In the studio and on trying to find a space to show

 

 

(English follows the two clips down here)

J’ai quitté le Québec pour une semaine au mois de février, ainsi mon travail en atelier a peu avancé. J’ai quand même réussi à terminer la première couche de glacis sur tous mes Schumann. Ce qui me rend vraiment heureuse comme j’ai le sentiment d’apercevoir enfin la lumière au bout du tunnel. Les portraits commencent à ressembler à ce à quoi je m’imaginais. C’est un processus tellement long, c’est encourageant de voir que tout fonctionne comme je l’avais conçu. J’ai donc très hâte de débuter les glacis sur mes Clara, dans l’espoir que ce soit la même chose pour elles. Pourtant, je suis incertaine et je me demande si je ne devrais pas terminer tous mes Schumann avant d’attaquer Clara ou alors si je ne devrais pas garder le procédé identique à celui du début, soit de peindre chaque étape en même temps sur tous les tableaux. Plus je peins, meilleure je suis, et donc faire tous les tableaux simultanément les rend tous égaux visuellement ; on ne pourrait dire à la fin que le premier tableau est supérieur au dernier comme il n’y a ni premier ni dernier. Je crois qu’il pourrait être avantageux de terminer mes Schumann maintenant parce que voilà un moment que je travaille sur lui, je connais donc bien la structure du visage de mon modèle et la façon dont la lumière tombe et s’y reflète. Je crains que de peindre Clara pendant quelques mois me fasse oublier ces caractéristiques et qu’ensuite j’en aurai pour quelques jours avant de me refaire la main. Ce qui pourrait rendre un des Schumann différents des autres. Mais est-ce que le fait de terminer avec mes Clara ne les ferait pas paraître plus « belles » ou enfin mieux exécutées que les Schumann ?

Je suis aussi toujours en train d’essayer de repérer un lieu pour faire cette exposition. J’aurais aimé présenter en novembre 2018, mais comme nous sommes déjà en février et que je n’ai rien trouvé, je ne crois pas que ça sera possible. C’est quand même plutôt compliqué de dénicher un endroit pour présenter mon travail. J’ai besoin de beaucoup d’espace avec mes 2 pianos, les 12 toiles en arrière-fond, le gigantesque mobile de lettres suspendu au-dessus des pianos et toutes les chaises pour l’auditoire (comme c’est un spectacle d’une durée de presque 2 heures).  Je continue ma quête et j’espère que je vais trouver l’endroit idéal bientôt.

 

 

 

 

 


I was gone away for a week in mid February, hence things were slower to advance in my studio. Yet I managed to finish my first layer of glazes for all my five Schumanns. It makes me very happy because I can finally see the light at the end of the tunnel, I sense the paintings are starting to look like they should, and it has been such a long process that it is nice to feel like I am getting somewhere. I am very excited to begin this glazing process on my Clara’s, yet I am not sure if I should finish the Schumanns first and then do the Claras, or just keep on with the identical method I have had since the beginning which is painting every step on every painting at the same time. The idea behind that way of doing is that the more I paint, the better I am, and so working on all canvases at the same time make them all equal. You won’t be able to say that the last one is better than the first one as they were all done simultaneously. Now the reason why I would like to finish all my Schumanns now is that I have gotten used to my model’s features and understand his face structure and how light reflects on it. Going to paint on Clara for a couple of months might make me “forget” about these Schumann features and it might take me a couple of days of work to get my hand back. It could make one of the Schumanns different than the others. But then again, if I were to finish the Schumanns now, I wouldn’t want them to look awful next to the Claras.

I am also still on my quest to locate a place to show my work. I would have liked to present it in November 2018, but as far as we are in the year, I don’t think now that this will be possible. It is complicated to find a nice spot to do this. The setting is quite big, with two pianos, the 12 paintings in the background, the huge mobile of letters suspended over the pianos and all the chairs for an audience (as the program is an almost 2 hours long concert). But I keep on looking and I am confident that I’ll come around soon.

In the studio

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Schumann #2
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Schumann #2
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Schumann #1
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Schumann #3
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Schumann #3
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Close up of a shirt knot.

(English follows French in this post)

Je réalise que je n’ai pas écrit ici depuis un bon moment maintenant. Les choses vont bon train dans mon atelier. Je travaille maintenant sur la partie la plus agréable de toutes : les glacis! J’ai commencé par mes Schumann et je terminerai avec mes Claras. Voici quelques photos de mon travail (aucun tableau n’est terminé encore). Je joins aussi une vidéo où vous pouvez me voir peindre.


