J’ai travaillé presque à temps plein, même si c’est un peu plus difficile pendant l’été. Pas que je préférerais être dehors, je suis toujours très heureuse dans mon atelier, plutôt parce que l’horaire de tout le monde est modifié.

Ainsi, dans les photos ci-hautes, on peut voir mon premier essai de Schumann. J’ai continué à appliquer des couches de glacis bleu pendant les dernières semaines. Je crois que le résultat est bon maintenant.

Aussi, j’ai continué le travail sur mon deuxième essai. Tout va bien. J’ai terminé le camaïeu et je viens de commencer à appliquer de la couleur et des glacis. Vous pouvez voir la progression de mon travail dans les photos ci-hautes.

Schumann test painting #1

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The drawing not yet finished
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The burnt sienna imprimatur
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The imprimatur and the first black background coating
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Another view with the black coating

(Click on title for more pictures)
(La version française suit l’anglais)

As I announced last week, I started my first Schumann test painting this week. It took me a good four days to do the drawing. Today I did the burnt sienna imprimatur and I applied the first coat of black background with acrylic. Tomorrow I will start with the oils and work my first layer of white emulsion.

Comme je l’ai annoncé la semaine dernière, j’ai commencé mon premier essai de peinture avec mon Schumann cette semaine. J’ai mis un bon quatre jours sur le dessin. Aujourd’hui, j’ai fait l’imprimatur couleur terre de Sienne et j’ai aussi étalé la première couche de fond noir à l’acrylique. Demain, je commence à travailler avec les huiles et j’appliquerai ma première couche d’émulsion blanche.

My Schumann

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The drawing in progress

(La version française suit l’anglais)

It’s been  a while since I posted. Two weeks ago I took my reference pictures with my model. The one who is my Schumann. The session went great and I am very pleased with the photo results. Yes, he is not the “real” Schumann – we are used to the image of the composer. But unfortunately Schumann, like Clara, is not here to pose for me. Hence, I am creating the “idea” of the musician. Just like Jesus has been painted millions of times, always with a different model. Yet, we easily recognize him in a drawing or a painting.  My paintings are going to be like a scene decor… it’s hard to describe, but anyways, all to say that it does not really matter if it is not the real Schumann or the real Clara. In the end, looking at the whole, people will understand that this is Schumann and that my Clara, is, well, Clara.

Now I can start working on some test paintings with these pictures and see how everything falls. I worked on this drawing for the past week, to get used to the model’s features before painting him. I finished the drawing today, now I think I am ready to start a test painting tomorrow.


Voilà un petit moment que je n’ai pas donné de nouvelles. J’ai pris mes photos de références avec le modèle qui sera mon Schumann il y a environ deux semaines. La session s’est bien déroulée et je suis très satisfaite des résultats.  Oui, je comprends qu’il n’est pas le «vrai» Schumann – nous sommes habitués à l’image du compositeur. Malheureusement, ni Schumann ni Clara ne sont ici pour poser pour moi, ainsi je recréer plutôt «l’idée» du musicien. Tout comme Jésus qui a été peint des millions de fois, toujours avec un modèle différent. Pourtant il est facile pour nous de le reconnaître dans un dessin ou une toile. Mes œuvres seront comme un décor de scène. C’est un peu difficile à expliquer comme ça, mais ce que je veux dire en fait est que ça ne dérange pas vraiment que ce ne soit pas le «vrai» Schumann ou la «vraie» Clara. Quand les gens verront mon tout, ils comprendront facilement qui est qui.

Maintenant, je peux amorcer les essais de peinture de mon Schumann pour étudier comment les choses se placent. J’ai fait ce croquis dans la dernière semaine afin de m’habituer aux traits du modèle avant de commencer à peindre. J’ai terminé le dessin aujourd’hui, je me sens prête pour débuter un essai en peinture demain.

Feels like I’m being watched

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The preliminary drawing for the fourth test painting
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A view of my studio
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The finished third test
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Preliminary drawing for the next test painting

(la version française suit l’anglais)

This is a view of my studio right now. Feels like my paintings are looking at me all the time!!