I realize I have not posted here for some time now. Things are going very well in my studio. I am now working on the most fun part of all : the glazes! I have started with my Schumanns and will finish with the Claras. Here are some pictures of my work now (none of this are yet finished). I am also posting a video where you can see me paint.

Meine Rose

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(English follows French in this post)

J’ai terminé la semaine dernière tous mes fonds noirs sur tous mes tableaux. Pour des raisons d’espace, comme je ne pouvais peindre qu’un panneau par jour, j’avais un peu de temps pour me distraire et faire autre chose. Je consulte beaucoup de textes de lieder de Schumann, j’ai un livre absolument magnifique qui regroupe tous ses chants publiés et même ceux qui ne l’ont pas été avec les traductions anglaises (parce qu’évidemment les poèmes sont en allemand). Je me suis amusée à faire de simples dessins à l’encre à partir d’illustrations de roses de Pierre-Joseph Redouté. Et en lisant LiederKreis, op. 24, j’ai eu l’idée de coudre mes croquis de roses aux textes de Schumann. Les photos ci hautes sont quelques exemples des résultats de cette exploration.
Schumann a composé Liderkreis alors qu’il était séparé de Clara et qu’il ne croyait plus que leur union serait un jour possible. Le texte est très touchant. J’ai aussi fait quelques dessins de roses que j’ai joints à Myrten, op. 25. et à Dichterliebe, op. 48. J’ai trouvé avant-hier une série de chants que Clara et Robert ont composé conjointement peu de temps après leur mariage, Liebesfrühling, op. 37. Les poèmes sont absolument sublimes et émouvants et je compte bien coudre des illustrations de roses sur ces textes-là aussi.

Sinon, hier j’ai commencé à appliquer de la couleur sur mes portraits ! Enfin, après plusieurs mois à peindre en noir et blanc, c’est agréable de voir les personnages prendre vie. Bon, j’en suis à colorer les vêtements, la robe de Clara et le veston de Schumann, j’attends pour amorcer les visages. Voilà un petit moment que je n’ai pas peint avec précision et je veux me refaire une main avant de m’attaquer aux menus détails. Quand je ne peins pas pendant un certain temps, j’ai toujours le sentiment que je ne sais plus comment faire et que je vais complètement rater. Et donc de commencer par les vêtements est une façon de me remettre le métier dans les doigts sans prendre trop de risques.


I finished painting all my black backgrounds last week. For space reasons, I could only paint one panel per day, so I found myself with a bit of time to kill. I enjoy reading Schumann’s lieder, I have this absolutely beautiful book containing all his songs with translations (because the poems are in German). I drew for fun some roses in ink based on Pierre-Joseph Redouté’s illustrations. And while deciphering Liederkreis op. 24, I had the idea of sewing my flower drawings to Schumann’s texts. The pictures up here are an example of the results of this exploration.

Schumann composed Liderkreis while he was separated from Clara and thought that their marriage and union was an impossibility. The poems are very moving. I also stitched some drawings to lines from Myrten op. 25 and Dichterliebe op. 48.

I found two days ago a series of lieder that Clara and Robert wrote together in the year following their wedding, Lebesfrühling op. 37. The texts are sublime and poignant and I wish to sew some illustration to these too.

Yesterday I started applying color on my portraits! Finally, after many months of black and white painting, it is nice to see these two come to life. Well, I am only coloring the clothes now, Clara’s dress and Robert’s jacket. I am waiting to work on the faces. It has been awhile since I have really painted with precision and I want to practice a little before I attack the details. When I don’t paint for some time, I always have the feeling that I don’t know how to do it anymore and that I will mess everything up. And so starting with the clothes is a way of developing the skills without taking much risk.

A blissful September

The second white paint coating is now finished

(English follows French in this post)

Après avoir passé la majeure partie de l’été à écrire les textes pour mon prochain vernissage, je retrouve la familiarité de mon atelier avec bonheur. Mon horaire a changé cet automne (comparativement aux années antérieures) et j’ai maintenant deux heures de plus par jour de disponibles pour travailler dans mon studio. Ces heures supplémentaires me permettent d’entrer encore plus profondément dans ma bulle, de m’abandonner à mon univers et je crois que ma créativité en est augmentée. Je dirais que je me sens plus calme, imaginative, satisfaite. J’ai du temps pour lire, pour dessiner, pour peindre, pour réfléchir, tranquille. Quel bonheur ! Je pressens déjà une année… jubilatoire!

Ainsi, cette semaine, j’ai terminé la deuxième couche de blanc pour ce portrait de Schumann. Il ne me reste qu’un tableau à exécuter et toutes mes couches de peinture blanche seront terminées. Après, je repeindrai les fonds noirs sur les dix toiles et je serai prête à commencer à appliquer la couleur sur les portraits! Avec tout ce précieux temps qui est maintenant libre, je crois bien pouvoir arriver à cette étape bientôt! Les choses vont donc plutôt bon train ici.


After spending most of my summer writing the texts for my next vernissage, I meet my studio’s familiarity with happiness. My schedule changed this fall (compared with previous years) and I find myself with two hours more a day to work in my atelier. These added minutes allow me to deeply enter my zone, to get lost in my space and I find my creativity enhanced. I feel calmer, inspired, happy. I have time to read, draw, paint, think, and to be peaceful. Such bliss!

Hence this week I finished the second coating of white paint on this Schumann portrait. I have only one portrait left to paint in white! After I will be ready to start repainting the backgrounds black on my ten panels and I will start using colors on my portraits! With all the extra time I now have, I feel I will soon reach this step! Consequentially, I can affirm things are going well down here.

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Painting the backgrounds

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(English version follows French in this post)
J’ai terminé ma première couche de blanc la semaine dernière sur tous mes tableaux. J’ai hésité entre commencer ma deuxième couche de blanc (je dois donner trois couches en tout avant de mettre la couleur sur mes personnages) et commencer à peindre mes fonds maintenant. La coloration du fond a une incidence sur l’aspect des personnages, j’ai donc finalement décidé de les peindre maintenant. Dans mes essais de peinture, je les avais peint en noir à l’acrylique avant de commencer l’huile, mais je trouvais le résultat final trop foncé et donc j’ai décidé, à la dernière minute, de faire sur mes “vrais” tableaux un encollage (pour fixer mon dessin) couleur terre de sienne sur toute la surface. C’est une option que je n’avais pas testée lors de mes essais de peinture, j’étais donc une peu inquiète du résultat. Cette semaine, j’ai appliqué un bleu semi-transparent pour voir si je ne pouvais pas jouer avec les variations de tonalités de l’encollage terre-de-sienne. Je suis satisfaite des résultats. Je devrai éventuellement donner une seconde couche de bleu, afin de donner plus de profondeur à la couleur. Je suis contente de ce bleu, couleur que je trouve plus vaporeuse et donc plus intéressante que les noirs de mes essais. Ainsi, c’est ce que j’appliquerai sur tous mes tableaux. J’en ai terminé trois la semaine dernière, je vais tenter de tous les finir cette semaine. C’est un procédé quand même assez long, qui me prend environ 3 heures pour chaque portrait.


I finished applying my first white coating on every portraits. I hesitated between starting the second coating (I will need to apply three white coatings before I can start coloring the portraits) and starting to paint the backgrounds. Since the background color influences the aspect of the personnages, I decided to paint them now. During my tests, I had painted the backgrounds with black acrylic before using the oils. But looking back, I found the color to be too dark and so I decided at the last minute to do my encollage (fix my drawings) on the whole surface of the panel with a sienna dirt colored mixture. It is an option I had not tested and so I was a bit apprehensive of the results. This week, I applied a semi-transparent blue to see if I could somehow play with the tonal variations of my encollage. I am happy with the effect. I will eventually give a second coat, to add more depth to the color. But I like this blue, I find it more luminous and interesting than the black I used for the test paintings. Hence, I will apply it to all my portraits. I finished three panels last week and will try to finish them all this week. It is a rather long process, it takes me around three hours each panel.

Intermezzo – about my art process

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(English version follows French in this post)

Je ne publie pas vraiment grand-chose sur mon blogue depuis que j’ai commencé à peindre ma série. Je travaille tous les jours en atelier, mais les changements sont pour le moment peu apparents et intéressants. Ainsi, je n’ai pas grand-chose à dire, sinon que les choses évoluent au rythme qu’elles sont censées évoluer.