I finished the third test painting this week. I think I’m satisfied, yet I have to wait a while before I can say that… sometimes I am so close to my work, that I need to analyze something else for a while to detach myself from it and come back with a more objective eye.

I started a fourth test painting. You can see the preliminary drawing up here.  Probably my last one for the Clara. Then I would like to start my Schumann portraits tests. I need to find my model though and take the reference pictures, which is not an easy task. Finding a model is arduous. I have been pondering over this for at least a year. I have someone in mind, someone I think would be perfect for the job.  However I ignore if that person will agree to model for me and if he does, I wonder if he’ll be a “good” model, able to give me the “looks” I’m wishing for…

I have to say though that if it does not work out with this guy, I have no clue what to do… Well, let’s not think too much ahead. One day at a time, and hopefully, all will work out perfectly, right?


Voici un aperçu de mon studio en ce moment. J’ai l’impression que mes toiles me regardent tout le temps!

J’ai terminé le troisième essai cette semaine. Je crois être satisfaite, bien que je dois attendre un peu avant de faire cette affirmation. Parfois, j’ai besoin de recul, pour me distancer de mon travail et pouvoir y revenir de façon objective.

J’ai également commencé le quatrième essai. Vous pouvez voir le dessin préliminaire ci-haut. Ceci est probablement mon dernier essai pour les Clara. Ensuite, j’aimerais commencer les essais portraits de Schumann. Je dois trouver mon modèle par contre. Ce qui n’est pas tâche facile. Je dirais même plutôt ardue. Voilà maintenant plus d’un an que j’y pense. J’ai quelqu’un en tête, mais je ne sais pas si cette personne acceptera ma demande. Et si elle accepte, je ne sais pas si elle sera capable de m’offrir les “regards” que j’aimerais avoir…

J’ajouterai que si ça ne fonctionne pas avec cette personne, je ne sais vraiment pas ce que je ferai. Bon. Ne nous emportons pas et prenons un jour à la fois… avec l’espoir que tout fonctionnera à la perfection, pas vrai?

In the studio

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The finished second test.
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The preliminary drawing for the next test.

(La version française suit l’anglais)

I finished the second test last week. It made me understand many things. Things I already knew, but that I needed to validate. I need to work from a reference photo that has not too many details. I want the rendering of my paintings to be more blurred than realistic;  I find emotions are “stronger” when the image is blurred compared to realistic (not sure how to put that into words). Anyhow, I realize the perfectionist in me will always want to go get the details, so if my reference picture is too perfect, I  really will have a lot of trouble to control myself and stay in the blurred zone. My reference picture for the first essay was more detailed than this one, and if I compare the 2 essays, I find this one better than the first.

Also, in my painting class, I was taught that we had to draw and paint the whole body, even if some parts were hidden in the dark, and that we would make the parts disappear in darkness by applying layers of dark glazes. In my first essay, I kept the whole head and tried to make it disappear in the background, yet I had trouble to determine were to stop putting glazes and how to make it disappear. For this essay, I just did not draw, nor paint the top of her head at all, I just went straight for the black background and I find it looks better. So For the next essays, I will not be listening to my teachers (oops!) and I will go for the cut off head straight away (as you can see on the picture of my preliminary drawing up here).

I also worked with a different blue this time. I worked with prussian blue, yellow ocre, laque de garance (not sure what it is in English), and burnt sienna. For the first test, I used this old tube of magnesium blue. I like better the prussian blue. I also wondered if I should stay in the blue hues, and not go in the pinkish ones. My image is supposed to be something imagined. Like when you think of someone you love, in your head, the image that is created. That’s why I want it blurred, because imagined things are never in details. I also want the color to be faded, dreamlike, because the colours of imagined things are never saturated. This woman is supposed to represent Clara as a mental image Schumann would have. And since he was madly in love with her, I was wondering if I should not work in more reddish or pinkish hues, warmer colours, instead of this cold blue. But I find the blue gives more of a dreamlike setting… And I am thinking the red hues could probably give Clara a devilish look. Clara was very young at that time and I want to keep that purity feeling (more that the sexual one). And isn’t blue better for that? I don’t know. I am not certain.  What do you think?