J’ai une amie dans le domaine des arts qui me faisait remarquer que je parlais peu sur mon site de ma démarche artistique, surtout de l’importance de ma pratique du piano et du lien majeur qu’elle occupe dans mon œuvre. Finalement, cette amie en est venue un peu à la conclusion que ce qui était intéressant dans mon travail n’était pas tant le produit final, mais plutôt mon approche, mon cheminement, mon perfectionnement, ma réflexion, ma manière d’arriver à ce résultat, et que je devrais, par l’entremise de mon site, partager ce procédé. Que ça expliquerait encore mieux mon œuvre et que ça lui donnerait sans conteste une certaine valeur, pas au sens financier, mais au niveau de l’appréciation.

Je comprends bien son point et je suis assez d’accord avec son propos. Personnellement, je suis obsédée par le processus créatif des artistes ou des scientifiques, peu importe le domaine d’expression (j’avoue avoir un faible pour les compositeurs). J’adore lire à propos des méthodes, des inspirations, des fonctionnements. Certainement que je ne suis pas la seule artiste à être inspirée et passionnée par les réflexions et le travail des autres. En ce sens, partager ma démarche trouve sa raison d’être. Mais j’avoue être malaisée à l’idée de m’exposer, de parler de moi. Pas parce que j’ai peur du jugement des autres;  si l’impression des autres avait réellement une influence, je ne traiterais pas de musique classique, d’une histoire d’amour vieille de 200 ans, je ne peindrais pas dans un style classique et je ne travaillerais surtout pas sur le même couple pendant seize ans. Je sais bien que mon sujet n’est pas populaire, qu’il n’intéresse personne d’autre que moi, bon mis à part une dizaine de personnes, et que je suis complètement contre tendance en termes et visions artistiques. Honnêtement, je m’en fous. Mon travail est plus lié à ma santé mentale qu’autre chose. Je traite des questions qui m’intéressent, qui me passionnent, et je sens une nécessité d’en parler, de les illustrer, de les jouer en musique, de les étudier. Je le fais pour moi de prime abord. C’est extrêmement égotique comme pratique.

Non, ce qui me gêne à relater ma démarche de façon ouverte et périodique est le fait que je n’ai pas envie de m’exposer, moi. Mon travail est à propos de Schumann, Clara et Brahms (il n’est pas encore rentré en scène, mais il viendra), à propos de leurs embûches, leurs inspirations, leurs travaux, leur vie à eux et en aucune façon je ne voudrais me placer à l’avant-plan. L’idée est plutôt de disparaître derrière eux. Un peu comme Brahms qui ne voulait pas être deviné, compris ou expliqué (à la fin de sa vie, il a brûlé un grand nombre de lettres qu’il avait écrit, en demandant même à ses amis de lui renvoyer sa correspondance afin qu’il puisse la détruire.) Il voulait qu’on se souvienne de lui pour son œuvre musicale et non pour le genre de vie qu’il avait vécu. Brahms a trouvé son identité en se cachant derrière ses œuvres. J’aspire un peu à la même chose, je crois.

Mais j’avoue qu’il y a une partie de moi qui comprend très bien l’avantage et l’intérêt de communiquer sur ma démarche. Ce qui me rend profondément ambivalente. Si je pouvais réussir à le faire de façon objective, détachée et impersonnelle, ça serait parfait. Mais c’est un exercice fort ardu, voire quasi impossible, tant je me définis à travers mon art — et le leur. « De toute façon, a conclu mon amie, seules les personnes vraiment intéressées te liront ! » En effet! Voilà qui me rassure, comme elles sont une dizaine tout au plus ! Expliquer ma démarche à un tout petit groupe ne me dérange pas du tout. Je dirais même que ça me fait plaisir ! C’était assez pour me convaincre, en quelque sorte.

Enfin, pourquoi écrire ce long prologue ? Peut-être pour me justifier et aussi pour annoncer que pour les prochaines semaines je vais tenter de publier une série de textes à propos des différents aspects de ma démarche. Je vais tenter, dis-je bien, on verra ce que ça donne. Et alors à vous, mes dix lecteurs, je dis : «Bonjour et à bientôt » !

*** Le premier article de la série:  The tortured artist or How music made it’s way into my work


I have not published a lot of posts on my site since I started painting my series. I work every day in my studio, but the changes are not, for the moment, very visible and interesting. Hence, I don’t have much to say except that things are evolving the way they should.

I have a friend artist who made me the remark that I was not discussing much on my website my artistic process, especially the importance of my piano playing and the valuable place it holds in my oeuvre. This friend came to the conclusion that what was interesting in my work was not necessarily the final product, but more my approach, my refinement, my thinking, my way of arriving to the end result, and that I should share that process on my website. That it would explain even better my work and that it would give it a certain value, not money-wise, but more on the appreciation level.