J’ai terminé cette semaine mon deuxième essai qui m’a aidé à comprendre plusieurs choses. Des choses que je savais déjà, mais que j’avais besoin de valider. Je dois travailler à partir d’une photo référence qui n’a pas trop de détails. Je veux que mes toiles soient plus « floues » que réalistes, je trouve qu’une image « floue » transmet les émotions de façon plus puissante qu’une image réelle (je ne sais pas vraiment comment expliquer ceci). Enfin, je comprends maintenant que la perfectionniste en moi veut toujours aller chercher le plus de détails possibles. Ainsi, si ma photo de référence est trop parfaite, j’ai beaucoup de difficulté à me contrôler et à aller chercher moins de détails. Ma photo de référence était plus détaillée pour le premier essai, et si je compare les deux essais, je pense que ce deuxième est plus réussi.

Aussi, dans mes cours de peinture, nous avons appris qu’il fallait toujours dessiner et peindre l’entièreté du sujet, même lorsque certaines parties du corps disparaissaient dans la noirceur. On nous disait qu’il faut alors faire disparaitre ces parties en appliquant plusieurs couches de glacis foncé. Dans mon premier essai, j’ai gardé toute la tête du sujet, mais j’ai eu de la difficulté après à juger où je devais arrêter de mettre des glacis et j’ai eu de la difficulté à la faire disparaitre. Pour ce deuxième essai, je n’ai pas dessiné le dessus de la tête du tout, je suis allée directement avec le fond noir et je crois que c’est beaucoup mieux. Ainsi, pour les prochaines toiles, je ne vais pas écouter mes professeurs (oups!) et je vais y aller avec les têtes coupées (comme vous pouvez le voir sur la photo ci-haute du dessin préliminaire de mon prochain essai).

J’ai aussi travaillé avec un bleu différent cette fois-ci. Bleu de Prusse, ocre jaune, laque de garance et terre de sienne brulée. Pour le premier essai, j’avais utilisé un vieux tube de bleu de magnésium. Je préfère le bleu de Prusse. Je me demande également si je devrais continuer dans les tons de bleus plutôt que dans les tons rosés. Mon image doit représenter quelque chose d’imaginé. Comme lorsque vous pensez à quelqu’un que vous aimez… cette image qui se crée dans votre tête. Voilà pourquoi je veux que l’image soit « floue ». Parce qu’une image imaginée n’est jamais détaillée. Je veux aussi que les couleurs soient délavées, parce qu’une image imaginée n’est jamais faite de couleurs très vives. Cette femme doit donc représenter une Clara imaginée par Schumann. Et comme il était amoureux fou d’elle, je me questionne si je ne devrais pas travailler dans des tons plus chauds, comme le rose ou le rouge, plutôt que dans les tons froids avec ce bleu. Mais je trouve que le bleu traduit bien cet aspect de rêve. Et j’ai peur que les tons de rouge ne donnent un air diabolique à ma Clara, ce que je ne voudrais pas. Clara était très jeune à cette époque et je veux lui donner une aura de pureté plus qu’une aura sexuelle. N’est-ce pas que le bleu est mieux pour ça? Je ne sais pas. Je ne suis pas certaine. Qu’en pensez-vous?

In the studio (this week and last week)

Hand study number 2
Hand study number 2
In the studio
Nice to see some work starting to pile up in my studio!
Home was transformed into a photo studio for my portraits of Clara Wieck
Home was transformed into a photo studio
Hand study number 3 in progress
Hand study number 3 in progress
Hand study in progress with larger view
Hand study in progress with a larger view… gives some perspective on the size of the work.