I understand her point well and I do somewhat agree. Personally, I am literally obsessed with the creative process of other artists and scientists, whatever means of expression (although I do have a penchant for composers). I love to read about methods, inspiration, influences, ways of working. But I’ll admit that I feel uneasy to the idea of being exposed, to talk about me. Not because I am afraid of judgment; if I were, I would not discuss in my art classical music, a 200-year-old love relationship, I would not paint in a classical style and I would definitely not work on the same subject for 16 years. I do know that my theme is nothing but popular, that it interests only me, apart maybe ten other folks, and that I am completely off in artistic terms and vision. Honestly, I don’t care. My art is more linked to my mental health than anything else. I study subjects I find interesting, passionate, and I feel the need to share my discoveries by means of painting, playing music and discussions. I do it for me first; it is a very egotistic approach.

No, the reason why I’m not comfortable sharing my process openly and periodically is because I don’t feel like being exposed. My work is about Schumann, Clara and Brahms (he is not in the picture yet, but he’ll soon come). It is about their struggles, their inspirations, their artwork, their life and I wouldn’t want in any way put myself in their spotlight. The idea is more to vanish behind them. A bit like Brahms who did not want to be explained, understood (at the end of his life, he burned all the letters he had written, even asking friends to send back his letters so he could burn them). Brahms wanted us to remember him for his compositions and not for the kind of life he lived. He found his identity hiding behind his art. I somehow aspire to the same thing, I think.

But I admit there is a part of me that understands very well the advantage and interest of communicating about my art process. Which makes me feel ambivalent. If I could do this in a very detached, objective and impersonal way, it would be perfect. But it is an arduous exercise, almost impossible, since I define myself through my art—and theirs. “Anyways, concluded my friend, only the ones really interested will read you!” It’s true. This reassures me, since they are something like ten. Explaining my process to ten people doesn’t scare me at all, in truth, it makes me happy. That was enough to convince me.

Why this long prologue? Maybe because I feel the need to justify myself and also to announce that for the upcoming weeks I will try to publish a series of articles on the different aspects of my artistic process. I will try – emphasis here – we’ll see how it unfolds. And then to you, my ten readers, I say : “Hello and see you soon! »

*** The first article of the series: The tortured artist or How music made its way into my work

One step back…

Starting over a new panel
The whole in the panel and the faulty little bench
The Schumann number 4 I finished last week
Putting the finishing touches before I paint these Schumanns
My five Schumanns

(Click on title for more pictures)

(English version follows French in this post)

J’ai terminé mon dernier Schumann la semaine dernière. J’étais pas mal contente. J’avais aussi décidé de finalement refaire cette Clara numéro 1, parce que le dessin m’énervait trop, parce que je trouvais qu’il n’était pas tout à fait à la hauteur des autres Clara. Pour être certaine de ne pas changer d’idée, j’ai recouvert ce dessin de peinture. Plus le choix ainsi de le refaire. Je retravaille donc mon fond, pour qu’il soit prêt à être dessiné cette semaine. Mardi matin je suis bien heureuse de pouvoir être très tôt dans mon atelier pour travailler. Je suis enfin prête à refaire ce dessin. Je calcule que la semaine prochaine je pourrai commencer à peindre.  Mais voilà que le panneau tombe sur un petit tabouret, ce qui fait un beau gros trou dans mon panneau de bois. Impossible d’utiliser cette surface. Je dois donc retravailler une nouvelle surface, refaire mon encollage, ré-appliquer mes couches de gesso. C’est ce que j’ai fait toute la semaine. La surface sera prête lundi prochain. Je recommencerai donc ma dernière Clara la semaine prochaine. Disons que ce n’était pas ma meilleure semaine…


I finished my last Schumann last week. I was quite happy. I also finally decided to redo that Clara drawing, it was annoying me, I didn’t think it was as nice as the other Claras. To make sure I would not change my mind, I applied paint over it. No more choice then to redo it. I reworked the wood panel, for it to be ready to be drawn on this week. Tuesday morning, I was really happy to be early in my studio to work on this drawing. I figured I could start painting next week. But the panel fell on a little bench and it made a huge hole. Which makes it impossible to use now. I had to rework another panel, put on the glue coatings and the gesso coatings. Finally it is what I ended up doing all week. The surface will be ready on Monday. I will hence start this Clara next week. Let’s just say this was not my best week…