(La version française suit)

Last week was hectic, filled with appointments of all sorts and it was kind of hard to work seriously. I did manage to do another hand study in graphite, charcoal and pastel. My daughter thought I drew the thumb wrong (it’s too pointy she says). But after showing her my reference photo, she saw that I was not misrepresenting the hand. I love the pointy thumb, it is what makes these hands special (a part from the fact that they are a pianist’s hands).

This week was a little better for studio work. My model came on Tuesday, the one who will be my Clara Wieck for my paintings. We dressed her up and fixed her hair Clara like and I took a good roll of pictures. The results are great. I am excited to start some drawing studies with these references to see how it works out. If all is well after the drawings, I shall start some painting studies soon.

Still, I have not finished the hand studies I promised myself to do. So the rest of the week I worked on this pair of hands in graphite and charcoal on paper (not yet finished). Same hand model… see those thumbs? I love it 😉


La semaine dernière fut chaotique. Remplie de rendez-vous de toute sorte, il fut quasi impossible de travailler sérieusement dans l’atelier. J’ai quand même réussi à faire une autre étude de main en graphite, fusain et pastel. Ma fille croyait que j’avais mal dessiné le pouce (il est trop pointu, me dit-elle), mais après que je lui eu montré ma référence photographique elle s’est rendue à l’évidence: je n’ai rien inventé. J’aime bien ce pouce rebelle, il rend cette main différente et spéciale (outre le fait que ce soit une main de pianiste!).

Cette semaine fut un peu plus simple pour le travail d’atelier. J’ai reçu ma modèle mardi, celle qui pose pour la Clara Wieck de mes prochains tableaux. Nous l’avons habillée et coiffée dans le style Clara et j’ai pris plusieurs photographies qui me serviront de références. Les résultats sont excellents. J’ai très hâte de commencer les premiers essais dessins voir ce que ça donne. Et si ces derniers vont bien, je vais commencer les essais en peinture bien vite!

Reste que je n’ai pas terminé toutes les études de mains que je m’étais promise de faire et donc le reste de la semaine j’ai travaillé sur ces deux mains (qui ne sont pas terminées). Toujours le même modèle… voyez ces pouces? J’adore 😉

This week in the studio

Here I am working on my background with black pastel.
Here I am working on my background with black pastel.
Here is a progression of the drawing
Here is a progression of the drawing
A closer look, to see the details
A closer look to see the details

Finished result.
Finished result.

Graphite, charcoal and black pastel on charcoal paper, 18 x 24 inches.

(La version française suit)This week I have been working on hands. My next series of paintings portraits the relationship between a composer and a pianist. I figure hands must have had some importance to them… Obviously, for Clara being a pianist but especially for knowing that Schumann, first promised to a great concert pianist career, decided to become a composer after damaging -for life- his hand from practicing too much the same repetitive movement on the piano.

I decided to ask a concert pianist to be my hand model. I took pictures last week, and I am using these as references for my drawing. This week I have been working on these. I have to say, it is the hardest thing I have done in a while. So many details and lines and shifts in values and tones and… hugh… it was hard. I don’t know if I am happy with the result because there was so much struggling. But I find I learnt a lot this week and hopefully, my next hand drawing should go by a little faster and better. I shall start that later on this morning so I shall see soon about that.

I tried using white pastel for my highlights and thought I liked it at first and so I used it on a good portion of my left hand, but now I guess it was not such a good idea. I can’t really say why I’m not satisfied with it, but I am definitely not going to use it for my next drawing. I guess it’s because it makes it very dusty and thick. And also because it is hard after to come back on it with graphite to add details.

 

Cette semaine j’ai travaillé sur des mains. Comme ma prochaine série de toiles illustre la relation entre un compositeur et une pianiste, je me suis dit que les mains devaient avoir une certaine importance pour eux. Évidemment, puisque Clara est une pianiste, mais surtout sachant que Schumann, tout d’abord promis à une carrière de pianiste, a décidé de devenir compositeur après qu’il ait gravement endommagé sa main pour avoir trop pratiqué le même mouvement répétitif au piano. 

J’ai demandé à un pianiste concertiste d’être mon modèle. J’ai pris des photographies la semaine dernière et j’utilise ces dernières comme références. Cette semaine j’ai donc travaillé sur ses mains. J’avoue que c’est la chose la plus difficile que j’ai fait depuis un bout. Il y a tellement de petits détails, de traits, de changements de tonalités… c’était laborieux. Je ne sais pas si je suis heureuse du résultat, mais je dois dire que j’ai tout de même beaucoup appris et j’espère que mon prochain dessin sera plus facile. Je vais le commencer ce matin, alors je verrai cela bientôt.

J’ai utilisé de la pastel blanche pour les parties lumineuses. Je croyais l’aimer au début, et donc je l’ai utilisé sur une grande partie de la main gauche, mais j’admets maintenant pas que ce ne fut pas une bonne idée. Je ne peux pas vraiment exprimer pourquoi je ne suis pas satisfaite, mais je sais que je ne l’utiliserai pas pour mes prochains dessins. Je présume que c’est parce que ça rend le dessin poussiéreux et “épais” et qu’il est donc difficile, voire impossible, de revenir pour ajouter des détails au graphite.

In the studio

(La version française suit)This week in the studio, it was all about practicing portraits. My next series of paintings will have portraits of Schumann and Clara. I have been painting roses for four years, so I really need to practice with faces before I start my real paintings. I want to study the shapes, forms and volumes of the face and for that, I need to make lots of portraits! I have to admit I am having a lot of fun down there in the studio. I loose track of time and can be concentrated for hours. It feels like I have been spending my week in a bubble… but I love it!!

You can see pictures of some of my works posted down here.


 

 

Cette semaine dans mon atelier, j’ai passé tout mon temps à pratiquer le portrait. Ma prochaine série de toiles sera composée de portraits de Schumann et de Clara. Comme ça fait 4 ans que je peins des roses, j’ai clairement besoin de me pratiquer un peu avant de commencer mes vrais tableaux. Je veux étudier les lignes, volumes et formes du visage pour bien les comprendre. Et pour ce faire, et bien j’ai besoin de faire beaucoup de portraits! J’avoue avoir beaucoup de plaisir dans mon atelier! Je perds complètement le fil du temps et je reste concentrée pendant des heures! J’ai le sentiment d’avoir passé la semaine dans une bulle… mais j’adore ça!!

Voici quelques photos de mon travail cette semaine.

 


  

In the studio today

No, it is not yet finished. I know, it takes forever. I have been working on other projects here and there. But now I have decided to get over this and finish this. By next week…?

Non, elles ne sont pas encore terminées. Je sais, c’est long. Mais j’ai travaillé sur d’autres projets, ici et là. Voilà que j’ai décidé d’en finir avec ces roses. D’ici la semaine prochaine…?

Schumann’s music’s role in my work

(English version follows French)
Le rôle de la musique de Schumann dans mon œuvre.

Toute mon œuvre est liée à la musique de Schumann. Évidemment, le but premier de ma série est d’illustrer les différentes étapes de la relation amoureuse qu’ont vécue le compositeur Robert Schumann et la pianiste Clara Wieck. Mais vu leur lien étroit avec la musique, je ne pouvais ne pas intégrer cette dernière dans ma démarche. J’ai donc décidé que chaque mouvement serait représenté par une composition de Schumann. Ainsi, j’essaie d’inclure des éléments musicaux, provenant des partitions choisies, à mes peintures.

Premier mouvement: Le Prélude
Premier mouvement : Le Prélude

Le premier mouvement, Le Prélude, est lié à Waldszenen (Scènes des bois). Ce mouvement est illustré par la floraison d’une rose, du bouton de la fleur jusqu’à sa mort. Il ne représente pas de périodes particulières du couple, il sert plutôt d’introduction et de résumé au projet. L’éclosion de la rose vient faire le lien avec l’évolution de la vie, l’évolution d’une relation amoureuse.

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Piano Sonata No. 3 in F minor, Op. 14

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(La version française suit)

In the summer of 1836, Schumann carried out the greater part of his work on the Piano Sonata in F minor Op 14. This was, as he later confessed, his ‘darkest period’—a time when he was completely separated from Clara.

If some of Clara’s musical ideas had left their mark on the opening movement of the F sharp minor Sonata, the new work placed Clara quite literally centre-stage: the sonata as Schumann originally designed it had five movements, with the slow movement framed by two scherzos. Not only did the slow movement consist of a set of variations on an ‘Andantino de Clara Wieck’, but the five-note descending scale with which her theme began permeated other sections of the work too. (Schumann had identified Clara in his compositions with a five-note descending motif -Maybe because of the five letters in her name, maybe because five is the number symbolizing marital union-)

It was in all likelihood the publisher Tobias Haslinger who persuaded Schumann to drop both scherzos, so that the work could appear under the catchpenny title of ‘Concert sans orchestre’. This wholly inappropriate designation was criticized not only by Liszt in his Gazette musicale review, but also by Ignaz Moscheles, to whom the work was dedicated. Haslinger’s three-movement version appeared in October 1836, but when Schumann revised the work in 1853 he issued it as a ‘Grande Sonate’. He restored one of the scherzos and also renotated the finale. (…) Schumann also retouched the opening movement, making occasional changes to its texture, rhythm and even harmony.

(…)
In issuing the F minor Sonata as a ‘Concert sans orchestre’ Haslinger hoped, as he said, ‘to whet the appetite of a more curious public’. His scheme was unsuccessful: despite the championship of Brahms, who gave the first public performance in 1862, the sonata has remained among Schumann’s least-known piano works. (If the central variations are at all familiar, it is largely because they were a favourite encore piece of Vladimir Horowitz.) That it is a problematic piece is undeniable, but it is among Schumann’s most passionate utterances, and one that deserves a wider audience.
(Source: Misha Donat, Hyperion)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: I. Allegro, Éric Le sage, Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: II. Scherzo: molto comodo, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Quasi variazioni: Andantino de Clara Wieck: Theme, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 1, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 2: in tempo, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 3: Passionato, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: IV. Variation 4, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: III. Scherzo: vivacissimo, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Piano Sonata No. 3 in F Minor, Op. 14: V. Prestissimo possibile, Éric Le Sage. Schumann: Sonate, Impromptus & Fantaisie (Klavierwerke & Kammermusik, Vol. 2)

Schumann passa l’été de 1836 à mener à bien l’essentiel de son travail sur sa Sonate pour piano en fa mineur op. 14. Ce fut, comme il le confessa par la suite, sa «période la plus sombre»—une époque qui le vit totalement séparé de Clara.

Si certaines idées musicales de Clara avaient laissé leur empreinte sur le mouvement initial de la Sonate en fa dièse mineur, cette nouvelle œuvre plaça littéralement la jeune femme au centre de la scène: telle que Schumann la conçut originellement, la sonate comportait cinq mouvements, avec le mouvement lent encadré de deux scherzos. Or, ce mouvement lent est un ensemble de variations sur un «Andantino de Clara Wieck»; plus encore, la gamme descendante de cinq notes qui en débutait le thème imprégna aussi d’autres sections de l’œuvre. (Schumann avait identifié Clara dans ses compositions à un motif de cinq notes descendantes. -Peut-être à cause des cinq lettres qui composent son prénom, peut-être aussi parce que cinq est le chiffre symbolisant l’union amoureuse par le mariage.-)

Selon toutes probabilités, ce fut l’éditeur Tobias Haslinger qui persuada Schumann d’abandonner les deux scherzos de sorte que l’œuvre pût paraître sous le titre accrocheur de «Concert sans orchestre». Cette désignation tout à fait inapte fut critiquée par Liszt dans sa Gazette musicale, mais aussi par Ignaz Moscheles, le dédicataire de l’œuvre. La version à trois mouvements de Haslinger parut en octobre 1836 mais Schumann en publia une version révisée intitulée «Grande Sonate» (1853). Il rétablit l’un des scherzos et refit la finale. (…) Schumann retoucha également le mouvement initial, effectuant d’occasionnels changements de texture, de rythme, voire d’harmonie.

(…)
En éditant la Sonate en fa mineur sous le titre «Concert sans orchestre», Haslinger espérait «aiguiser l’appétit d’un public plus curieux». Mais ce plan échoua et la sonate resta une des œuvres pour piano les moins connues de Schumann, malgré la défense de Brahms, qui en donna la première audition publique en 1862. (Si les variations centrales sont un tant soit peu familières, elles le doivent en grande partie à Vladimir Horowitz, qui en avait fait un de ses bis favoris.) Cette piece est indéniablement problématique, mais elle compte parmi les déclarations les plus passionnées de Schumann et mérite un auditoire plus large.
(Source: Misha Donat, Hyperion)

Träumerei

 (Étude d’après William Adolphe Bouguereau)

“L’amour seul peut me rendre heureuse. Je ne vis que pour toi. Je veux tout te donner. (…) Sois heureux.  Il n’y a pas une minute où tu n’occupes ma pensée.” (Clara Wieck dans une lettre à Robert Schumann, 11 octobre 1837)

“Ah! Les mots me manquent pour m’exprimer – ce que je ressens est si profond, si puissant. Comment te le faire comprendre! Mais une voix intérieure doit te le dire… Il faut que je me fasse violence pour me séparer de toi – nous sommes si indissolublement liés l’un à l’autre, je ne romprai jamais ce lien.” (Clara Wieck dans une lettre à Robert Schumann, 3 novembre 1837)

Pictures of the opening show

Voici quelques photos de la soirée du vernissage, le 20 novembre 2014. /// Here are some pictures of the opening show.

Waldszenen op. 82

(La version française suit)

Schumann’s Waldszenen (Forest Scenes), Op. 82 consists of nine short pieces composed in 1848-1849 similar in style and spirit to the composer’s Kinderszenen of 1838.

“Eintritt” (Entrance) features unusual, asymmetrical phrasing. “Jäger auf der Lauer” (Hunter in Ambush) is an exciting, technically challenging piece in the cast of a typical nineteenth century hunting song. The difficulties of “Einsame Blumen” (Solitary Flowers) lie in maintaing balance between the two distinct voices in the right hand; otherwise, it is simple and melodic. “Verrufene Stelle” (Haunted Spot) evokes an air of eerie mystery with passages in slow dotted rhythms, while the fast, tricky triplets of “Freundliche Landschaft” (Friendly Landscape) create a surprisingly poetic effect. “Herbege” (At the Inn) presents a variety of material that requires great sensitivity to balance.

The best-known and most striking piece of the set is “Vogel als Prophet” (The Prophet Bird); its cross-relations, incomplete melodies, and extreme delicacy of texture create a weirdly beautiful atmosphere. “Jagdlied” (Hunting Song) is the second of the Waldszenen in this style and the example more typical of the genre. Rapidly repeated triplet chords both lend the piece rhythmic drive and pose a substantial technical challenge. The concluding “Abschied” (Farewell) is a touching song without words.

Waldszen may rightly be regarded as Schumann’s last really fine keyboard work. The diminishment of the composer’s mental and emotional capacities in ensuing years led him to redirect his energies largely toward the compilation and revision of earlier works rather than the production of new music. (Source Allmusic.com)

Eintritt (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Jäger auf der Lauer (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Einsame Blumen (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Verrufene Stelle (Peter Frankl, Schumann: Complete Music for Piano Solo, 2010)

Freundliche Landschaft (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Herbege (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Vogel als Prophet (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Jagdlied (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Abschied (Marc-André Hamelin, Schumann: Kinderszenen & Wladszenen – Janáček: On the overgrown Path I, 2014)

Waldszenen (Scènes des bois), op. 82, est un recueil de neuf petites pièces pour piano composées par Robert Schumann en 1848-1849, similaires en style et en esprit à ses Scènes d’enfants de 1838.

“Entritt” (Entrée) présente une structure inusuelle et asymétrique. “Jäger auf der Lauer” (Chasseur aux aguets) est une pièce amusante, techniquement difficile, typique des chansons de chasse du dix-neuvième siècle. La difficulté de “Einsame Blumen” (Fleurs solitaires) est de maintenir l’équilibre entre les deux voix de la main droite, sinon elle est simple et mélodique. “Verrufene Stelle” (Lieu maudit) évoque un air mystérieux avec des passages ponctués de rythmes lents alors que les passages rapides de triolets dans “Freundliche Landschaft” (Paysage souriant) créent un effet poétique surprenant. “Herbege” (À l’auberge) présente une variété de matériel qui requiert une grande sensibilité et beaucoup d’équilibre.

La pièce la plus connue du recueil et sans doute la plus frappante est “Vogel als Prophet” (L’oiseau prophète) qui entreprend d’imiter le chant d’un oiseau. Ses mélodies incomplètes et sa délicate texture créent une atmosphère à la fois bizarre et magnifique. “Jagdlied” (Chant de chasse) est la deuxième pièce du recueil de ce style et en est un exemple plus typique. La conclusion “Abschied” (Adieu) est une chanson touchante.

Waldszenen est sans doute la dernière belle composition pour clavier de Schumann. La diminution des capacités émotives et mentales du compositeur durant les années qui suivront l’amèneront à rediriger ses énergies vers la compilation et la révision d’oeuvres antérieures plutôt que dans la production de nouveau matériel.

The Schumann+Wieck Symphony

(La version française suit la vidéo ci-dessous)

Marie-Hélène Sirois’ Schumann and Wieck’s Symphony, which allies painting and music, is a celebration of Robert Schumann and Clara Wieck’s life and works and is an illustration of art’s richness and interactivity.

Notorious German composer, Robert Schumann and his wife, virtuoso pianist Clara Wieck, lived a complex and passionate love affair in spite of Clara’s father firm opposition to their union and of Schumann’s later illness. Their relationship is the foundation for four series of paintings through which are represented, as a symphony in four movements,  the transformation of the couple’s feelings through the important events that shaped their relationship.

Schumann’s music holds a crucial place in the project. Each visual movement is associated with and inspired by one of his musical scores.

The First Movement, called Le Prélude, was introduced in November 2014. It was joined to Schumann’s Opus 82, Waldszenen (Forest Scenes).

Marie-Hélène Sirois is now working on the Second Movement, Concert sans orchestre, linked to the Piano Sonata n°3, Op. 14, where she examines the obstacles that amplify desire, the complementarity of artists sharing the same passions and the way imagination transforms and idealizes the other when lovers are parted.


La Symphonie Schumann + Wieck de Marie-Hélène Sirois, qui allie peinture et musique, se veut à la fois une célébration de la vie et de l’œuvre de Robert Schumann et de Clara Wieck ainsi qu’une démonstration de la richesse des arts et de leur interaction.

Le célèbre compositeur allemand Robert Schumann et son épouse, la pianiste virtuose Clara Wieck, ont, en effet, connu une relation amoureuse complexe et passionnée en dépit de l’opposition du père de Clara à leur union et de la maladie qui les a frappés au cours de leur vie. Leur relation sert de fondement à quatre séries de toiles à travers lesquelles sont représentées, à la façon d’une symphonie en quatre mouvements, les différentes étapes de leur histoire d’amour.

 La musique de Schumann occupe une place prépondérante dans ce projet. Chacun des quatre mouvements visuels est associé à une de ses partitions et s’en inspire.

Le premier mouvement de cette série, Le Prélude, a été présenté en novembre 2014. Il était associé à l’Opus 82, Waldszenen (Scènes des bois).

Marie-Hélène Sirois travaille maintenant sur son deuxième mouvement, Concert sans orchestre, lié à la Sonate n°3, Opus 14. Elle se penche sur les entraves qui amplifient le désir, la complémentarité d’artistes partageant les mêmes passions ainsi que la façon dont l’imagination transforme et idéalise l’Autre lorsque deux amoureux sont séparés.